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« Il a mis
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Science et foi

Par rolpoup :: mercredi 31 janvier 2007 à 21:37 :: Raison & déraison

 

 

 

 

 


Science et foi

 

 

 

 

1) Foi et compréhension

 

Une conviction classique en christianisme est que pour comprendre un objet d’étude, il faut une certaine foi.

Cela est résumé dans une formule connue, qui vaut d’être citée texto. L’auteur en est Augustin — saint Augustin : « Credo ut intelligam » — « je crois afin de comprendre ».

On peut aussi mentionner la formule approchante d’Anselme de Canterbury — saint Anselme : « Fides quaerens intellectum » — « la foi à la recherche de la compréhension ».

Mais, pensera-t-on à juste titre, cela concerne la religion ! Il s’agit de croire le donné de la Foi pour espérer le comprendre. Il s’agit d’adhérer à l’enseignement de l’Église, à ce que le même Augustin appelait la Foi à croire (avec ici, en français, une majuscule à Foi) (« fides quae creditur »), la Foi objective, que reçoit la foi par laquelle je crois (« fides qua creditur »), ma foi, subjective.

Bref, il me faut une certaine acceptation, par la foi, de ce qu’on m’enseigne pour parvenir à une certaine compréhension.

Eh bien, si cela vaut pour la religion, cela vaut aussi pour d’autres domaines. C’est ce que remarquait Thomas d’Aquin citant Aristote qui écrivait : « il faut croire si l’on veut apprendre » (« oportet addiscentem credere »).

Ce que veut dire Aristote par là, c’est qu’on ne peut bâtir, progresser en science, que sur des acquis antérieurs.

On ne demande pas à chaque génération de repartir avec l’invention du fil à couper le beurre.

Pour donner un exemple, lorsqu’on enseigne la géométrie à des enfants, on leur demande d’appliquer le théorème dit « de Thalès », ou celui dit « de Pythagore », sans penser qu’ils en comprennent tous les aspects. Bref on leur demande de croire.

On pourrait en dire autant à un autre niveau avec l’équation d’Einstein E = mc2. Elle est très connue, on la trouve imprimée sur des tee-shirts, mais pour son développement, c’est autre chose. Et l’on ne demande pas à des étudiants qui entreprendraient l’étude de la relativité de la réinventer, mais tout d’abord, de la croire. Ensuite, lorsqu’ils auront compris, ils n’auront plus de besoin de croire, tout comme pour le théorème de Thalès. Il ne sera même pas interdit aux plus avancés, de questionner les raisonnements et les théorèmes qu’ils ont dû tout d’abord croire.

Bref, le progrès en science suppose un certain exercice de foi envers ceux qui nous ont précédés.

 

 

2) Compréhension et classification

 

Ayant compris certaines choses, il s’agit alors de les classer. Et cela d’autant plus que les connaissances s’accumulent. Un des classements est l’ordre alphabétique, adopté par les Encyclopédistes.

Un classement classique des choses est celui qui va du pluriel au singulier, du complexe au simple. Du multiple à l’un. Des individus, aux espèces, aux genres, etc.

On range le multiple en catégories : par exemple les chiens individuels, auxquels seuls nous avons accès, sont rangés par ce qu’ils ont en commun : être de l’espèce canine. Puis les chiens et les chats sont rangés par ce qu’ils ont en commun : être du genre animal. Etc. Réalités individuelles, classements spécifiques, classements généraux.

 

 

3) Classification et abstraction

 

La question qui s’est posée à un moment donné de l’histoire de la pensée, de la science, est de savoir si le « canin », par exemple, existe vraiment. Ce chien individuel, existe, cet autre chien individuel, de même (Mick et Kévin, pour les nommer). Mais qu’en est-il du « canin » ? Du concept de « canin » ? Existe-t-il en soi, ou est-ce un nom, ou un concept, pour désigner ce que les chiens Mick et Kévin ont en commun : être de l’espèce canine ?

Cette question a occupé le Moyen-Âge occidental sous le nom connu de « controverse des universaux » (des notions universelles, ou générales). Les uns, les « réalistes » » croyaient à l’existence réelle de ces concepts universels (dans la pensée de Dieu) ; les autres, les « nominalistes » ou « conceptualistes », pensaient que n’existaient que les réalités individuelles et que ces concepts n’étaient que des « noms » pour les classer.

À ce point on se rend compte qu’en classifiant, on a procédé par abstraction : on a abstrait le point commun — par exemple : « canin » — de réalités individuelles distinctes — des deux chiens Mick et Kévin.

Ces abstractions sont les essences — substantif pluriel du mot être —, les structures et les chiffres.

Le chiffre est la structure abstraite la plus épurée. On signifie ainsi une ligne droite, par exemple, par le chiffre 2, pour dire : d’un point à un autre. Un triangle par le 3. Etc.

 

 

4) Abstraction et métaphysique

 

Avec l’abstraction, on est sorti du domaine de l’observation, on est sorti du domaine des objets accessibles à nos sens. On est sorti du monde naturel, du monde de la physique, du monde du devenir.

Le verbe grec qui a donné « physique » désigne le devenir. Tout comme le mot latin qui le traduit, qui a donné en français « nature » et qui renvoie au verbe « naître ».

Le monde de la physique est le monde du devenir. Il s’oppose à ce qui est éternel, stable, qui ne devient pas, mais « est ».

Les chiffres sont naturellement dans ce domaine, ainsi que les structures et essences diverses.

De même, pour les Anciens, le monde des astres et des sphères célestes, qui parcourent un mouvement éternel et circulaire, est un monde qui échappe au devenir. Il est mû éternellement par un Premier moteur immobile, identifié à Dieu. Des intelligences célestes (pour le Moyen Âge, des anges) contemplent l’éternité de Dieu qu’elles imitent de leur mieux. Pour cela elles entraînent dans un mouvement circulaire (c’est-à-dire parfait) les sphères célestes, notamment les sept planètes qui leur sont comme attachées : celles du système solaire qui pour l’observateur d’alors tournent autour de la terre. Un mouvement circulaire qui imite au mieux la perfection divine.

On comprend que cet enseignement ne relève pas de la physique, échappe à l’observation de nos sens. On ne fait qu’induire, à partir de l’observation du mouvement céleste, qu’il doit en être ainsi. Aristote parle concernant ce domaine de la connaissance, de « philosophie première » ou de « théologie ». Un domaine qu’il classe « après la « physique » , en grec « méta ta physikè » = « métaphysique ».

Deux domaines de connaissance donc : physique, domaine du devenir accessible à nos sens ; et métaphysique, domaine céleste où l’on accède par un travail second par rapport à la simple observation.

 

 

5) Métaphysique et intuition

 

Cette élaboration « méta-physique », ou « sur-naturelle » rejoint ainsi le domaine « religieux », un domaine auquel on a accès par la foi et où l’intuition joue au départ un rôle décisif.

La réflexion qui bâtit le discours métaphysique pose un Premier moteur immobile unique.

N’est-ce pas là quelque chose de très proche de ce qui fait l’intuition primordiale dans la tradition biblique ? L’intuition d’Abraham assumée comme révélation, intuition selon laquelle Dieu est au-delà de tout ce que l’on peut voir — fût-ce des astres — ; au-delà de toutes les conceptions que l’on peut s’en faire (les « idoles) ?

Cette rencontre entre le travail d’abstraction qui participe de l’effort scientifique de classification et le donné fondamental de la foi biblique, l’intuition d’Abraham, l’intuition assumée comme révélation, fondera le carrefour du développement scientifique et de la foi du Moyen-Âge. C’est de la sorte que le Moyen-Âge nous lèguera l’héritage de l’Antiquité.

 

 

6) Intuition et subjectivité

 

Mais parlant d’intuition, on est bien dans le subjectif. Quoi de plus subjectif qu’une intuition ?

On se situe donc apparemment à l’opposé de la science qui doit se montrer « objective ».

Où cette rencontre de l’effort d’abstraction et de ce que l’intuition a conçu au préalable, a priori, pose un questionnement décisif : en fait, le réel n’est-il pas au-delà (ou en deçà) du travail qui consiste à généraliser ?

Le réel m’advient en effet comme réalité concrète, individuelle, antécédemment aux classifications que je vais pourvoir en faire. Et d’ailleurs, je ne rencontre pas le réel dans ces classifications. Je ne le rencontre que comme exception, jamais comme généralité.

