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Onfray, c’est show…

Par rolpoup :: samedi 10 février 2007 à 22:57 :: Raison & déraison

 

 

 

 



Onfray, c’est show…

 

À la lecture du « Traité d’athéologie » (Grasset 2005) de Michel Onfray…

 

 

 

 

… On ferait aisément le relevé des dits et des non-dits qui en hypothèquent la thèse utile.

 

On ferait ainsi apparaître, par exemple, qu’un certain nombre de citations, de la Torah, ou de Paul, sont manifestement gauchies à dessein, de façon peu bienveillante, pour faire dire aux textes ce qu’ils ne disent pas, stricto sensu. D’où Onfray s’autorise-t-il, par exemple à lire dans la Torah qu’elle reprocherait aux insectes de montrer leur squelette (donc d’être impudiques, on imagine !?) ? Où a-t-il vu que Paul, parce qu’un brûlement de livres a lieu dans le livre des Actes des Apôtres, encourage les autodafés ? Et j’en passe… Le procédé est d’autant plus regrettable qu’en l’occurrence, il n’ajoute rien à la démonstration, et du coup, la grève ! Mais soit ! Admettons que cela soit de bonne guerre. Et passons donc, sur ces détails-là.

 

On ferait alors aussi remarquer que la malveillance dépasse parfois le détail. Je pense à la longue « psychanalyse » de Paul, d’autant plus douteuse que le… docteur Onfray est concurrencé par d’autres psychanalystes, dont le diagnostic va dans un tout autre sens… Mais soit encore ! Passons encore, non sans nous interroger toutefois sur cette façon récurrente de suspecter chez ceux qu’il combat quelque obsession sexuelle — et Onfray du coup de prendre à plusieurs reprises « les femmes » en otage — : ça a tendance à être répétitif (où la suspicion pourrait risquer d’être retournable). Et quand on a tendance à faire de la psychanalyse une clef de voûte morale de sa critique, comme le fait Onfray — qui n’est pas sans succomber largement à la tentation de l’ordre thérapeutique dénoncé par Roland Jaccard (in La tentation nihiliste, PUF) comme substitut de l’ancien ordre moral —, on induit quelques questions dans l’esprit du lecteur…

 

On ferait d’ailleurs bien, au sujet de Paul, de s’interroger sur la raison pour laquelle Onfray lui concède l’existence — lui, Paul, que Vaneigem (in La résistance au christianisme) a relégué comme Jésus dans la catégorie des ectoplasmes à l’existence douteuse. Est-ce précisément pour nous en infliger cette « psychanalyse » ?

 

Onfray se réclame en effet, concernant Jésus, de Vaneigem, auquel il dédicace son livre. Mais Vaneigem a la logique quand il vient de contester la certitude de l’existence historique de Jésus, de mettre aussi en doute celle de Paul. Si, en effet, les épîtres de Paul ne sont pas une invention tardive, invention qui est par là-même celle du personnage de Paul, on a de la peine à imaginer que le Jésus qu’il prêche en… disons, « concurrence » avec ceux qui l’ont connu, ait vraiment été inexistant. Mais apparemment, contrairement à Vaneigem, Onfray a besoin de Paul… pour en faire la psychanalyse ?

 

Onfray affirme donc, du coup moins péremptoirement que Vaneigem, l’inexistence de Jésus : il laisse planer un doute — prudent ; à juste titre, il faut bien le dire : les premiers écrivains du christianisme après le Nouveau Testament ont pris soin de signaler cette succession des témoins précisément pour garantir que l’être céleste manifesté dans le Ressuscité, qui tendait à occulter dans la foi de ses disciples l’homme que les premiers d’entre eux avaient côtoyé, était bien venu dans l’histoire.

 

On ferait bien alors — et là en admettant qu’Onfray ait tapé juste concernant la « névrose » d’un Paul, existant donc — et donc sur « la névrose chrétienne », puisque par celle de Paul, contagieuse, c’est celle-là qui l’intéresse ; on ferait donc bien de s’interroger sur les conséquences de cette névrose.

