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La Bible et la mort : qu'en est-il de la réincarnation ?

Par rolpoup :: jeudi 08 mars 2007 à 8:10 :: Entre temps

 

 

 

 

 



LA BIBLE ET LA MORT :

QU'EN EST-IL DE LA RÉINCARNATION ?

 

 

 

 

"Il a racheté mon existence au bord de la fosse et ma vie contemplera la lumière !" Vois, tout cela Dieu l'accomplit, deux fois, trois fois pour l'homme, pour retirer son existence de la fosse, pour l'illuminer de la lumière des vivants". (Job 33:28-30)

 

"[...] Le sort des fils d'Adam, c'est le sort de la bête, c'est un sort identique: telle la mort de celle-ci, telle la mort de ceux-là ; ils ont tous un souffle identique : la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, car tout est vanité". (Ecclésiaste 3:19)

"Tout ce que ta main se trouve capable de faire, fais-le par tes propres forces ; car il n'y a ni œuvre, ni bilan, ni savoir, ni sagesse dans le séjour des morts où tu t'en iras". (Ecclésiaste 9:10)

 

"Beaucoup de ceux qui dorment dans le sol poussiéreux se réveilleront, ceux-ci pour la vie éternelle, ceux-là pour l'opprobre, pour l'horreur éternelle". (Daniel 12:2)

 

"[...] Le premier jour de la semaine, de grand matin, elles vinrent à la tombe en portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau. Étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Or, comme elles en étaient déconcertées, voici que deux hommes se présentèrent à elles en vêtements éblouissants. Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers la terre quand ils leur dirent : "Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, mais il est ressuscité". (Luc 24:1-6)

 

"En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent cette question : "Rabbi, qui a péché pour qu'il soit né aveugle, lui ou ses parents ?" Jésus répondit : "Ni lui, ni ses parents. Mais c'est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui !" (Jean 9:1-3)

 

 

Ces quelques textes présentent quelques-unes unes des différentes perceptions que l'on peut avoir de l'enseignement de la Bible sur la mort. À un pôle, on a, avec l'Ecclésiaste, un courant qui semblerait dire que tout s'arrête là, ou à tout le moins que tout débouche dans le sheol (cf. Ec 3:19, 9:10 - l'Ecclésiaste est peut-être un des écrits de la tradition des sadducéens, dont on dit dans le Nouveau Testament qu'ils ne croyaient pas à la résurrection). Cette perception rejoint peut-être la tradition grecque des épicuriens (on l'a reproché parfois à l'Ecclésiaste : vivre dans la sobriété des plaisirs modérés, et s'éteindre à jamais à cette vie avec la mort - ce qui est très proche de l'éthique épicurienne). A l'autre pôle, on trouve dans la Bible, ce qui est plus connu, la foi à la résurrection, dont le texte de Daniel 12:2 est souvent considéré comme le premier témoignage dans la suite des textes bibliques (Dn 12:2). Cette notion, on le sait, était le fait des pharisiens, et des chrétiens, chez lesquels elle a été renforcée par le rapport des témoins de la résurrection du Christ (on a lu celui de Luc - Lc 24:6). C'est devenu l'approche commune de la question.

 

Et puis, il y a ces textes sur lesquels on a parfois voulu appuyer l'idée de réincarnation. Ainsi, un texte de Job (Jb 33:28-30) : on y a vu parfois la réincarnation. Ou, souvent cité, et semblant plus impressionnant, mais apparemment seulement, l'épisode de l'aveugle-né (Jn 9:1-3). Les disciples voulaient savoir si c'était parce qu'il avait péché ou parce que ses parents avaient péché que l'homme était né aveugle. Commentant cet épisode de l'Évangile de Jean, Calvin rapporte l'idée que certains courants du judaïsme auraient fait leur, à l'époque du Nouveau Testament, la croyance à la transmigration des âmes, - croyance que le Réformateur ne manque pas de taxer de "sotte rêverie"[1]. Il a bien remarqué que Jésus a répondu à côté de la question. L'aspect des choses sous-jacent à la question des disciples ne l'intéresse pas. Mais, quant au plan historique, Calvin s'est trompé : si au XVIe siècle, cette croyance était effectivement reçue dans les milieux juifs, elle ne l'était pas à l'époque du Nouveau Testament. Elle n'a été reçue dans le judaïsme que par le biais de la méditation cabalistique (de la Cabale, cette tradition mystique dans le judaïsme, qui y a revêtu de plus en plus d'importance. La croyance à la transmigration des âmes y reçoit le nom hébreu de "gilgul" (lglg) qui signifie "roulement", "faire rouler", et entend s'autoriser du texte de Job que nous avons lu (Job 33:28-30 : "Dieu retire l'homme de la fosse", Chouraqui traduit fait "retourner son être du pourrissoir" ; cela "deux fois, trois fois" selon le texte, d'où la croyance dans la Cabale que l'homme a droit à trois vies). Mais cette croyance ne remonte pas au-delà du Moyen Age.