On est ici au cœur de la critique adressée par Kierkegaard à l’égard de l’ « objectivité » « scientifique », du discours sur la « rationalité du réel ». La science ne dit rien sur l’exception, qui seule nous est donnée — et qui est donnée à notre subjectivité. L’exception, qui fait la réalité individuelle, n’est précisément pas reproductible en laboratoire !

Disant cela, le penseur luthérien Kierkegaard est héritier conscient de la protestation du Réformateur Martin Luther : je ne reçois le message évangélique que par la foi. La foi comme confiance. L’événement de la venue du Christ ne saurait avoir de sens pour le croyant comme simple enseignement : cet enseignement doit être reçu de façon subjective, reçu par ma confiance subjective (« fiducia »).

Et cela vaut pour toute rencontre, pour l’appréhension de quelque objet que ce soit.

 

 

7) Subjectivité et récit

 

Cela dit, le réel se donne, et se communique, par le détour d’un récit, qui fait lien (et d’une autre façon, notamment quand il est récit collectif, « généralise ») entre des événements disparates et exceptionnels.

Par le récit, je mets à distance mon approche et mon intuition du réel, y compris mon approche de moi-même — d’où l’importance de pouvoir se dire, de pouvoir donner un récit, donner donc une cohérence aux événements, a priori disparates, qui font ma vie.

Cela vaut aussi pour l’histoire collective, qui donne cohérence, dans un récit à un peuple, une nations, etc.

D’où les difficultés du travail historique quand adviennent des pans d’histoire que le récit collectif n’a pas encore su prendre en compte (voir la période actuelle en France et le débat sur une supposée « concurrence des mémoires »).

Les découvertes scientifiques elle-mêmes sont appelées à être dites dans un récit. D’où ici aussi les conflits, lorsqu’une découverte bouleverse le récit admis jusque là.

 

 

8) Récit et objet

 

Le récit est le fait de l’observateur (des observateurs) des faits, reproductibles en laboratoire pour être dits à proprement parler « scientifiques ».

Or on sait que l’observateur a une incidence sur les faits. C’est un acquis de la micro-physique.

Mais cela peut s’illustrer assez simplement par un exemple trivial. Imaginons un citoyen Lambda qui penserait pouvoir n’avoir aucune incidence sur la vie de la Cité en se contentant de regarder à la télévision l’agitation de ses contemporains. Neutre, objectif, ledit lambda ? Quoique ! Depuis la fin des années 1960 avec la multiplication des citoyens lambda contemplant le monde à la télévision, le monde a considérablement changé par le fait même de cette multiplication. Un simple exemple : on ne sort plus les chaises sur le trottoir les soirs d’été pour discuter avec les voisins : on regarde la télé. Qui mesurera l’incidence sur le monde du neutre citoyen Lambda ?

Bref, concernant la science, ma subjectivité lorsque je fais de la recherche, ma conception préalable du monde, en un mot la foi par laquelle je l’aborde, ne sera pas sans incidence sur mon observation, et sur mon récit, ou la façon dont je vais relier les faits observés. Cela vaut aussi naturellement pour tout équivalent de la « foi » — ne serait-ce que la fidélité à une théorie reçue, et cela serait-il nommé « non-foi », ou serait-il le fait d’un « agnostique » !

 

 

9) Objet et foi

 

C’est la source des célèbres conflits des interprétations — et des interprétations crues.

L’exemple le plus fameux est le conflit Galilée / Aristote, car c’est d’un conflit Galilée / Aristote qu’il s’est agi lors du procès de Galilée.

Le récit biblique avait alors été relu depuis longtemps à la lumière d’Aristote : ce récit ne dit pas lui-même ce que dit Aristote (ni a fortiori ce que dit Galilée !). Les visions du monde y sont diverses, depuis la vision des antiquités égyptienne et babylonienne, jusqu’à celles partagées par les peuples gréco-latins.

Aristote est devenu la norme scientifique au Moyen-Âge, son géocentrisme inclus. La philosophie de la « substance » d’Aristote est même devenue le support du dogme de la transsubstantiation (la transformation miraculeuse de la substance du pain et du vin en corps et sang du Christ de l’Eucharistie).

Lorsque Galilée avec sa lunette a remis en question la vision du monde admise, celle d’Aristote, il a tout bonnement bouleversé le récit collectif admis… Conflit des interprétations des faits. Conflit de deux subjectivités collectives, similaire à ceux qui agitent actuellement la société française autour de la façon dont on va gérer les faits « nouveaux », ou nouvellement soulignés, concernant notre histoire commune.

Comment articuler le récit admis avec les nouveaux faits observés avec la lunette de Galilée ? Sur quel récit, ou quelle synthèse nouvelle allait s’accorder la foi, la subjectivité collective ?

 

 

R.P.

Cannes — Institut Stanislas

30 janvier 2007

 

 

 

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Mythes des Origines et problème du mal

Par rolpoup :: lundi 29 janvier 2007 à 15:24 :: Temps d'exil

 

 

 

 

 



Mythes des Origines et problème du mal

 

 

 

 

Le problème du mal est tel, tellement ténébreux, qu’il résiste à la raison. Dès lors, pour d’un côté ne pas l’atténuer, de l’autre ne pas devenir fou, on l’aborde par le mythe. De très nombreux mythes. On ne retiendra ici que trois types de mythes, qu’on appellera : – le mythe évolutionniste, – le mythe de Lucifer, – le mythe du tsimtsoum.

 

Je précise que par les mots « mythe », « mythique », j’entend tout d’abord une approche, en forme d’illustration, exprimant une explication très générale – à la différence de la mythologie, où apparaît une certaine profusion du «mythe », avec toutes sortes de détails ; – et à la différence du simple récit, qui est plus allusif, comme le récit de la Genèse présentant l’homme, comme être historique et trans-historique à la fois, en termes prophétiques. Le « mythe », au sens où on l’entendra ici, est entre les deux, entre récit allusif et mythologie.

 

  

1. Évolution - Le mal comme moteur

 

Le mythe évolutionniste : tout d’abord, je souligne que ce que j’appelle le mythe évolutionniste – ici en rapport avec le problème du mal – n’est évidemment pas exactement la théorie de l’évolution. Simplement, à partir du cadre commun évolutionniste qui est le nôtre aujourd’hui, le mal se pense selon des discours mythiques correspondant à ce cadre.

 

Ce cadre commun contemporain, au regard de la Création, est donc évolutionniste. On en pense ce qu’on en veut – et puisqu’on emploie cette notion biblique de Création, ce n’était évidemment pas la perspective biblique –, mais c’est à cette lumière – ou ombre-là, que notre temps nous oblige de fonctionner : le mythe évolutionniste (au-delà de la théorie du même nom qui n’est pas encore mythe, mais qui se reçoit communément à travers les mythes qui la portent). Pensons à des films comme Star Wars, 2001 Odyssée de l’Espace, La Planète des Singes, et j’en passe : tout notre imaginaire fonctionne dans ce cadre-là. Y compris, ce qui est en jeu dans notre propos, le problème du mal. Les premiers exemples qui peuvent venir à l’esprit en sont bien de telles œuvres artistiques (Star Wars, où dans un lointain passé, une civilisation galactique a atteint les degrés de développements techniques et spirituels espérés par les New-Agers contemporain ; 2001 Odyssée de l’espace, où un étrange monolithe guide l’humanité de ses origines simiesques à un statut de spiritualisation digne du scientifique jésuite Teilhard de Chardin ; ou, parlant d’humanité simiesque, La planète des Singes – avec ici en outre l’ironie de Pierre Boulle, l’auteur du livre, puisque les singes, et non les hommes, pourraient bien être l’aboutissement de l’évolution). Notons que dans cette perspective artistique, le thème de la relativité de l’espace et du temps prend aussi du service (la rencontre des deux thèmes – évolution et relativité – se fait ainsi : le deuxième devient comme le lieu de perception aiguë, par télescopage, du premier – pensons à Nimitz, retour vers l’enfer, où le Nimitz, ce porte-avion américain moderne, est projeté par une tempête électromagnétique distordant le tissu spatio-temporel, au jour de la bataille de Pearl Harbor. Dans La planète des Singes II, de Tim Burton, le héros tombe, par télescopage espace-temps similaire, dans le futur où les singes ont surpassé les hommes la problématique relativiste est en fait essentielle dès le roman de Boulle). Cela est devenu paradigme, en regard donc, de l’évolutionnisme.

