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Autour de l’Édit de Nantes (1)

Par rolpoup :: mercredi 28 février 2007 à 9:03 :: Réformation

 

 

  

 



Autour de l’Édit de Nantes

 

 

 

 

En avril 1598, Henri IV signait à Nantes un Édit donnant pour un siècle une paix religieuse globale à la France. Depuis François Ier, au début du XVIe siècle, la France hésite entre l’Église catholique romaine et la foi de la Réforme. Le phénomène est alors international. Mais ailleurs des solutions ont été tranchées. L'Espagne s'est durcie dans un catholicisme intransigeant. L'Angleterre a rompu avec Rome.

Entre ces deux grandes puissances, les diverses principautés et autres États chrétiens européens en sont venus à cohabiter sur le principe scellé à la fin de la guerre de 30 ans dans la paix d'Augsbourg (en 1555) : cujus regio, ejus religio - ce qui signifie que chaque roi détermine la religion de son peuple.

 

*

 

La France, elle, hésite alors encore. S'y trouvent trois partis principaux.

Premier parti, celui du roi, issu de la tradition humaniste ; le roi est chrétien, certes, - “roi très chrétien” même, tel est son titre - chrétien et catholique, mais il n'hésite pas à traiter, depuis François Ier, avec les États protestants et même avec la Turquie musulmane contre l'Espagne catholique. Attitude très moderne à l'époque dont on ne trouve l'équivalent qu'en Angleterre, traitant avec la Perse.

Second parti en France, le parti ultra catholique, qui formera la Ligue, s'alliant avec l'ennemi espagnol pour garantir un catholicisme intransigeant.

Troisième parti, les protestants, avec une aile stricte et une aile modérée, proche du parti du roi.

Dans l'esprit du roi, il doit pouvoir dès lors s'esquisser entre un catholicisme modéré et un protestantisme modéré un compromis gallican (Église à la Française) sur un mode pas si éloigné que ça de l’Église anglicane en Angleterre - malgré qu'en France la rupture avec Rome n'ait pas eu lieu. Pour Henri III, cette volonté de compromis lui vaudra d'être assassiné par un tenant du parti ultra catholique. Pour Henri IV, le compromis passera par sa conversion au catholicisme - on connaît la fameuse formule "Paris vaut bien une messe", puis, pour lui aussi, débouchera sur son assassinat.

L’Édit de Nantes s'inscrit dans cette lignée royaliste, dite "politique" - autre titre, plus commun, que l'on donne au parti royaliste. Plusieurs édits similaires ont précédé l’Édit de Nantes. Il se spécifie par ce qu'il est la première esquisse presque réussie du projet royal gallican, qui échouera finalement, échec scellé par sa Révocation par Louis XIV en 1685.

 

*

 

Dès lors, suite à la persécution des non catholiques, la religion à la Française prendra le chemin de la laïcité. Quant au XVIe siècle, l'esquisse de cette future laïcité se situe plutôt, en France, du côté de l'alliance avec les princes protestants ou avec le Grand Turc - alliances que la royauté française a contractées dès François Ier - que du côté du projet gallican de l’Édit de Nantes. En Angleterre, l’Église parallèle à celle du projet, l’Église anglicane, n'était pas le lieu de la laïcité, mais plutôt son opposition puritaine (équivalent anglais de l'aile stricte du protestantisme français d'alors) - qui en venait déjà à voir d'un bon oeil l'idée d'accorder la liberté de culte aux juifs ou aux musulmans.

 

*

 

L’Édit de Nantes évoque quelque chose de connu : ce document royal signé par Henri IV en 1598, entre le 13 et le 30 avril selon les hypothèses, et qui permet pour près d'un siècle la cohabitation des catholiques et des protestants en France. Tant bien que mal.

Édit, donc, document royal, signé à Nantes où Henri IV vient de remporter la victoire sur ses ennemis ligueurs, alliés à l'Espagne, en obtenant le ralliement de Mercoeur qui tenait la Bretagne, dernier bastion de la Ligue, c'est-à-dire des ultra  catholiques.