 

Et si l'on a cru parfois en trouver trace dans le témoignage de l'historien juif grec du Ier siècle Flavius Josèphe présentant les Esséniens du Ier siècle comme l'équivalent juif des pythagoriciens, c'est pour avoir poussé le parallèle là où Josèphe ne le menait pas. Tout au plus parle-t-il d'un genre de vie similaire[2]. Les pythagoriciens - disciples de Pythagore, connu aujourd'hui comme mathématicien grâce à son fameux théorème -, étaient une autre école philosophique que celle des disciples d'Épicure déjà nommés ; l'école pythagoricienne était un mouvement religieux grec, qui a eu une forte influence sur la philosophie, et notamment celle de Platon. C'était un groupe de type monastique, qui réfléchissait beaucoup sur la mythologie grecque, et notamment sur le mythe d'Orphée, d'où il tirait l'idée de la métempsycose, qui contrairement à ce qu'on croit parfois, n'est pas la réincarnation.

 

Quant à l'historien Flavius Josèphe, lorsqu'il parle, y compris pour les pharisiens, de leur certitude de renaître qui leur permet d'affronter la mort, ou de la vie nouvelle accordée aux âmes vertueuses, tandis que le vice les destine à une prison éternelle, c'est à la doctrine de la résurrection qu'il fait allusion[3]. En fait, sachant que cette nouvelle vie est présentée chez lui comme une faveur, il serait parfaitement anachronique qu'il y ait là allusion à la transmigration, qui était, dans l'Antiquité, perçue, on va le voir, comme un châtiment.

 

Ici, avant d'aller plus loin, il faudra définir trois termes principaux (transmigration, métempsycose, réincarnation) -, et à partir de là distinguer trois idées différentes, qui sont souvent confondues aujourd'hui sous le terme mal défini de réincarnation. Ce sont trois idées différentes et d'époques différentes.

 

Malgré ce qui se dit souvent, ce que l'on entend communément aujourd'hui par réincarnation ne recoupe pas ce que l'Antiquité entendait par la métempsycose ; autre doctrine, beaucoup plus récente, la réincarnation moderne, devenue un lieu commun dans la mouvance New Age, ayant un pourcentage non négligeable d'adeptes dans notre société, implique un tout autre contenu de sens que la doctrine de l'Antiquité.

 

J'utiliserai aussi la notion de transmigration des âmes pour désigner autre chose que la métempsycose et que la réincarnation. En l'occurrence, on le verra, pour désigner le mythe, l'image qui illustre la doctrine antique de la métempsycose.

 

Disons d'emblée que l'on se trompe en pensant que la réincarnation au sens aujourd'hui courant, était admise dans l'Antiquité, que ce soit en Grèce, en Inde, ou ailleurs. La doctrine contemporaine de la réincarnation est d'invention récente, et occidentale. On verra qu'elle remonte au plus tôt au XIXe siècle, avec des racines qui ne plongent guère plus haut que le XVIe siècle, toujours occidental. Elle se caractérise par ce qu'elle est un moyen de progrès, de développement.