 

Concernant le mal, à l’occasion de cet imaginaire évolutionniste, la division de l’être causée par le mal devient carrément le moteur de l’évolution, et de notre devenir. La division est dépassée : dépassée pour un mieux, dans une acception optimiste ; pour le pire, dans une vision – disons – plus réservée.

 

Deux philosophies modernes et contemporaines représentent bien ces deux lignées : lecture lumineuse, représentée par Hegel, et lecture sombre, par Schopenhauer (tous deux non-évolutionnistes, précisons-le). En science Darwin (1809-1882), a donné son nom à la théorie de l’évolution (L'origine des espèces, 1859). En philosophie, Hegel (1770-1831 – Phénoménologie de l'esprit 1807) et Schopenhauer (1788-1860 – Le Monde comme volonté et comme représentation 1819), peuvent représenter les deux pôles de lecture d’une approche évolutionniste du problème du mal. Par le biais de l’intellect lumineux d’un côté (lecture optimiste – le mal comme moteur de l’évolution englouti par le mieux). Sous l’angle de la volonté sombre de l’autre (le mal composante tragique).

 

Dans la première perspective, l’esprit absolu se développe et se réalise dans l’Histoire, laquelle, au vu de cette fin heureuse, est une bonne chose : tout converge vers la clarté de l’intelligence dévoilée. Comme le dit Paul en Romains 8, « tout concourt au bien… » – des hommes, de la Création, etc. …, plus généralement que « de ceux qui aiment Dieu ». Cette lignée globalement optimiste est celle des scientifiques évolutionnistes comme Teilhard de Chardin, ou plus récemment, Yves Coppens : Lucie s’est levée sur ses pattes, parce qu’un grand mal lui était advenu : la faille du rift Est-africain avait asséché les forêts qui la protégeaient, l’obligeant à se dresser pour veiller, au départ à défaut de mieux, et finalement pour le mieux (cf., parlant d’illustration mythique, la version télévisée récemment, L’Odyssée de l’espèce). Dans ce lot, produit d’un nouveau besoin de protection, bientôt les massues – comme dans 2001 Odyssée de l’espace –, plus efficaces que la montée aux arbres. « Je fais le mal que je ne voudrais pas », mais au fond, c’est pour mon mieux. D’où ces deuxièmes exemples de mythes, plus proches de la science, qui elle se contente de faire des constats, en principe, comme celui qui veut que l’évolution des mâchoires, leur affinement, s’explique par la cuisson des aliments. Viennent ensuite les interpolations intellectuelles qui font aisément glisser de la théorie aux mythes : Teilhard, Coppens (fonction positive du mal : de la brèche du rift, avec savane à l’Est, à la station debout ! Tout cela avec illustration de type mythique – à la base d’un film, où l’on côtoie les premiers exemples littéraires). C’est, il est vrai une caractéristique de la paléontologie, qu’elle n’est pas une science aussi « dure » que la physique par exemple. Elle est aussi science historique, science humaine, appelant une relation cohérente des faits, un récit donc.

 

La perspective plus sombre (type Schopenhauer) part du même constat : le mal construit le monde, mais vu ce qu’est le monde, ce n’est pas pour le mieux. Tout cela est le fruit, non pas de la claire intelligence en route vers son dévoilement, comme pour les optimistes ; mais procède d’une volonté obscure, le sombre et tragique vouloir-vivre, qu’il est donc préférable d’anéantir en soi. Mieux vaut combattre ce vouloir-vivre, viser au bienheureux néant d’où il aurait mieux valu ne jamais sortir.

 

En résumé, dans l’imaginaire évolutionniste, tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs : les premiers s’y résolvent, qui aiment bien l’omelette : au fond, si l’omelette est à ce prix, eh bien ! – passons-en par là. Les seconds considèrent qu’au regard de ce qu’est l’omelette, il n’est pas si sûr que cela valait bien le coup de casser les œufs. Si ce sont là les douleurs de l’enfantement, eh bien ! – pour le dire comme l’Ecclésiaste, « l’avorton est finalement le plus heureux ».

 

Alors, concrètement : que faire ? – comme disait Lénine… Se faire une Raison et ne pas sombrer dans la conscience malheureuse, comme le veut Hegel – : demain sera brillant – ? Anéantir le vouloir-vivre qui ne sait produire que des omelettes immangeables à force d’amertume ?

 

En regard de la volonté sombre le mal réapparaît – fait lancinant.

 

 

2. Lucifer - Le mal contre Dieu

 

Avec cela, un problème : qu’il soit un accident de l’être ou l’être lui-même, comment s’effectue le passage au mal ? D’où vient-il ? Un mythe est connu qui tente d’expliquer cette chose impossible : le mythe de Lucifer. Il correspond à une lecture de type platonicien des choses, utilisée comme méthode d’exégèse de la Bible – pratiquée depuis les pères de l’Église et connue jusqu’à aujourd’hui.

 

Ce mythe de Lucifer est dû, sous sa forme connue, essentiellement à un père de l’Église, nommé Origène, théologien à Alexandrie en Égypte, au tournant des IIe et IIIe siècles de notre ère. Il a certainement des racines plus anciennes, dans la gnose et les apocryphes inter-testamentaires. Bien qu’il ne se trouve pas dans la Bible, malgré ce que l’on croit parfois.

 

Le système théologique d'Origène : premier système théologique chrétien à connaître une expansion à peu près universelle. De l'Égypte, où il a pris naissance, aux monastères irlandais, en passant par les théologiens byzantins. Cela avant d'être officiellement condamné par un Concile orthodoxe au VIe siècle, en 553, au IIe Concile de Constantinople, Ve Concile œcuménique ; théologie condamnée, ce qui n'a pas empêché les orthodoxies d'en conserver des pans entiers. Et d'en exporter des pans entiers dans leurs terres de mission, des terres germaniques pour l'Occident aux terres slaves pour Byzance.

 

Car si l'origénisme a été condamné, ses méthodes en exégèse biblique et en théologie, sont restées longtemps à l'ordre du jour, et jusqu'en Occident où par exemple au XIIe siècle le commentaire du Cantique des Cantiques par Bernard de Clairvaux, adversaire des cathares, est de méthode nettement origénienne, méthode qu’il partage avec ses adversaires. On en a trace, sous cet aspect que l’on va voir et qui est la chute des démons, jusque dans les Confessions de Foi réformées.

 

Origène enseigne que l'Histoire du salut est celle du retour de nos âmes déchues à leur état céleste originel. Dieu a créé un nombre déterminé d'âmes, les nôtres, qui suite à un péché commis au ciel, selon le cas rébellion ou imprudence au temps heureux de cette préexistence, ont été précipitées, en punition, au statut de démon pour les pires, dans des "tuniques de peau" que sont nos corps pour les moins fautives. A la tête des rebelles, Lucifer.

 

Des textes bibliques fondent la pensée d’Origène, dont deux qu’il faut mentionner : Genèse 1-3, et Ésaïe 14.

 

Concernant le premier, Origène est dans la ligne de nombreux exégètes juifs sur les tuniques de peaux : "Dieu vit que l'homme et la femme étaient nus, et qu'il en avaient honte, et leur fit des tuniques de peau". Origène avait la sagesse de refuser d'imaginer que les tuniques en question avaient été cousues par Dieu après qu'il eût égorgé quelque animal. Origène y voyait tout simplement nos corps, retenant l'idée rabbinique que nos corps originels, avant cette chute, étaient des corps de lumière, des corps célestes, tels que Paul les promet aux Corinthiens pour la résurrection (1 Corinthiens 15). À l'inverse, la faute nous avait vu déchoir dans des tuniques de peau, corps lourds, charnels, corruptibles, mortels, tragiques, en proie à d'épouvantables maladies ; des corps reçus, certes de la charité de Dieu, mais en conséquence d'une faute indicible.

 

Concernant le second texte : cette faute céleste indicible dont l'initiateur, le plus coupable de tous, le père du mensonge, du péché, est devenu le diable, s’induit de la lecture allégorique qu'Origène fait d'Ésaïe 14 : astre brillant, lumière du matin – ce qui est traduit par "Lucifer" en latin –, qui as voulu t'égaler à Dieu, tu as été précipité... la chute. Lucifer, terme qui est passé dans la traduction latine de la Bible, la Vulgate, traduction effectuée par cet ex-disciple d’Origène qu’est saint Jérôme.