Nantes donc. Le lieu est symbolique, parce qu'il est le dernier bastion catholique à résister à Henri IV ; cela concernant l'époque de la signature de l’Édit Symbolique aussi pour nous, avec le recul, pour sa portée pédagogique : à l'époque l’Édit de Nantes représentait sans doute peu de choses. Précédé par toute une série d'édits similaires, donnant autant de paix provisoires, il n'a alors pas la portée quasi mythique qu'il a acquise depuis quant à la question de la tolérance.

Symbolique pour nous de même le fait que l’Édit n'empêche pas que pour trois siècles, Nantes où il est signé, sera le principal port esclavagiste français, qui sera à l'origine de la déportation de milliers d'hommes. Et le Code noir date de la même année que l’Édit de Nantes, 1685. Le symbole n'est pas indifférent concernant le rapport de la discrimination religieuse et de la discrimination raciale d'une part, et de la liberté d'autre part.

Nantes, ville ligueuse donc. Ville ultra catholique proche de l'ennemi d'alors, l'Espagne. Pourquoi cela, pourquoi une inimitié vis-à-vis des protestants telle qu'elle pousse à s'allier contre eux avec l'ennemi de la nation ?

Pour le comprendre, on peut emprunter cette description d'un sociologue contemporain[1] : "le protestantisme a extrêmement réduit le champ de l'extension du sacré dans la réalité si on le compare au catholicisme qui lui fait face" dit-il. Il poursuit : "L'immense réseau d'intercession qui unit le catholique vivant ici-bas aux saints et aux âmes de tous les défunts disparaît [...]. Ce processus a été très bien résumé dans l'expression (de Max Weber) 'désenchantement (= dés-ensorcellement) du monde'. Le croyant protestant ne vit plus dans un monde toujours et partout pénétré des des êtres et des forces sacrés".

Cela certes, n'est sans doute pas pleinement paru comme tel au XVIe siècle, mais a pu frapper l'intuition populaire catholique comme le montrent certains actes - B. Cottret, signale des cas de profanation de cadavres de protestants[2]. Actes typiques d'une panique devant l'intuition d'un monde qui se scinde et se désenchante.

 

*

 

Face à un monde que l'on perçoit comme s'écroulant, la guerre est donc passionnelle. Côté Ligue - ultra catholique -, on hait le roi, et pas seulement Henri IV, mais déjà ses prédécesseurs plus ou moins humanistes (J.M. Constant, dans son livre sur La Ligue  montre la foule brûlant un tableau représentant Henri III fondant l'Ordre du Saint-Esprit - lieu par excellence du parti des "politiques"[3]).  

Un véritable anti-royalisme se fait jour - en tout cas quant à la royauté en son état d'alors (puisqu'il s'agit essentiellement de renverser la dynastie des Valois au profit d'une dynastie plus nettement catholique - les Guise par exemple). Cet anti-royalisme populiste existe depuis longtemps. Henri III en a été victime, assassiné par un moine. Henri IV, ex-protestant, accédant au trône avec la bénédiction de Henri III, et dont son abjuration ultérieure n'a pas fait un catholique enthousiaste, ne peut qu'être suspect à plus forte raison. On sait qu'il mourra assassiné lui aussi.

 

 

*

 

Dans ce contexte, l’Édit de Nantes est avant tout un coup d'arrêt aux guerres de religion, un fruit de la lassitude face à des guerres dont on comprenait que par leur moyen, on ne parviendrait pas à se réduire l'un l'autre. Où côté catholique majoritaire, qu'on ne réduirait l'autre, minorité tout de même importante, qu'à trop grand prix... Alors, par réalisme, on se résout à la paix.

 

*

 

Face à cela, voilà l'intérêt des commémorations - ici de la commémoration de cet Édit de Nantes devenu mythique par la vertu du regard historique rétrospectif. Outre ce fait, que la commémoration donne sens au passé, le passé peut devenir par là riche de leçons dans les circonstances, toujours différentes certes, du présent.