 

Avec la métempsycose, on est en présence d'une doctrine ancienne; doctrine d'origine indienne probablement, elle enseigne que l'âme fait éternellement retour, d'une façon dont on verra qu'elle n'est pas celle qu'on pourrait imaginer en la confondant avec l'idée moderne de réincarnation. Son sens est négatif, elle exprime une chute.

 

Quant à l'idée de transmigration des âmes, elle fonctionnait pour l'essentiel comme illustration, à usage populaire, de la doctrine de la métempsycose enseignée par les philosophes. La large diffusion de cette image populaire fait le lien entre métempsycose et réincarnation, ayant servi de base à l'élaboration de la doctrine de la réincarnation.

 

 

Métempsycose

 

"Métempsycose" est un terme grec signifiant littéralement "changement en âme". Contrairement à l'usage répandu en français, il serait de ce fait préférable d'écrire "métempsychose", du mot psychè, "âme", ou "vie". Il s'agit pour cette doctrine de traduire l'idée que la vie universelle, spirituelle, ou "âme", psychè (quch) en grec, commune à tout l'univers, fait éternellement retour - cette récurrence, ce retour, étant le signe d'un changement, donc d'une imperfection, puisque dans le monde grec ancien, le changement était conçu comme un défaut, la perfection consistant en stabilité. Changement dans l'âme, âme commune, et non pas changement de corps, se qui se dirait "métensomatose". Cette doctrine, la métempsycose, a été répandue en Grèce à travers le mouvement pythagoricien, puis Platon, dont le succès a occasionné l'expansion de la théorie dans les pourtours de la Méditerranéenne.

 

En termes différents, l'Inde - ici le mot est samsara, - pense la même chose que les Grecs : il y a une faille dans l'univers, et l'expression de cette faille est l'individualité, qui est mouvante, changeante, partielle, "morceau" imparfait détaché de l'"âme" universelle. Pour la pensée de l'Inde, cette dégradation de l'âme universelle en vies individuelles est une conséquence de la loi du karma, elle est comme une rétribution des actions qui sont finalement globalement mauvaises. La vie individuelle est une sorte de malédiction dont il s'agit de se libérer en s'unissant au Moi universel, c'est-à-dire l'Atman-Brahman ; s'y unir pour accéder au-delà du cycle incessant des dégradations individuelles et personnelles de cette âme commune à tous, âme supra personnelle. Point question en cela d'une âme individuelle - de mon âme - qui se réincarnerait comme le ferait un esprit touriste du temps et de l'espace. Il n'y a là qu'âme supra personnelle dont les expressions individuelles - toi, moi, un tel, etc. - sont autant de chutes, de chutes dans l'illusion. Cela, schématiquement, pour l'hindouisme brahmaniste.

 

Quant au bouddhisme, c'est avec des nuances, parfois non négligeables d'ailleurs, qu'une vision approchante y a été enseignée, et que par lui, elle a été diffusée largement en Orient - sans compter son impact jusque dans la pensée occidentale moderne. D'origine indienne aussi, le bouddhisme ne fait qu'accentuer la vision réputée hindouiste de l'individualité. Il l'a peut-être même précédée dans le temps. Selon Albert Schweitzer, c'est seulement "lorsque l'idée de réincarnation commence à préoccuper les masses et que l'angoisse des renaissances successives s'empare des cœurs que se déclenche le grand mouvement de renoncement"[4]... Or, pour Schweitzer, "ce n'est qu'avec le jaïnisme et le bouddhisme que la mystique hindoue serait devenue une négation du monde"[5]. (le jaïnisme est une religion de l'Inde née à la même époque que le bouddhisme, et qui n'est pas sans ressemblance avec lui). On ne discutera pas ici de la justesse de la vision de Schweitzer. Disons simplement que les bouddhistes ne se perçoivent pas comme ayant le goût du néant.