 

Avec cela la question se pose du motif de Lucifer & co pour pécher. Le plus connu parmi les motifs proposés est l’orgueil, toujours à la lecture d’Ésaïe 14 – et Ézéchiel 28 – : « tu as voulu t’égaler à Dieu », à quoi se couple souvent la convoitise, en l’occurrence du poste de Dieu, de sa gloire. Ce qui a induit un développement qu’il faut signaler : la damnation par amour, amour en l’occurrence de la beauté de Dieu, bien digne d’être désirée, convoitée, ce qui vaut, dans cette perspective, excuse pour le diable, qui peut même en devenir digne d’imitation mystique. Ce développement est le fait de certains courants de la mystique musulmane, notamment de Ahmad Ghazali, cela à partir de sa lecture du verset du Coran concernant cette question. Cette tradition de la damnation par amour s’est perpétuée chez les Yézidis, mouvement religieux d’origine musulmane connu aujourd’hui essentiellement chez les Kurdes.

 

Tous les esprits célestes n'ont pas péché : ceux qui n'ont pas péché sont les bons anges, auxquels sont semblables les fils de la résurrection selon Luc. À la tête de ceux qui n'ont pas péché, Jésus, Fils éternel de Dieu, uni à sa Parole. C'est lui que Dieu envoie pour racheter, pour ramener à son Royaume céleste ceux qui sont déchus.

 

Tel est globalement le système d'Origène, en partie abandonné, ou redit en d'autres termes dans le christianisme catholique – puis protestant – depuis le Moyen Âge, mais développé et accentué chez d’autres chrétiens comme les cathares. Par exemple, dans les christianismes non-cathares, on ne parle plus de préexistence, mais on continue à croire à la chute de Lucifer. Pour les cathares, on maintient globalement le système, mais on précise, par exemple, ce qu'Origène ne faisait pas, que le monde mauvais dans lequel nous sommes déchus ne peut pas être tel qu'il est l'œuvre du Dieu bon : c'est dans un monde tellement diabolique que nous avons été précipités que le diable doit d'une façon ou d'une autre y avoir mis la main à la pâte. C'est là une pâle imitation du monde céleste promis d'où nous sommes déchus.

 

Origine commune pour les deux théologies, développements dissemblables. Or, que l'origine théologique soit commune n'a rien d'étonnant, puisque le système origénien a connu une expansion universelle.

 

L'abandon de ce platonisme commun va s'accentuer dans le catholicisme, et cela n'est pas sans lien avec la controverse anti-cathare, dénonçant ainsi de plus en plus nettement la dimension dualiste d'une telle théologie, qui est largement sienne aussi. Les cathares, eux, sont allés jusqu'à prêter au diable la Création matérielle dans laquelle nos âmes sont déchues.

 

Ici se fait la rupture, ici passe la frontière vers un pas de plus  qui sera franchie par le catharisme. Un pas supplémentaire sera alors franchi par rapport au mythe origénien : le Père de l'Église n'expliquait pas l'origine de ce monde, le nôtre, celui dans lequel sont déchues par châtiment consécutif à un péché céleste, les âmes originellement créées bonnes, autrement que dans un rapport médiat à Dieu. Un récit mythique des bogomiles, ces cathares des pays slaves, que l’on retrouve dans le catharisme occidental, récit intitulé Interrogatio Iohannis, pousse l'explication un peu plus loin. La médiation dans le rapport du monde à Dieu doit relever du mauvais, d'une façon ou d'une autre. La douleur et la nostalgie n'en laissent point de doutes. L'Interrogatio Iohannis, et bogomilisme comme le catharisme avec elle quand il la reçoit, nous proposent bien quelque chose de l'ordre de la médiation du problème du mal : certes les quatre éléments sont créés par le Dieu bon, mais en l'état actuel de leur configuration, il ont été façonnés par le diable, l'Ange déchu.

 

Bref, des théologies, médiévales s'accordent à reconnaître qu'il n'est pas possible, dans l'état où elle se trouve, d'attribuer au Dieu bon la Création matérielle. Des conséquences considérables procèdent de cette certitude. Sur le plan sexuel : ici, pas trop de problème, cathares et catholiques de l'époque sont en plein accord. Mais en matière de possessions de l'Église, et jusqu'au sommet de la hiérarchie, au Vatican, ça coince, et à plus forte raison, quand le siège réputé saint est de ce fait la clef de voûte du système féodal. Être propriétaire est déjà avoir pactisé avec le diable. "Nul ne peut servir Dieu et Mammon, l'argent", disait Jésus. La preuve, s'il en est encore besoin, cela débouche sur la guerre, la violence ; et argument parfait en faveur des cathares, sur la Croisade et l'Inquisition, pour le premier système totalitaire moderne, ou pré moderne.

 

Sur cette base, certains cathares iront un peu plus loin : puisque le système luciférien, quelles que soient les zones où on le pousse, reste platonicien, n’est-il pas lui-même trop optimiste ? En d’autres termes, le mal est-il seulement ombre du bien ?

 

Pourquoi le mal ? Parce que Dieu a laissé une zone de libre-arbitre à Lucifer et à ses sbires, dont nous-mêmes, dit le mythe. Un théologien cathare italien, Jean de Lugio, ne se contente pas de cette réponse. Le traité retrouvé qui lui est attribué, le Livre des deux Principes affirme en substance : le mythe est bien joli, mais finalement il n'explique rien. Voilà en effet un Dieu étrange que celui qui aurait offert à l'Ange (Lucifer) de passer au mal en lui octroyant un libre-arbitre qui lui fait préférer le quasi-néant du mal au Bien suprême qu'est Dieu ! Les choses sont pires que cela.

 

L'argument ne manque pas de poids, qui requiert donc un second Principe face à Dieu, le Principe du mal, résistant.

 

Le mythe de Lucifer est dès lors dénoncé comme insuffisant. Il y a face à l’être, un abîme horrible, insondable, tel qu’il faudra bien qu’il prenne lui-même figure mythique pour pouvoir être dit : un monstre tétramorphe, lit-on chez des polémistes… Comme un père du diable.

 

Reste la question de sa provenance. C’est ici qu’on abordera notre troisième mythe et quelques-unes unes de ses variantes, le mythe du tsimtsoum.

 

 

3. Tsimtsoum - Le risque de la Création et l’absence de Dieu

 

Le mal est ici la conséquence de l’absence de Dieu. Au départ, il y a un constat biblique. Au moment de la destruction du Temple, c’est la présence de Dieu qui se retire. Alors que le peuple est exilé de la Terre de Canaan pour Babylone, Dieu part en exil lui aussi. C’est l’exil de la Shekhina, de la présence de Dieu, de sa gloire…

 

L'exil à Babylone n'a pas été le premier ni le dernier pour Israël. On sait ce qu'il a souffert il y a 50 ans à peine, et qui a mené à cette conclusion : devant tant de souffrance, il n'y a plus d'explications qui tiennent. Où est Dieu ? demande Élie Wiesel en camp de concentration... Primo Levi, un autre déporté victime du racisme nazi, n'a pas supporté cette question : il en est mort, suicidé. De même que Bruno Bettelheim, et tant d'autres...

 

Un penseur juif contemporain, Hans Jonas (Le Concept de Dieu après Auschwitz, Rivages poche n°123), a proposé, lui, d'en revenir à l'explication qui était donnée par un rabbin du XVIe siècle, suite à l'expulsion des juifs d'Espagne. Il s'appelait Isaac Luria. Cette explication se résume à cela : Dieu s'est absenté. (Notons que Hans Jonas, lui, pousse le thème plus loin que cela n’a jamais été fait. Quoiqu’il en soit, il trouve là une issue pour l’horreur totale du XXe siècle.)

 

Isaac Luria était confronté lui aussi à une catastrophe, l’expulsion d’Espagne, qui lui fait concevoir son développement mythique : on ne peut expliquer l'intensité du mal que si Dieu s'est absenté. En 1492, l'Espagne est en proie à un fanatisme et à un racisme obsessionnels : c’est là qu’on commence à parler de « pureté du sang » ! C'est le comble de la méchanceté et de l'idolâtrie, au moins digne de Babylone. 1492 c'est l'année de la découverte de l'Amérique que l'on ne peut fêter qu'avec larmes, puisqu'elle débouchera sur le massacre de millions d'Indiens, puis sur les déportations esclavagistes de millions d'Africains. Cette année-là, l'Espagne décide aussi d'expulser de ses terres tous les juifs et les musulmans, se privant ainsi de milliers de travailleurs, de milliers de cerveaux. Je ne peux m’empêcher de penser que l'Espagne, qui à l'époque est le pays le plus puissant du monde, deviendra en quelques siècles un pays sous-développé, jusqu'à ce qu'elle accepte de s'ouvrir à nouveau en rejoignant l'Europe. La France de l'Ancien Régime a connu une décadence similaire lorsque Louis XIV a décidé de ne plus supporter les protestants. Puis son régime a coulé en deux générations.