Concernant l’Édit de Nantes aussi, il s'agit donc en premier lieu de comprendre ce qu'il fut en son temps, pour pouvoir, en second lieu, discerner de quelles leçons et significations il est porteur pour nous.

Par rapport au sens de l’Édit de Nantes en son temps, il n'est pas si facile à comprendre que ce que l'on croit trop facilement. C'est ainsi, par exemple, qu'en le comprenant comme on est tenté de le faire, comme une étape dans un cheminement qui conduit vers les Droits de l'Homme et la laïcité, il est à craindre qu'on ne glisse vers de nombreux contresens. Le moindre n'est pas celui qui veut que l’Édit de Nantes étant une étape vers la laïcité, c'est qu'il en est l'ancêtre.

J'ai déjà suggéré qu'à travers le parallèle de l'Angleterre de l'époque, on peut soutenir à peu près l'inverse. A savoir que c'est plutôt parce que l’Édit de Nantes a échoué que la France est aujourd'hui un État laïque. Ou en d'autres termes, que la laïcité n'est pas tant issue de l’Édit de Nantes en soi, que par une sorte de paradoxe, de sa Révocation par Louis XIV, et cela, certes, contre le souhait de Louis XIV.

 

*

 

On commet ce contresens, donc, en lisant l’Édit  de Nantes comme une étape, et pour ce faire, en ne lisant l'histoire que dans un cadre franco-français - où effectivement avec le recul, il pourrait n'apparaître que tel : une étape. L’Édit de Nantes serait alors une spécificité française, point de départ d'une évolution vers cette autre spécificité française, la laïcité.

Mais sans compter le fait que la laïcité en général n'est peut-être pas si spécifiquement française que cela, lire l’Édit de Nantes dans un simple cadre national, risque d'être, sachant le contexte du XVIe siècle, la meilleure garantie de ne pas le comprendre[4]. Selon E.G. Léonard, "la grande politique se faisait alors hors de France, et c'était l'hostilité anglo-espagnole qui préparait les destins de l'Europe [...]"[5].

*

 

On situera donc la France du XVIe siècle dans le cadre international qui est le sien. Au XVIe siècle, la France est quatrième de trois grandes puissances européennes ; elle est au carrefour de ces trois grandes puissances, et aussi des grandes idéologies européennes de l'époque.

 

*

 

La première grande puissance de l'époque est l'Espagne, en lien avec l'Empire germanique des Habsbourg, de même famille royale - et dotée de l'appui de la Papauté. L'Espagne est la puissance catholique par excellence - selon de le titre de ses rois, les rois catholiques, précisément.

A l'heure où l'Europe est agitée par le mouvement humaniste qui débouchera sur les rives de la Réforme, l'Espagne a réussi à renforcer son catholicisme. Elle vient de conquérir des continents lointains. En 1492, Christophe Colomb atteignait les îles d'Amérique au profit de la reine Isabelle la Catholique. En 1492 aussi, l'Espagne achevait, sous le pouvoir de cette même Isabelle, la Reconquête de la péninsule ibérique contre les musulmans. Reconquête qui s'accompagnait de l'expulsion des juifs et des musulmans, expulsion ou conversion forcée.

Depuis, l'Inquisition pourchassait impitoyablement les nouveaux chrétiens, ex-juifs, ou ex-musulmans, mal convertis, continuant leur ancien culte en secret. Protestants, héritiers des humanistes, et autres alhumbrados ont été éliminés. Alors l'Espagne et l'Inquisition esquissent les premières théories racistes : les bons chrétiens étant ceux dont les ancêtres étaient déjà catholiques, on parle de pureté du sang, en l’occurrence celui des grands-parents eux-mêmes chrétiens et catholiques.