 

Signalons juste que le bouddhisme, est porteur par excellence de ce second corollaire indispensable à l'éclosion de la doctrine de la métempsycose, relatif à la réalité individuelle : le moi individuel y est nettement illusoire : tout moi permanent est au fond inexistant - comme toute réalité -, ce qui fait que les bouddhistes lettrés n'hésitent pas à affirmer que selon leur conception de la métempsycose, il n'y a rien qui transmigre[6]. Alexandra David Néel, célèbre spécialiste de la question, le dit en ces termes, concernant le bouddhisme du Tibet : "les Tibétains lettrés paraissent souvent fortement opposés aux théories semi populaires... qui dépeignent le pèlerinage d'une entité quelque peu semblable [...] à l'âme des chrétiens. Rien ne transmigre, disent les adversaires de ces théories"[7].

 

C'est au point que l'enseignement du Bouddha a pu même être, dans les milieux ascétiques et spirituels de l'Inde qui ont vu éclore la doctrine du samsâra, de la métempsycose, l'élément essentiel de cette éclosion. La certitude de base concernant l'idée que rien n'est permanent, donne à la métempsycose une force telle qu'elle peut facilement s'y passer de l'illustration populaire de la transmigration des âmes. La métempsycose y a toute sa force logique, rejoignant le "tout s'écoule", panta rei (panta rei), du philosophe de l'Antiquité grecque Héraclite, comme le fleuve qu'il donne pour illustration, où l'on ne se baigne jamais deux fois : d'où donc, "rien ne transmigre". Tout se meut, fluctue, il n'est pas d'élément stable, pas même une âme.

 

On touche ici sans doute à la signification profonde de la doctrine, qui est, de cette façon, et on va le voir, on ne peut plus éloignée de celle de l'enseignement moderne de la réincarnation. Ce dernier enseignement ne se rapproche de la pensée profonde de l'Antiquité que parce que s'y est développée l'illustration de la transmigration.

 

 

Transmigration des âmes

 

Dans la perspective savante, en Inde, la transmigration des âmes est donnée comme simple illustration populaire, parfois nettement méprisée, de la doctrine de la métempsycose. Cela venant du fait qu'il n'est au fond, donc, pour transmigrer, pas de moi autre que supra personnel, ou illusoire. Au fond il est impropre de dire "mon âme".

 

L'approche grecque est similaire, qui considère la transmigration comme ayant une fonction pédagogique. Ainsi, Platon écrivait que les fables que l'on doit raconter aux enfants "ne sont en somme que des mensonges, malgré les vérités qui s'y trouvent"[8]. Ce qui explique la relation que l'on doit percevoir entre les fables transmigratoires et la métempsycose. Il est bien question chez Platon de chute de l'âme supra individuelle dans les méandres sombres de la matière, chute qui peut s'étendre, pour le philosophe, jusqu'aux animaux[9], mais qui sur le plan rationnel, ne descend pas en deçà de l'animal rationnel, l'homme[10]. La transmigration illustre la théorie, sans prétendre l'accompagner jusqu'au bout : la raison, qui pourtant fonde la conscience individuelle, se perd dans les zones les plus basses du processus de la métempsycose, les zones de la stricte animalité, quasi inconscientes pour certaines (tel le limaçon). Ce qui laisse apparaître combien la théorie concerne une âme supra individuelle, vivant un processus impersonnel. C'est ainsi qu'avec la métempsycose, il s'agit bien, au sens propre, de changement en âme, d'âme en chute, subissant des changements, et non de changement en corps, non d'âmes au pluriel qui passeraient de corps en corps, comme l'illustration, la transmigration, pourrait le faire croire à tort.

 

Il est à ce propos intéressant de considérer la relecture de la doctrine de Platon qui a été celle de ce platonicien chrétien, le célèbre théologien de l'Église primitive, Origène. Platonicien, Origène suit le maître grec ; chrétien, il ne peut le suivre jusqu'au bout. Le retour universel en question dans la "métempsycose", devient chez lui le retour de leur exil dans leur corps de péché, des âmes originellement créées bonnes, préexistant dans cette pureté originelle et céleste, puis déchues à différents niveaux de misère corporelle. Le retour a lieu pour Origène dans le monde à venir, le monde de la résurrection où les âmes rachetées par le Christ réintègrent leur état de pureté originel. C'est ainsi qu'il faut s'inscrire en faux contre l'idée qu'Origène aurait professé la transmigration des âmes. L'idée de retour de l'âme, genre de "métempsycose", qu'il enseigne, ne signifie plus rien d'autre chez lui qu'une interprétation fortement spiritualisée d'une notion chrétienne de rédemption, depuis un paradis originel céleste d'où l'âme a été exilée en descendant dans un corps. Ce n'est que lorsque la théologie d'Origène eût été marginalisée que certains de ses disciples tardifs, au VIe siècle, semblent - si l'on en juge par la condamnation portée contre eux en 553 par le IIe concile de Constantinople - avoir repris une théorie de la métempsycose plus proche de celle de Platon. De même que plus tard, vers le XIIIe siècle, certains cathares d'Occitanie, sous plusieurs angles proches d'Origène.