 

Onfray nous les livre, ces conséquences : tous les crimes, travers, tortures, obscurantismes, fascismes… — et j’en passe — de notre civilisation, cela en remontant à l’Israël ancien et jusqu’aux guerres actuelles. Où, on le comprend, Paul n’est que symptôme des fruits du monothéisme, la catastrophe empruntant ensuite les chemins de la conversion constantinienne de l’Empire romain. « Système totalitaire » dit-il, citant H.-I. Marrou. Mais oubliant que ce système effectivement totalitaire n’avait rien à envier sous cet angle, à l’Empire romain pré-constantinien. Sans même parler du culte de l’empereur-dieu, que dire, depuis les droits totaux du pater familias pré-chrétien, accompagné des droits inexistants des femmes romaines païennes (tiens, il les oublie celles-là !), jusqu’à l’exposition des enfants non-désirés (en termes techniques, abandon et infanticide) ? — ou a-t-on dans la condamnation chrétienne de ces pratiques un des interdits insupportables dus à la « moraline chrétienne » ?… Et quid des jeux du cirque avec mort réelle d’homme ? Quantité négligeable — pour n’être pas dus aux violences chrétiennes — ?

 

On ferait alors remarquer que la critique que fait Onfray des crimes du christianisme s’appuie largement elle-même sur… la « morale chrétienne » ! Il n’est pas jusqu’aux instituteurs de la IIIe république qui ne soient imprégnés de cette « moraline » (qu’il a appelée chrétienne), — précise-t-il, sans doute à juste titre. Le problème est qu’il ne nous propose pas d’alternative — y a-t-il autre possibilité, pour vivre ensemble, qu'un minimum de respect ? On ne voit pas très bien comment, pour bâtir une nouvelle éthique de société, on sortira de l’universelle règle d’or : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ; et fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse ». Règle il est vrai largement véhiculée par un christianisme qui s’est certainement trop souvent gardé de la pratiquer !

 

Onfray ne se demande pas un instant, apparemment, — ça évoque sans doute trop quelque relent de ce qui n’est rien d’autre que l’idée de péché originel ! — s’il n’y a pas en l’homme (quelle que soit sa « religion » « monothéiste » ou pas, sa théologie ou son « athéologie ») quelque penchant au mal — qu’il faudrait combattre. Non, pour lui, tout le mal vient du « monothéisme » (lequel sert bien Onfray, il est vrai, en utlisant ses livres pour autoriser, voire prétendre fonder, des dérives communes)…

 

On ferait bien en outre de s’interroger sur les amalgames qui nous sont proposés : « les trois monothéismes » englobés dans une critique qui porte nommément — au hasard ! — sur le christianisme (entendez « catholique ») pour englober des aspects spécifiquement juifs, et surtout musulmans (tout un chapitre) ! Ou encore, amalgame superbe : une critique typiquement et classiquement calviniste du catholicisme — incluant notamment la familière critique de la transsubstantiation comme duperie des sens — donnée par Onfray dans le cadre de sa critique du christianisme !

 

On ferait alors bien de prêter attention aux non-dits. On en a vu déjà quelques-uns en passant : les crimes perpétrés dans le cadre du christianisme et du « monothéisme » présentés tacitement comme leur étant spécifiques. Et voilà passés par pertes et profits les crimes communs à toutes les civilisations, sans compter ceux que le « monothéisme » a abolis — comme les sacrifices humains. Et naturellement, le marquage politique de ce refus qui l’inscrit dans le refus de l’assimilation qui est le fait du peuple de la Torah sera présenté comme une sorte d’apartheid (à l’appui ici de Jean Soler, qui a déjà lui-même, in La Loi de Moïse, gauchi la politique de non-assimilation).

 

On ferait alors bien de ne pas passer à côté de quelques autres non-dits, ou oublis, particulièrement significatifs : par exemple les crimes totalitaires contemporains des régimes officiellement athées. Onfray omet quasi-totalement ceux du communisme (difficile d’en faire des crimes du christianisme !) ; et il tente de nous refiler un Hitler chrétien ! Au prix de quelques… « prélèvements » ponctuels dans Mein Kampf… « Prélèvements » : c’est le terme qu’utilise Onfray pour parler de cette méthode qui consiste, sachant que l’on trouve dans les livres « monothéistes » tout et son contraire, à utiliser tel ou tel passage disant telle ou telle chose selon le besoin. Effectivement Hitler produit un ou deux passages où il semble catholique, à côté de tous ceux où il dit tout autre chose. Et comme livre de chevet de lui-même (en 1914-18) ou de ses soldats, il ne proposait pas le bréviaire, mais Schopenhauer et Nietzsche. Ici les « prélèvements » d’Onfray dans Mein Kampf atteignent la mauvaise foi ! Ce qui n’empêche certes pas la hiérarchie de l’Église catholique d’avoir effectivement copiné avec le nazisme ! Mais l’outrance d’Onfray, ici aussi, grève sa démonstration.