 

Mais en attendant, ceux qui vivent ce mépris, qu'ils soient protestants, juifs, Africains ou Arabes, sont à même de se dire : mais que fait Dieu ? Est-il présent ? Non. Il s'est absenté, a répondu Isaac Luria. Il s'est absenté pour que le monde puisse exister, comme pour un enfantement. Le rabbin Isaac Luria appelle cela une "contraction" de Dieu. Dieu, en effet, est infini, il occupe tout l'espace. Ce qui fait qu'il n'y a pas de place pour le monde. Alors Dieu s'est contracté, a créé en lui un espace, comme une femme en qui une place se crée pour laisser place à celui qui deviendra son enfant. Par des contractions dans la douleur. Contraction : en hébreu cela se dit tsimtsoum.

 

Dieu nous a laissé une place. Du coup nous pouvons advenir, le monde peut exister, mais – c'est à ce prix – Dieu n'est pas là où est le monde. D’où la méchanceté qui y prend place. Là où Dieu n’est pas, là est le mal. Mais il a fallu qu'il se retire, avec tous les risques que cela suppose, pour que le monde soit. Il peut devenir lui-même, mais c'est au prix de l'absence de Dieu, et donc de sa protection. Telle est notre situation vis-à-vis de Dieu. Nous pouvons devenir nous-mêmes, puisqu'il s'est retiré, mais c'est au prix de son absence, avec tout le tragique que cela suppose. Bien sûr la question se pose : est-ce que cela valait le coup, pour un monde aussi douloureux ? Toujours est-il que nous sommes là, et qu'il nous appartient de faire avec... pour le mieux si possible.

 

Alors Dieu, toutefois, a prévu une autre présence de lui-même, cachée, souffrante, nous accompagnant dans notre exil, comme le souci et la prière des parents accompagne l'exil de l'enfant qui a voulu devenir sans eux. Élie Wiesel à Auschwitz, à la question : "où est Dieu ?" répondait, voyant un adolescent pendu par ses bourreaux : il est là, qui pend. Remarquons que c'est ce type de présence qu'il nous a octroyée en Jésus-Christ. Une présence qui ne fait pas défaut mais qui n'empiète pas non plus. Au cœur de notre exil, il est là.

 

Mais en deçà de cela, esquisse du thème de la rédemption, perce peut-être quelque chose d’important concernant notre thème, celui de la Création. La question du risque de la Création, et notre part dans cette histoire-là.

 

Car on a parlé de l’adolescence et de son devenir. Mais remontons plus haut : avant la naissance. Avant le passage à l’être. Le désir d’être qui débouche sur les contractions de la mère. Françoise Dolto nous enseigne que l’enfant est le produit de trois volontés. Celle du père et de la mère, certes, mais aussi la sienne propre. Il ne viendrait pas à l’être sans son désir propre de devenir ! Par analogie, il est possible de dire que la Création est advenue parce qu’elle l’a bien voulu ; nous l’avons bien voulue, cette contraction divine. Avant même d’être. Prière de la création non encore advenue, qui a été émise et exaucée. La question face au mal est de savoir si l’on a bien fait. Quoiqu’il en soit, c’est fait : le monde est là. Je propose à présent un mythe qui illustre bien le fait de cette prière.

 

Un mythe ôdjoukrou :

« Pourquoi le ciel est éloigné de la terre ?

L’origine de l’espacement entre le ciel et la terre selon la Mythologie Ôdjoukrou, est dans le conte que voici :

Jadis, le ciel et la terre étaient proches. A bien des endroits, ils étaient si proches qu’ils se touchaient comme  un plat et son couvercle. A ces endroits précis, ni homme, ni animaux ni arbres ne pouvaient exister à défaut de place.

Même aux endroits où habitaient les hommes, le rapprochement du ciel et de la terre était devenu très gênant surtout pour les grandes personnes qui devaient se courber dans leurs déplacements pour éviter de bousculer le ciel avec leur tête.

Quant aux femmes Ôdjoukrou, elles ne pouvaient plus piler le manioc convenablement tant elles avaient peur de faire mal au ciel par leurs longs pilons.

Chaque jour, au moment de piler le manioc, les femmes suppliaient, priaient le ciel de reculer pour leur laisser un peu de place pour leur travail. Pendant des siècles, voire des millénaires, elles ont répété leurs prières et ont fini par persuader le ciel qui a fini par s’éloigner de la terre.

Mais, d’aucuns pensent que c’est à force de brutaliser le ciel à coup de pilons douloureux que le ciel s’est fâché puis s’est éloigné de la terre. Pour d’autres, chaque jour en pilant le manioc, chaque levée de pilons faisait reculer le ciel de la terre. sans que les hommes et les femmes ne s’en rendent comptent. Ainsi, petit à petit, le ciel a fini par s’éloigner très loin de la terre. Un matin, en se réveillant, on s’est aperçu que le ciel était parti très très loin de la terre.

Pour les hommes, seules les femmes portent la responsabilité de la fuite du ciel, elles qui lui ont tant fait mal par leurs coups de pilon.

Pris de panique et de remords, on a fait des sacrifices, on a prié le ciel de revenir à sa place d’antan, de se rapprocher à nouveau de la terre mais le ciel a refusé. Chaque jour, on a tout fait pour convaincre le ciel de revenir. Attitude qui se comprend, car après tout, de par sa proximité d’avec la terre, le ciel nous couvrait et nous protégeait de tous les dangers. De plus, il nous était familier. Avec son éloignement, nous sommes laissés à nous même, sans force et sans protection. » (M.-B. Y. Poupin, Mémoires d’Afrique : le dynamisme de Kpass, un village ôdjoukrou, à paraître aux éditions L’Harmattan.)

 

Nous voilà donc entre exil et espérance (Ro 8 : 18-24a : « J’estime, dit Paul, que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : livrée au pouvoir du néant - non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’a livrée, elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. Elle n’est pas la seule: nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance. »).

 

Cela ne nous dit pas le « quoi » de l’aboutissement de cette espérance : peut-être consistera-t-il à reconnaître enfin qu’il aurait peut-être mieux valu ne pas prononcer cette prière devenue gémissement : « ne te hâte pas de prononcer une parole devant Dieu » dit l’Ecclésiaste. Peut-être Dieu transformera-t-il par un exaucement inattendu une prière maladroite ? On le voit, les mythes de la Création ne font jusque là que redire nos questions…

 

 

R.P.

 

 

 

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Méditation sur la Genèse

Par rolpoup :: dimanche 28 janvier 2007 à 15:53 :: En Principe

 

 

 

 

 


Méditation sur la Genèse

 

 

 

 

La Création et le mal

 

Lisant la Genèse, le judaïsme remarque que le premier mot, "au commencement", en hébreu bereshith, débute par la deuxième lettre de l’alphabet hébraïque : la création vient en second par rapport à Dieu, signifié par la première lettre absente. De plus, la forme grammaticale du mot en hébreu permet d’imaginer que le commencement en question, un commencement, n’est pas le premier : comme s’il y avait un "avant la création", comme s’il y avait avant cette création, plusieurs essais, où les modernes imaginent parfois volontiers par exemple les dinosaures - façon imagée, et pas illégitime, de dire la concrétion de la matière posée pour la Création ; concrétion comme durée qui précède et accompagne l'Histoire, comme une pré-Histoire, ici pré-Histoire biblique. Concrétion signifiée depuis les concrétions fossiles des paléontologues, jusqu'au "rayonnement fossile" d'astres disparus depuis des milliards d'années, ce jusqu'à quinze milliards d'anneés, des astrophysiciens. 