 

Mais rien en ces développements qui puisse être attribué à Origène lui-même. Il condamne l'idée de transmigration - dans son Commentaire de Jean (6, 64), sous le nom de métensomatose. C'est pourquoi on ne trouve point non plus chez lui, de reprise de textes du Nouveau Testament auxquels on voudrait de nos jours de toute force faire dire ce qu'ils ne disent pas. Au contraire, lui dont on sait le goût de l'allégorie, de la lecture spirituelle de la Bible, s'attache à remettre en question les exégèses spiritualistes de certains gnostiques, voulant y appuyer un héritage peut-être pythagoricien, en tout cas point hébraïque. Il est intéressant à ce propos de remarquer que l'on ne trouve pas non plus dans les rares témoignages relatifs à cette croyance dans le catharisme d'usage de références bibliques.

 

Aujourd'hui par contre, dans les milieux proches du New Age, on aime bien solliciter des textes du Nouveau Testament ; mais souvent d'une autre façon que chez les gnostiques, qui de toute façon utilisaient des livres supplémentaires, non reconnus par le reste de l'Église : aujourd'hui, on aime bien par exemple trouver l'idée de transmigration dans l'enseignement de l'Évangile de Jean sur la nouvelle naissance, en fait fondamentalement et littéralement "naissance d'en haut". L'Antiquité chrétienne a toujours ignoré un tel usage de ces textes. Mais on y a utilisé comme de nos jours des textes comme ceux identifiant Jean-Baptiste à Élie (Mc 9:13 ; Mt 11:14). Origène faisait remarquer que cette identification renvoie simplement au fait que le Baptiste annonçait les jours du Messie, comme Élie était attendu du ciel pour ce faire ; on voit effectivement mal comment la logique populaire aurait pu imaginer une âme d'Élie se réincarnant en Jean-Baptiste, puisque selon la Bible, Élie n'était pas mort. On presse aussi volontiers des textes dans lesquels Jésus est identifié à tel ou tel prophète, sans remarquer que Jean-Baptiste, décapité alors que Jésus avait atteint l'âge mûr, est du nombre de ces prophètes (Mt 16:14) : c'est pour le bon sens, à se demander quelle était l'âme de Jésus avant la mort de Jean-Baptiste ! La croyance qui sous-tend ces rumeurs était évidemment celle de la résurrection et non de transmigrations. A noter qu'à l'époque, et c'est très important chez Origène, on distingue fréquemment l'âme de l'esprit. Ainsi, dans sa perspective, renvoyer Jean-Baptiste à Élie correspond facilement à ce que l'on ferait aujourd'hui en disant par exemple qu'un peintre est doué de l'esprit de Van Gogh : on ne s'imaginerait pas pour autant que son âme est celle de Van Gogh réincarnée ! Les objections d'Origène à ce type de lectures concernent aussi la sollicitation que l'on a fait d'autres textes comme le récit de l'aveugle-né de l'Évangile de Jean que nous lisions en introduction. Peut-être, tout au plus, y aurait-il là la trace d'une croyance ambiante à la préexistence des âmes, croyance qui existe en effet dans le judaïsme d'alors.