 

On ferait aussi valoir facilement un autre exemple de ces non-dits, bien souligné dans la bibliographie commentée par Onfray en fin de volume.

 

Onfray y renvoie à l’excellent livre de Louis Sala-Molins, Le Code Noir ou le calvaire de Canaan (PUF). Et Onfray fait remarquer à juste titre combien les Églises n’en sortent pas indemnes. Mais il omet que la cible principale de Sala-Molins, ce sont les philosophes des Lumières, qui ont carrément donné un fondement idéologique au racisme ! « Philosophie des Lumières » devient sous la plume d’Onfray : « Occident ». Omission troublante quand on sait d’entrée de livre qu’il se réclame de cette filiation ! Ce qui vaut pour l’esclavage vaudrait aussi pour ce qu’Onfray dit de la colonisation : certes les Églises ont à balayer devant leur porte ! Mais que dire de la Philosophie des Lumières qui lui a donné son fondement racialiste ! Et on pourrait aussi parler du génocide rwandais : Onfray souligne à l'envi la responsabilité de l'Église catholique, mais omet de parler du rôle de la France laïque et héritière des Lumières...

 

Onfray, en tout cas, ne dit rien de tout cela ! Omissions diverses troublantes, pour ne pas dire significatives. Et qui hypothèquent cette thèse centrale et importante du livre : la critique des arrière-mondes, selon le vocabulaire nietzschéen. Critique parfaitement justifiée (où Onfray renvoie aussi à Feuerbach, qu’il juge occulté ! — et à Freud). Critique des arrière-mondes justifiée mais qui ne vaut pas que contre le christianisme, ou le monothéisme en général, ni même, pourrait-on dire, contre les seuls systèmes religieux avec Dieu(x) : le bouddhisme n’en a-t-il pas conçu ? Mais sans doute est-ce à ce point que les omissions d’Onfray lui ont paru importantes.

 

On ferait surtout bien, à ce point, de ne pas négliger qu’une des premières critiques des arrière-mondes est le fait… du « monothéisme » biblique. Deutéronome (29, 29 : « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants » —, et Ecclésiaste (5, 2) : « Dieu est au ciel, toi sur la terre » ; en d’autres termes : ce qui est au ciel ne te concerne pas. « Prélèvement ! » dira sans doute Onfray. Mais pas plus significatif que ses propres « prélèvements ». On ne puise pas autrement dans la bibliothèque d’une civilisation, qui se trouve n’être pas la dernière à avoir mis en question la fonction des arrière-mondes — cela en commun avec l’épicurisme (et n’a t-on pas taxé l’Ecclésiaste d’épicurisme ?). Empêcher de vivre ici-bas ne saurait être la fonction de la métaphysique. « Ne vous inquiétez pas du lendemain », ainsi le dira Jésus. Voilà le tout d’une critique des arrière-mondes qu’il faut effectivement recevoir. Y compris sous sa forme radicale, quand les arrière-mondes sont devenus des substituts à ce qui nous est donné de vivre ! « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le; car il n’y a ni activité, ni raison, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts où tu vas » (Ecclésiaste 9, 10). Où l’on retrouverait peut-être l’essentiel d’Onfray, celui de ses premiers écrits !

 

Onfray du « Traité d’athéologie », lui, a dérivé dans des zones médiatiques, qui n’ont fait que fragiliser le message de l’ici-bas, au nom d’une querelle d’arrière-mondes qu’avait su dépasser l’Ecclésiaste en mettant en lumière les conséquences de la proclamation du Deutéronome : à Dieu ce qui est caché, à toi ce qui est sur la terre. Aller plus loin, c’est certes spectaculaire, mais c’est vain. Bref…

 

Onfray, c’est show…

 

 

R.P.

 

 

 

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