 

Quant au commencement qui est prononcé dans la Genèse, il s’agit d’“un commencement de” quelque chose, qui donc pourrait être traduit par “à un moment donné”. Cela dit, les lecteurs ultérieurs de la Genèse - déjà S. Augustin (Ve siècle) - remarqueront, qu’au sens absolu, il n’y a pas d’”avant la Création”, parce qu’ultimement, “là commence le temps”. Si l’on recule dans le temps, il y a un point où il n’y a pas d’avant parce qu’il n’y a pas encore de temps. À moins d’admettre que Dieu ait créé un monde éternel, comme Moïse Maïmonide (XIIe siècle), puis Thomas d’Aquin (XIIIe s.), en reconnaissaient la possibilité. Cela, comme le disait déjà S. Augustin, à la manière d’un pied imprimant éternellement son empreinte dans la poussière. Alors il faudrait comprendre non pas “au commencement”, mais “en principe”, comme le permet la traduction grecque de bereshith, en arkhe. Si l’hypothèse leur paraissait possible, ils ne la faisaient pas leur, jugeant que la Genèse implique un commencement temporel, un début du temps.

 

“À un moment donné”, donc, Dieu crée un monde chaotique - tohu-bohu selon le terme hébraïque passé en français. Puis il l’ordonne. Tout cela en six jours, qui ne sont pas des jours solaires, puisque le soleil n’apparaît qu’au 4e jour. S. Augustin, remarquant que le septième jour ne se terminait pas, considérait ces jours comme des périodes : nous sommes dans le septième jour. Irénée de Lyon (IIe siècle) considérait chaque jour comme une période de mille ans (voir le Psaume 90 et la IIe Épître de Pierre, ch. 3).

 

Dieu ordonne le monde par sa Parole (v.3, “Dieu dit”). L’Évangile de Jean (ch.1), en écho à cela, enseigne que la Parole est au commencement, en vis-à-vis de Dieu. En vis-à-vis comme l’image est en vis-à-vis dans le miroir qui réfléchit cette image. De même dans la Parole, Dieu réfléchit, la Parole est Dieu même réfléchissant : “la Parole était Dieu”. Le mot pour Parole qu’emploie l’Évangile de Jean est le même mot grec que pour “raison”, en grec logos, ce mot qui a donné “logique”. Dieu réfléchit, se réfléchit lui-même, Dieu raisonne, et il parle, exprimant ce raisonnement. L’expression par excellence de ce raisonnement est, dans la perspective chrétienne de l'Évangile de Jean,  Jésus-Christ, la Parole de Dieu faite chair (Jean 1, 14). Lorsqu’il l’exprime, le monde prend forme et s’éclaire (voir Colossiens ch. 1, concernant Jésus-Christ : “tout a été fait en lui, par lui et pour lui”). “En cette Parole est la lumière du monde” (Jean 1, 9-10). Lorsqu’elle s’exprime la lumière apparaît : “Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut” (Genèse 1, 3).

 

Revenons donc à la Genèse. Cette lumière originelle précède la lumière du soleil qui n’apparaît qu’au 4e jour. C’est la lumière spirituelle dans laquelle le monde prend forme.

 

Le déroulement ultérieur de la création est le développement de cette illumination du monde, de sa sortie du chaos. Les choses s’ordonnent en se distinguant, en se séparant : le jour d’avec la nuit ;  les eaux d’avec les eaux, séparées par une sorte de voûte, ferme comme le laisse bien apparaître la traduction en latin, puis en français : le firmament ; il sépare aussi le sec d’avec le mouillé, permettant la germination de cette terre féconde ; etc. - du 1er au 3e jour. Le monde ainsi créé est peuplé par Dieu d’astres (4e jour), de poissons, d’être marins, et d’oiseaux (5e jour) ; puis d’animaux terrestres. Il est ainsi apte à recevoir l’homme.

 

La réalité de l’homme comme image de Dieu, reflet de Dieu, apparaît dans la réflexion de Dieu, non mentionnée auparavant. Pour la création de l’homme, la Genèse emploie le même mot très fort, impliquant une radicale dépendance, que pour les origines et pour les monstres marins, le mot hébreu bara. Tout dépend de Dieu : l’univers entier, y compris les monstres marins, si effrayants, y compris l’homme si autonome. Jusque là il donne des ordres, mais ici, pour l’homme, apparaît un élément nouveau : Dieu réfléchit : “Faisons l’homme à notre image” (v.26). Dieu parle à la 2e personne. Le judaïsme, se demandant à qui Dieu parle-t-il ainsi, y a souvent vu les anges, ou encore, l'homme lui-même. Les anges ainsi présentés dans cette perspective comme littéralement “ses messagers”, ses interlocuteurs vis-à-vis du monde, entre lui et le monde, et finalement, en tant que tels représentants de sa Parole. Ou l'homme comme participant à sa propre création, à son achèvement.

 

Parole que l’Évangile de Jean présente comme éternelle et manifestée dans le Christ. Aussi dans une perspective chrétienne, au-delà des anges, ce “faisons” renvoie à une deuxième réalité en Dieu, sa Parole en vis-à-vis de lui, son image, parfaitement réalisée dans un homme, le Christ, mais présente en tout être humain. Ce vis-à-vis, fécond par lui-même, induit un troisième terme, expression de cette fécondité. En théologie chrétienne, on parle de l’Esprit, troisième terme de la Trinité - où l’on, retrouve les deux premiers versets de la Genèse : l’Esprit planait au-dessus des eaux... Dieu dit. Avant même cet ordonnancement par sa Parole, l’Esprit de Dieu planait, comme couvant en vue de l’éclosion dans le vis-à-vis de Dieu avec lui-même. Ce vis-à-vis fécond est la condition même de toute fécondité. Dans la Création, il s’exprime dans le vis-à-vis de l’homme et de la femme, expression par excellence de l’image de Dieu : “il le créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa” (v.27). Le vis-à-vis de Dieu et de sa Parole, cette autre lui-même où il réfléchit, se réfléchit, existe aussi en l’homme pour la femme et en la femme pour l’homme dans leur division en sexes. De plus, si les animaux ne participent pas de ce vis-à-vis dans la Parole du dialogue, il y a là la promesse de leur rachat par une réalité que les êtres humains partagent avec eux, la sexuation ; cette réalité qui pour les êtres humains est l’expression de l’image de Dieu, la différence qui permet le dialogue. Tel est le 6e jour qui rassemble les animaux et les êtres humains.

 

Pour revenir à nouveau à la Genèse, le second récit, qui entre dans le concret de la création de l’homme, le présente comme ne se satisfaisant pas du vis-à-vis des animaux, inaptes au dialogue, qui ne pourra s’effectuer pour l’homme que par un autre lui-même, autre mais semblable, semblable mais autre. Telle est la femme pour l’homme, l’homme pour la femme : en vis-à-vis. Les rabbins imaginent qu’avant la séparation en deux côtés (plutôt que côte) qui rend l’homme et la femme aptes à se situer en vis-à-vis, les deux existaient dos à dos. Cette séparation, préalable à toute rencontre, s’opère comme révélation prophétique. Le sommeil d’Adam est, selon le terme employé, sommeil prophétique, qui lui fait découvrir à son réveil cet autre semblable apte au dialogue, lieu de l’image de Dieu. Adam, l’homme, rencontrant Ève, la vie, est ainsi homme et femme, isch, et ischa - tirée de l’homme.

 

Cette faille, qui fait la différence et permet le dialogue, est aussi ce par quoi le mal peut s’introduire. Figuré par le serpent, souvent figure des divinités dans les religions environnant l’Israël ancien, le mal provient de la réalité chaoti­que, non encore ordonnée, qui entoure le jardin. En quelque sorte des premiers essais non satisfaisants de la création et de la mise en ordre.

 

Une difficulté terrible apparaît en même temps que cette figure du mal déjà présent quelque part. La difficulté  de la question de sa provenance, précisément. Difficulté d’autant plus terrible que le mal est intense. Et l’Histoire ne cesse de le montrer chaque jour plus intense. D’où vient ce mal présent dans les champs qui entourent le jardin ? À cette question insoluble, on a avancé plusieurs esquisses de réponses. Depuis le dualisme le plus typé, qui place une réalité mauvaise faisant éternellement face à Dieu, jusqu’à la conception inverse qui en vient à placer le mal en Dieu. Entre les deux, des développements célèbres. En premier lieu le mythe de Lucifer remontant sans doute à Origène (IIIe siècle). Ce père de l’Église primitive, lisant Ésaïe 14 et Ezéchiel 28, y trouve, allégoriquement décrite, la chute du diable, astre brillant devenu prince des ténèbres pour s’être révolté contre Dieu en voulant s’égaler à lui. Origène rejoignait ainsi et dépassait les lectures juives de Genèse 6, y voyant la chute des anges (cf. Jude 6). Cet astre brillant d’Ésaïe 14:12, à l’origine roi de Tyr en Ézéchiel et de Babylone en Ésaïe, “étoile du matin”, sera traduit, selon l’équivalent latin “Lucifer” dans la Vulgate la version  de la Bible de S. Jérôme (Ve siècle). On sait la fortune de ce terme transmis jusqu’aujourd’hui via le romantisme. Une autre approche célèbre est celle proposée par le judaïsme dans la Cabale d’Isaac Luria (XVIe siècle). Il s’agit de l’idée du tsimtsoum, en français “contraction”, en l’occurrence contraction de Dieu mettant l’univers au monde : Dieu emplit tout. Pour que quelque chose d’autre que lui puisse être, il faut que Dieu se contracte, fasse un espace en lui-même. Dès lors, le monde peut advenir, être créé, mais il l’est dans une absence de Dieu. Mais dans ce creux, ce vide, le mal aussi peut s’infiltrer.