 

Cet usage en faveur de la transmigration, de textes bibliques enseignant autre chose, s'est largement développé récemment, suite au développement de la croyance à la réincarnation individuelle. Dans l'Antiquité, l'idée de transmigration illustrait celle de métempsycose universelle : la polémique des philosophes païens des premiers siècles contre les chrétiens et les Livres bibliques porte en effet à l'époque largement sur ce qui est considéré comme l'indignité des choses corporelles, individualisées, qui y apparaissent régulièrement. Et les prophètes, patriarches et autres personnages bibliques, sont en effet des individus, bien en chair, scandaleusement en chair pour une bonne part de la pensée antique, dans ses courants ses courants enseignant la métempsycose notamment. Or, pour plusieurs polémistes chrétiens, oh comble, cette rigueur charnelle est là pour le mieux : pensons déjà à Paul et à son insistance sur le scandale de la croix (1 Co 1-2). Sous cet angle, dans la tradition biblique, l'individualité n'est pas un défaut. Chose devenue évidente de nos jours, elle l'était beaucoup moins dans l'Antiquité. L'individu s'avère pour le monde hébraïque, finalement étrangement unique, irremplaçable. Il n'est pas tant le moment d'une chute dans la matière, que l'expression culminante de la spiritualité, voire même réalisée en plénitude selon le quatrième Évangile, dans la manifestation individuelle, dans le temps, de la Parole éternelle, Jésus. Incarnation. La proximité avec le terme de réincarnation n'est évidemment pas le fait du hasard.

 

 

Réincarnation

 

L'idée de réincarnation se distingue justement de celle de métempsycose par sa participation de deux idées principales, d'origine biblique, revues et corrigées par la pensée moderne. L'idée d'individu comme réalité positive, et une idée du temps conçu comme n'étant pas uniquement une chute, un défaut d'éternité, mais devenant même un élément de progrès. C'est là qu'intervient le texte de Job que nous avons cité, un texte biblique. Il fallait se situer dans l'héritage biblique pour trouver un sens autre que négatif à l'idée de retour. C'est dans le judaïsme que cela s'amorce. Sur une base fragile, il faut le constater : le seul texte de Job 33, dont le sens n'est pas évident.

 

Les premiers linéaments de l'idée moderne de réincarnation remontent au XVIe siècle avec la Cabale d'Isaac Luria. Il y a deux temps principaux de la Cabale, qui est la tradition mystique du judaïsme : les XIIe-XIIIe siècles, avec ce livre principal de cette période, qu'est le Zohar : un commentaire mystique de la Bible, puis un second temps important, au XVIe siècle, après l'expulsion des juifs d'Espagne, où Isaac Luria essaie de donner une explication spirituelle et mystique de cette catastrophe. Et là apparaît ce qui peut ressembler à ce qui deviendra, plus tard encore, la réincarnation.

 

Quant à la Cabale antécédente, au XIIIe siècle, si une approche similaire à celle des disciples du chrétien Origène peut s'y trouver, ce qu'on a appelé métempsycose, ce n'est pas là encore ce que l'on peut appeler proprement la réincarnation moderne. Point d'enseignements de ce type dans les textes de la Cabale antécédents au XVIe siècle, l'époque de Calvin - et donc à plus forte raison, inutile de le dire, point de réincarnation ni de transmigration des âmes chez les Esséniens, comme on voudrait le faire dire à l'historien Flavius Josèphe au prix de contresens[11] !

 

Appliquant l'idée de progrès, nouvelle au XVIe siècle, au monde spirituel, Isaac Luria reprend l'idée de métempsycose, mais ici, donnée au plan individuel. La transmigration, qui par ailleurs commence à devenir populaire en Occident chez plusieurs écrivains de la Renaissance, est le signe chez Isaac Luria, d'un long processus de purification des âmes[12].

 

C'est là la première trace de ce qui deviendra aux XIXe et XXe siècles, la doctrine de la réincarnation. Sa mise en place devra beaucoup à un mouvement appelé la "théosophie" fondé par Mmes Blavatsky et Besant, qui entendaient intégrer la pensée de l'Inde à la spiritualité occidentale. C'est aussi là une de racines de ce qui deviendra le New Age. Ce faisant, à travers ce mouvement "théosophique", occidental, la doctrine indienne de la métempsycose se colore de l'individualisme occidental, et de l'idée, occidentale aussi, de progrès, qui bat son plein avec l'optimisme du XIXe siècle. On comprend alors volontiers la métempsycose universelle comme concernant les âmes individuelles de la pensée occidentale, qui ainsi se réincarneraient pour croître spirituellement. Remarquons qu'on est aussi à l'époque où naît le mouvement spirite : on trouve des idées parallèles dans la doctrine de son fondateur, connu sous son pseudonyme Allan Kardec.