Plus grande puissance d'alors, sa politique persévérante de préférence nationale-religieuse-raciale, la mènera progressivement au déclin, alors que ses ennemis se développeront. Pour ne prendre qu'un exemple, sa politique de préférence nationale-raciale étendue à toute la péninsule ibérique verra l'exil de la famille juive portugaise des Spinoza qui ira enrichir matériellement et spirituellement la Hollande protestante qui les accueille. Une ligne de continuité certaine, dans le déclin, relie cette Espagne glorieuse qui, encouragée en cela par la Papauté d'alors, se replie sur un catholicisme intégriste, jusqu'à devenir en quelques siècles ce pays sous-développé qui viendra s'éteindre sur le lit de mort de Franco, allié comme à la Papauté, à tous les fascismes européens du XXe siècle - cette Espagne s'éteindra là pour ne renaître qu'avec Juan Carlos, pour l’anecdote Bourbon, descendant d'Henri IV, et qui mettra en place avec quatre siècles de retard une politique religieuse finalement fort proche du projet de l’Édit de Nantes !

Mais au XVIe siècle, on est avant la CEE et avant Vatican II. Et à l'époque l'intégrisme catholique s'étend depuis le Vatican et l'Espagne, à tout le continent européen, notamment germanique, par les Habsbourg, et jusqu'aux autres zones catholiques européennes.

Ce courant a donc aussi des partisans, nombreux, en France. Au XVIe siècle, il s'agit de la Ligue, parti anti-protestant et anti-humaniste, soutenu par le roi espagnol Philippe II. Ici l'ennemi international est double, les protestants et les Turcs.

 

*

 

Deuxième grande puissance européenne d'alors, on a nommé les Turcs, avec pour ennemi, l'Espagne et par elle la catholicité en général, cela dans la perspective d'une continuation des Croisades.

Au XVIe siècle, les Turcs dominent l'essentiel du monde musulman, en tout cas sunnite, puisque c'est à l'exception au moins des Persans chiites. Les Turcs ont définitivement renversé les Arabes au XVe siècle, au grand désespoir de ce témoin arabe du fait, le sociologue Ibn Khaldoun. C'est au point qu'au XVIe siècle, en chrétienté, musulman se dit Turc, tout simplement.

Renversés par les Turcs, les Arabes n'ont pas manqué de léguer une oeuvre philosophique importante, notamment à la chrétienté - on pense bien sûr à Averroès, à l'origine d'une pensée, notamment politique, décisive pour l'Occident comme première esquisse de l'idée de séparation effective des pouvoirs temporel et spirituel. Ainsi le poète italien, Dante Alighieri, qui se réclame de l'averroïsme politique, et de ladite séparation des pouvoirs.

On est aussi avec Dante, devant l'un des premiers humanistes de ce qui sera la Renaissance. Et l'humanisme est évidemment conscient de son universalité scientifique et philosophique, qui entend dépasser les deux universalisme plus étroits, en conflit, que sont la chrétienté et l'islam. D'où l'Alliance que François Ier traite avec les Turcs contre les Espagnols, attitude incompréhensible pour les catholiques stricts, qui commencent dès lors à développer leur suspicion, allant bientôt jusqu'aux assassinats, à l'égard des rois de France. En cela, ils sont encouragés par le pape, qui continue à rêver de Croisade (tel Grégoire XIII qui pour dire officiellement sa joie de voir massacrer les hérétiques lors de la St-Barthélémy, commande à Giorgio Vasari une fresque qu'il fait placer en face de celle célébrant la bataille de Lépante où les Habsbourg battaient les Turcs en 1571. Les deux fresques ornent toujours la salle Regia du Vatican).

Concernant la question de la tolérance, on sait que les musulmans la pratiquaient de façon relative à l'égard de ceux qu'il appelaient les dhimmis, relativement "protégés", à savoir ce qui sont considérés comme "gens du Livre", à la tête desquels les juifs et les chrétiens. Cela fait que dans les régions proches de l'Empire turc, comme la Hongrie, certains protestants préfèreront la domination turque, qui, au vu de ce que les Turcs ne se mêlaient pas des querelles doctrinales internes au christianisme, se montraient à leur égard plus tolérants que les catholiques. Cela étant dit, la tolérance en question est toute relative, très loin de la laïcité, et contrairement à une impression première, sans rapport réel non plus avec l’Édit de Nantes, on le verra.