 

Dans la Genèse, le mal s’infiltre entre Adam et Ève, séparés pour se rencontrer. Avant la séparation, l’ordre de l’interdit est donné, l’interdit qui toujours structure, fait grandir. Mais l’ordre est donné au moment de l’unité, avant la séparation entre homme et femme. Une fois la séparation intervenue, ce mal venu d’on ne sait où, trouve à s’infiltrer. La femme étant le signe de cette séparation de l’être humain, celle par qui l’homme se trouve, c’est elle aussi du coup, qui est présentée comme l’origine de la possibilité de cette infiltration entre les deux, qui avant, étaient un. D’où sans doute, la tentation qui s’adresse à elle pour atteindre l’homme en son entier. Autre moitié de lui-même, tout homme est mâle et femelle avant d’être mâle ou femelle. Le mal l’atteint en son entier, en ce qu’il est divisé d’avec lui-même, en cela qu’il refuse cette division qui marque qu’il est un être fini. Refuser d’être fini, prétendre être tout par soi, c’est là la porte du mal qui nous atteint tous.

 

 

L’entrée dans la géographie et dans l’Histoire

 

On admet souvent que cette accession au mal de l’homme et de la femme marque leur entrée dans l’Histoire. C’est en tout cas probablement l’affirmation qu’ils y sont bel et bien. Peut-être pas plus. En attendant d’en venir à cet aspect, il faut remarquer que la Genèse, avec son second chapitre situe tout d’abord la Création dans la géographie. Là où le premier chapitre nous parle d’une Création qui peut-être dite idéale (idéelle), comme un projet parfait, dont Dieu proclame “cela est bon” et finalement “très bon” - projet parfait ou plutôt idéal et inachevé, le second chapitre nous situe dans sa concrétisation terrestre et pour le coup imparfaite, loin de l’idéal. On y reconnaît, sans localisation très précise toutes les conditions géographiques de la civilisation, de la culture, à commencer par celle de la terre, pour un jardin. Première de ces conditions, des fleuves. Et les principaux fleuves de la civilisation antique arrosent le jardin, deux parfaitement repérables, ceux de la condition du Croissant fertile mésopotamien, le Tigre et l’Euphrate ; les deux autres nous situent en cet autre lieu de la civilisation d’alors qu’est le complexe ethiopien-yéménite-égyptien, sans qu’il soit possible de bien repérer nominativement tel ou tel fleuve. On pense certes, au Nil. Quoiqu’il en soit, il est dès lors difficile de situer le jardin d’Éden. Il s’agit d’une géographie plus civilisationnelle que cartographique. Elle renvoie à la fois aux deux lieux d’exil et d’origine, croissant mésopotamien et matrice afro-égyptienne - et peut-être en même temps, la tradition juive y renvoie, au lieu devenu le carrefour de ces deux matrices, la terre de Canaan avec en son centre Jérusalem.

 

Autre lieu de repère, la mention de l’Orient, lieu de repère géographique et symbolique à la fois lui aussi. Ici, il ne s’agit plus de conditions climatiques et fluviales de civilisation, mais solaires et originaires. Solaires sans connotation religieuse mythologique. Au seul sens où l’on dit en français que l’on s’oriente, c’est-à-dire que l’on se repère d’après le côté où le soleil se lève. Le paradis est originaire. En même temps toutefois, comme le point d’où le soleil se lève, il est illuminant. Ici, apparaît la dimension symbolique. Comme il y a une lumière antécédente au soleil, lumière spirituelle, il peut être question d’Orient spirituel.

 

C’est dans cet espace civilisationnel, déjà situé géographiquement, quoiqu’en un sens non précisément localisant, que l’homme et la femme concrets prendront place. Ici la parole de Dieu qui les fonde en humanité au ch.1, s’insère dans la matière, dans la glèbe. L’être humain participe de la minéralité. Et de l’animalité, dont il se distingue toutefois par sa capacité nominatrice - et donc dominatrice - sur les animaux. Dès lors l’être humain est un être de sens, pas un ange, un pur intellect. Il n’accède au réel que par le moyen de ses sens. Des sens qui limitent et ouvrent à la fois. Signe de finitude. Ici se pose aussi la question des relations de ce que l’on appelle l’âme et le corps, le corps et l’esprit, la dimension spirituelle en fonctionnant de toute façon dans le corps qu’à l’occasion des sens, les fameux cinq sens. Les sens en cause jusqu’à l’intuition et à ce qui relève de l’inconscient personnel et collectif ; au fondement, au carrefour, du démoniaque, ce puits de l’idolâtrie. L’homme être confus, complexe, qui de sa dualité perçoit la dimension aberrante de sa propre mort. Les anthropologues contemporains y ont vu le lieu de rupture qui marque l’humain : le moment de l’apparition des premières tombes intentionnelles.

 

 

R.P.

 

 

 

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Sur le temps liturgique

Par rolpoup :: vendredi 26 janvier 2007 à 0:00 :: En Principe

 

  

 

 

 


Sur le temps liturgique

 

 

 

 

Le Paradis terrestre et la géographie  

 

Où se situait le Paradis terrestre ? Une question qui a arrêté les théologiens jusqu’à ce que le rationalisme vienne expliquer qu’il n’était évidemment pas localisé ! Quelle nouvelle, accompagnée de la certitude que les anciens étaient bien obtus !

 

Nombre d'exégètes contemporains dont la pensée par ailleurs fort intéressante offre nombre d’ouvertures, butent sur cette fermeture-ci : nos prédécesseurs antiques et médiévaux, et même ceux de la Renaissance, perdraient tout crédit pour avoir pensé devoir situer le Paradis terrestre — généralement vers Babylone. Et de juger incroyable que l'on ait pu adhérer à de tels mythes ! Nous voilà renvoyés à une raison tellement plus éclairée qu’elle délocalise totalement les lieux de nos exils. Et nous voilà du même coup mués en extraterrestres.

 

D’où sommes-nous exilés ? D’où avons-nous conçu notre exil métaphysique ? Israël se souvient de la Babylone d’Abraham, celle-là même où, au bord de ses fleuves, il pleure par la suite la Canaan perdue. Et où tout comme au désert, il a la nostalgie des concombres d’Égypte.

 

Babylone heureuse, aux jardins suspendus… Y a t-il autre paradis que ce temps heureux, ce temps qui se perd dans l’infini de la nostalgie qui renvoie au-delà de lui-même ? — qui renvoie hors l’histoire, au point que même à la fin de l’exil, l’exil perdure, devenu cosmique.

 

Y a t-il autre paradis que ce temps heureux, baigné des fleuves de Mésopotamie, et du fleuve d’Égypte et d’Éthiopie ? Où la mémoire s’embrume des larmes de la nostalgie d’un bonheur que l’on découvre lorsqu’on l’a perdu, lorsqu’on a su qu’il ne reviendra pas…

 

Géographique le Paradis ? Évidemment, comme l’on est du temps, qui a coulé et qui a planté ses kaïroubim ("chérubins") à l’épée flamboyante interdisant à tout jamais un retour, on est de la géographie plurielle de ce temps d’où l’on vient et qui ne coule que vers l’aval, vers la mer de demain.

 

Il n’est pas d’autre lieu de rencontre que le souvenir des joies perdues, voire des joies du ventre, pour le dire comme ces ascètes que furent les épicuriens de l’Antiquité, pour nous dire cette nostalgie d’un autre temps.