 

Cette synthèse occidentale nouvelle en est même venue à rejaillir sur la philosophie indienne, qui dès lors, chez tel ou tel de ses penseurs, comme Shrî Aurobindo ou Gandhi, s'écartera d'autant de l'enseignement indien classique.

 

Une modification de la notion d'individu consécutive à la synthèse des pensées de l'Inde et de l'Occident, et qui débouche sur l'idée nouvelle de réincarnation, est donc, dans le mouvement dit "théosophique" du XIXe siècle, vécue de façon certaine, mais diffuse. Ce n'est, semble-t-il, qu'avec le mouvement dit "anthroposophique" de Rudolf Steiner (dissidence du mouvement théosophique) qu'elle débouche définitivement sur la réincarnation individuelle, à l'occasion de ce que Steiner, entend précisément insister plus que le mouvement théosophique sur les acquis de l'héritage chrétien et de la pensée moderne, individu et progrès. Le Christ, dit-il, enseigne "à retrouver au-dedans même de l'individu la loi primitivement donnée du dehors"[13] - disons sur de la pierre ou du papier, et dorénavant au dedans, dans les coeurs. Ce faisant, il ne manque pas d'assimiler cet héritage à la notion indienne de karma : pour lui, "le Karma et le Christ résument [...] toute l'évolution. Le Karma est la loi de cause à effet dans le monde spirituel ; il est la spirale de l'évolution. La force du Christ intervient dans le développement de cette ligne karmique, comme l'axe directeur". Ainsi, écrit-il, "le Karma est à la fois une rédemption de l'homme par lui-même, par son propre effort, par son ascension graduelle à travers la série des réincarnations, et à la fois ce qui rapproche l'homme du Christ"[14].

 

Ainsi culmine l'alchimie qui débouche sur la doctrine moderne de la réincarnation, qui connaîtra le succès que l'on sait, et qui au prix d'une inversion du sens ancien de la métempsycose, viendra nourrir l'espérance du New Age.

 

 

Pour conclure

 

Voici donc un enseignement récemment forgé à partir d'éléments disparates, sinon contradictoires : idée antique de temps comme chute contre idée moderne de temps comme progrès ; individu illusoire, lieu de chute d'une âme universelle, contre individu lieu de réalisation d'un dessein unique.

 

C'est, semble-t-il, en ce point précis, l'unicité de l'individu, que grincent le plus nettement les rouages de la réincarnation. On y voit apparaître une âme qui n'est ni commune à tous les êtres vivants comme dans la métempsycose, ni propre à un seul individu qui ne vit qu'une fois, mais commune à un groupe d'individus vivant à travers plusieurs siècles. L'âme individuelle fait place à une âme séparée du corps, partagée dans un chemin d'évolution par plusieurs personnages - pour M. Dupont par exemple : lui-même, et auparavant Jeanne d'Arc, Louis XIV, Mozart, etc. - mais en général plutôt des gens remarquables dont l'âme, semble-t-il, s'est étrangement multipliée de nos jours, puisque les personnages célèbres sont loin d'être aussi nombreux que les adeptes de la réincarnation.

 

C'est à cela que l'on peut mesurer combien la fortune de l'idée de réincarnation est grande, devenant de nos jours un lieu commun de la pensée du New Age, cela sous sa forme évolutionniste, dans le sens le plus optimiste du terme... depuis Jonathan Livingston le Goéland[15] jusqu'au couturier Paco Rabanne (qui avant de prédire la fin du monde et les chutes de satellites fut prêtre égyptien, initiateur des Pharaons, participant à l'embaumement de Toutankhamon, etc...)[16] ; en passant par l'actrice Shirley MacLaine (qui sent, dit-elle, qu'elle a passé beaucoup de temps dans les montagnes des Andes)[17]. Tout cela dans le New Age, à l'appui de ce qui s'imagine être une forme de la "science" contemporaine, depuis les NDE (near death experiences - en français : "expériences proches de la mort") - cf. Le film Experience interdite - jusqu'aux OBE (out of body experiences - en français : "expériences hors du corps")[18].