Le contact intéressant et utile aux nouvelles conceptions politiques de l'Occident est celui qui concerne le biais philosophique, Averroès, et non la pratique officielle de la tolérance relative traditionnelle, qui a son équivalent traditionnel en chrétienté concernant les minorités juives.

Entre les Turcs donc et les Espagnols, l'attitude du roi de France est mitigée, s'alliant tantôt avec les uns, tantôt avec les autres. Même ambiguïté à l'égard des protestants - François Ier fait massacrer les vaudois du Lubéron mais est dans le camp protestant lors de la guerre de 30 ans - ambiguïté aussi avec la troisième puissance européenne d'alors, protestante donc, l'Angleterre.

 

*

 

Troisième puissance européenne, l'Angleterre est, malgré cette ambiguïté des alliances, celle dont la royauté française est sans doute la plus proche par son attitude.

Comme les rois de France, les rois d'Angleterre, sous l'influence humaniste, ont marqué leur distance d'avec la Papauté. Il ont eux, franchi le pas que les rois de France n'ont pas franchi. Il ont rompu avec Rome, suite à décision du roi Henri VIII - officiellement, on le sait pour des raisons matrimoniales, mais ici comme ailleurs les choses sont évidemment plus compliquées. François Ier a sans doute aussi été tenté. Mais quand même traditionnellement plus libre vis-à-vis de Rome - ayant en outre eux-mêmes une fonction sacerdotale de par leur sacre, les rois de France ont peut-être cru n'avoir pas besoin de franchir le pas.

En fait, on attribue souvent le fait que François Ier soit resté dans le giron romain à "l'Affaire des placards" où une attitude jugée peu respectueuse d'un responsable protestant affichant un traité contre la messe jusque dans les appartements royaux, aurait bloqué définitivement le roi à l'égard de la Réforme.

Quoiqu'il en soit l'Angleterre a franchi un pas que la France n'a pas franchi. Dès lors s'y constitue une Église anglicane, qui tout en maintenant sa structure traditionnelle, épiscopale - donc avec prêtres, évêques, et archevêque à Canterbury, tous soumis au roi - ; tout en maintenant cette structure, adopte une doctrine dans l'ensemble calviniste. Le tout, on le sait avec l'aval global de Calvin. Calvin correspondant avec le jeune roi Édouard VI, l'encourageait à ne pas bouleverser l'ancienne structure. Même si le résultat final, sous la reine Élisabeth Ière marque un certain recul par rapport au temps d’Édouard VI, on est dans un cadre doctrinal globalement calviniste. Cela ne fait certes pas disparaître les diverses tendances au sein de l’Église anglicane, depuis les plus catholicisantes, jusqu'aux plus purement calvinistes - selon le modèle en place à Genève - c'est-à-dire de type représentatif, on dirait peut-être aujourd'hui "démocratique".

Volonté de réforme plus radicale, plus purement démocratique, on a nommé les puritains (le terme désignant avant tout cette volonté de réforme plus purement représentative). Les puritains, connaissent plusieurs courants, depuis les réformés jusqu'aux quakers, et passant par les indépendants et les baptistes. Les tensions ne cesseront de croître entre les puritains et les partisans de la royauté anglaise avec les évêques comme soutien de la structure monarchique. Les tensions déboucheront sur la Révolution puritaine de Cromwell, pour laquelle on peut parler de première esquisse de ce qui sera la laïcité, le pouvoir refusant de se mêler des questions internes aux Églises.

Cette Révolution est incontournablement l'ancêtre des Révolutions plus clairement laïques que sont la Révolution américaine, et surtout la Révolution française, qui s'en réclamait explicitement. Quant à l'Angleterre, on sait que la monarchie et l’Église anglicane ont été rétablies, elles qui sont dans une autre tradition que la laïcité. 

 

 

…/…

 

 

 

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