 

Et ici la boucle est bouclée : la doctrine classique fondait le cycle transmigratoire sur une forme ou une autre de préexistence, suivie d'une chute malheureuse appelant réparation. Dorénavant l'idée d'évolution a été si bien intégrée, que celle de préexistence s'est estompée, est passée au second plan, quand elle n'est pas devenue inutile. La métempsycose était le signe d'une catastrophe, la réincarnation est un chemin de progrès.

 

C'est ainsi qu'on penserait volontiers se tromper assez peu en voyant dans la foi en la réincarnation le signe désespéré d'un souhait de s'immortaliser. Souhait moderne : l'Inde comme l'Antiquité grecque ont le souci inverse : se débarrasser du malheur de la métempsycose, sortir enfin du cycle immortel des renaissances. Quant à la foi chrétienne, sachant qu'elle entend aussi, bien que d'une autre façon, débarrasser ses tenants de ce genre de souhait  - en communiquant à l'individu la certitude de sa présence, dès ici-bas dans le regard éternel de Dieu (cf. 1 Co 15:55, l'exclamation de Paul reprenant Osée 13:14 : "Mort, où est ton aiguillon ?"), - on est en droit de se demander si le passage à vide qu'ont connu le christianisme et la spiritualité entre le XIXe et le XXe siècles occidentaux n'est pas un des éléments expliquant la naissance et le développement de la foi à la réincarnation... pour une sorte de nostalgie du merveilleux.

 

 

R.P.

 

 

 

___________________________________

[1] Jean CALVIN, Commentaires sur le N.T. Évangile de Jean, Genève, Labor et Fides, 1968, p. 267.

[2] Cf. Antiquité juive, II, viii, 10 ; XV, x, 4.

[3] Cf. Guerre juive, II, viii, 14 ; Antiquité juive, XVIII, i, 3.

[4] Albert SCHWEITZER, Les grands penseurs de l'Inde, Paris, Payot, s.d., p. 37, in Denis MÜLLER, Réincarnation et foi chrétienne, Genève, Labor et Fides, 1986, p. 22.

[5] In MÜLLER, op. cit., ibid.

[6] Ou tout au plus, pour certains courants, transmigre tel et/ou tel composant de l'être, qui n'est de toute façon en aucun cas constitutif plénier de l'"âme" de la personne.

[7] Alexandra DAVID-NEEL, Le bouddhisme, Paris, Plon, 1936, p. 38-39. Réédition : Le bouddhisme du Bouddha, Paris, Le Rocher/Pocket, 1977, 1989.

[8] République, 379a. La plupart des ouvrages de Platon sont édités en français chez Flammarion, collection G.F.

[9] Timée, 91b.

[10] Phédon, 249bc ; République, IV, 441ab.

[11] Guerre juive, II, viii, 11. Antiquités juives, XV, x, 4. Cf. supra, p. 2-3.

[12] Guershom SCHOLEM, Le messianisme juif, Paris, Calmann-Lévy, 1974, p. 98.

[13] Rudolf STEINER, L'ésotérisme chrétien, Paris, Triades-Revue, 1957, p. 133-134.

[14] Ibid., p. 134-135.

[15] Richard BACH, Jonathan Livingston le Goéland, Paris, J'ai lu, 1983.

[16] Paco RABANNE,Trajectoire - D'une vie à l'autre, Paris, J'ai lu, 1992 (p. 70-71).

[17] Shirley MacLAINE, Miroir secret. Mon plus grand rôle, ma vie, Paris, R. Laffont, 1987, ch. 19.

[18] Cf. Benoît DOMERGUE, Points de repères sur la réincarnation, Paris, éd. de l'Emmanuel, 1993, p. 125-133.

 

 

 

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