 

 

 

L’Atlantide et les extraterrestres

 

Autre temps auquel renvoie de mythe de l’Atlantide de Platon, pour un tout autre ailleurs — cela pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, rien de très différent d'un soleil à l'autre, d'une rive de la Méditerranée à l'autre. C’est le même ciel des Idées que Platon fait contempler à ses mythiques Atlantes, dont ils se seraient alors souvenus pour disparaître à jamais au jour de la chute dans les désirs secondaires, artificiels, ceux que ne satisfait pas la simple nature. Que les Athéniens, qui leur ont succédé, prennent garde ! Ici cependant pas de géographie repérable : l'Atlantide n'est pas vraiment un lieu.

 

Babylone en est un. Mais la Babylone de tous nos regrets, cette Égypte des temps perdus, s’est bâtie sur la même contemplation. Et bien que l'une comme l'autre montrent leur géographie présente, nous sommes déchus de leur souvenir passé, et n’y reviendrons pas.

 

Nous ne sommes pas déchus d’une Atlantide où nous n’avons jamais vécu. L’autre temps se marque, concernant l'Atlantide, par l’étrangeté, la différence radicale des deux mondes, celui-là, perdu et muthique, et le nôtre. Ici toute continuité est rompue. Les dieux seuls sont cantonnés dans le monde mythique.

 

Mais, en revanche, il n'y a pas de solution de continuité de Babylone-Paradis à Babylone-temps d’exil. En commun, toutefois : accès impossible — retour impossible. Kaïroubim et engloutissement, engloutissement et déluge.

 

La science géographique nous a appris qu’il n’y a pas de continent englouti au-delà des colonnes d’Hercule, pas d’Empire qui se serait étendu il y a dix mille ans de là à la Lybie. Pas d'Atlantide disparue.

 

Exilé radical, ce Paradis perdu. Mais demeure cette certitude enfouie que l’on est bien exilé de quelque part. Du sein maternel certes ; mais d’ailleurs aussi — quelque chose de commun.

 

D’où sont venus les Atlantes ? Quand la science nous interdit la découverte géographique d’un tel continent, la source des mythes, intarissable, nous prépare en un, « scientifique » celui-là : un Paradis extraterrestre — il suffisait d’y penser. C’est fait, on y a pensé.

 

Platon lui-même ne nous l’a t-il pas suggéré en nous donnant les dieux, êtres célestes, à l’origine, voire à l’origine biologique de la « race » des Atlantes.

 

La mythographie contemporaine et évolutionniste les retrouve chez les extraterrestres !

 

Un film comme « L’Âge de glace », évolutionniste s’il en est, voit apparaître dans une ancienne caverne de ces temps préhistoriques, une soucoupe volante prise dans la glace. L’enfant humain préhistorique y reconnaît des proches, saluant l’objet emprisonné.

 

Voilà donc bel et bien des Atlantes célestes, qui ont accédé avant nous à des techniques qui nous restent futuristes ; éternel retour des lendemains de notre évolution envisagée.

 

Contrairement à ce qu’il en est de Babylone, nos mythiques congénères extraterrestres nous sont toujours aussi étrangers que les Atlantes. Ils nous sont aussi, plus qu’eux encore, des dieux.

 

C’est là qu’est la dérive la plus considérable, consécutive à la perte de la dimension géographique de notre sens de l’exil. Nous savons bien que nous ne sommes pas eux.

 

 

 

Au-delà de la géographie


Si l’on revient à notre exil babylonien, exil ambigu, double exil, puisqu’il porte sa dimension nostalgique — on a perdu le temps heureux du paradis babylonien ; et malheureux en ce que l’exil babylonien l’est aussi au sens où Babylone, plus que lieu regretté, est le lieu de l’exil dans le malheur.

 

En ce sens, il n’est pas souhaitable d’y retourner ! Il faut à tout prix s’en échapper. Les kaïroubim en ferment donc l’accès pour notre bonheur.

 

Pas question donc de vénérer des dieux rescapés d’un Paradis fermé, seraient-ils les extraterrestres de nos mythes atlantes contemporains configurant des paradis que l’on voudrait retrouvés.

 

Ils restent les survivants mythiques égarés d’un exil qui nous est, à nous, au fond, exode, envoi sur une route vers la Jérusalem céleste, au ciel des Idées, Jérusalem qu’ont contemplée toutes civilisations que peuvent typifier les mythiques Atlantes ; puis les Hellènes athéniens ; et en avant d’eux Moïse, qui y a fondé pour Israël le modèle de tout temple terrestre, tabernacle au désert.

 

 

Le temps liturgique, cet autre temps inauguré dans la contemplation du tabernacle céleste du Sinaï et dévoilé dans le Christ ressuscité, apparu sur le Mont de la Transfiguration, est la désignation toujours renouvelée de cet au-delà de la géographie vers où l’on est appelé via le transit dans les espaces géographiques de nos exils et de nos exodes, de nos paradis et de leurs pertes, qui le chargent de sa réalité.

 

Célébration qui réoriente les hommes et où les anges désirent plonger leur regard.

 

 

R.P.

 

 

 

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Credo

Par rolpoup :: jeudi 25 janvier 2007 à 7:26 :: En Principe

  

 

 

 

 


Credo

 

 

 

 


 
« Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28, 19).

 

Tout commence par la résurrection. Fondement de la foi chrétienne. Et le Ressuscité envoie ses disciples par cette parole.

 

Parole au départ de l’envoi des disciples aux nations par le Ressuscité, c’est là le programme du christianisme. Parole ternaire, trinitaire, qui caractérise la foi chrétienne et fonde son contenu.

 

Parole initiale, et confession de foi d’entrée dans la vie chrétienne ; parole fondement d’une autre foi en train de naître. Les confessions de foi chrétiennes ultérieures en sont autant de développements circonstanciés ; méditatifs, et apologétiques.

 

Acte de foi d’un devenir disciples ; disciples d’une foi à trois termes ; c‘est là ce qui frappe d’emblée à la considération des Credos chrétiens. Un triple « credo » : foi en Dieu Père, et Fils, et Esprit Saint.

 

« Credo ». Spécificité de l’initialité chrétienne. Fondée sur la foi à la résurrection de Jésus.

 

Le judaïsme, qui est le premier vis-à-vis face auquel le christianisme est une autre foi, se signifie par un appel : « sh’ma », « écoute » Israël.

 

L’islam, issu aussi en grande partie de la tradition juive puis chrétienne, se pose comme un témoignage : la « shahada » : « je témoigne ». Affirmation de l’Unicité de Dieu.

 

Le bouddhisme, autre religion universelle avec le christianisme et l’islam s’édifie sur une connaissance, une prise de conscience, celle des quatre vérités.

 

Etc.

 

Le christianisme se spécifie par ce qu’il affirme d’emblée se recevoir dans la foi : « credo ». Adhésion personnelle à une foi commune, et foi autre que toutes les fois. Adhésion par laquelle un peuple se constitue, se spécifie ; une autre foi s’est fait jour dans la résurrection du Christ.

 

Autre foi en vis-à-vis de son premier fondement, Israël — et, puisqu’il s’agit d’un envoi vers les (autres) nations, autre foi, bientôt, en vis-à-vis aussi de leurs traditions diverses.

 

« Credo » prononcé dans les langues des nations, le latin après le grec,… et puis toutes les autres langues.

 

Foi commune, qui peut se dire au pluriel, « nous croyons », et qui se reçoit au singulier, le singulier des nations ou des individus qui les composent : « je crois », « credo ».

 

Parole issue du Ressuscité, et donnée par là-même comme ternaire. Par sa Résurrection, Jésus est proclamé Fils de Dieu, le Père ; établi Fils de Dieu, selon l’Esprit Saint (Ro 1, 4).

 

Dieu, Père du Fils selon l’Esprit Saint. Le « credo » se reçoit comme foi dans son entièreté. Le Père y est en premier lieu Père de Jésus-Christ, le Ressuscité, selon l’Esprit Saint.

 

On ne coupe pas le Credo en tranches, serait-ce en trois tranches ! Encore moins en quatre tranches, l’Église formant un quatrième terme ! Et à, plus forte raison en petites tranches correspondant à chacun de ses mots. La composition en est minutieusement articulée, complète, tissée de références bibliques imbriquées. Chaque note en est un lieu d’accentuation et pas une entité indépendante.

 

 

Au jour où le credo n’a pas bonne presse, il n’est pas inutile de considérer que c’est en soi un texte apologétique, qui défend une foi et qui vaut d’être défendu aujourd’hui encore.

 

Il défend cette foi parce que foi autre, en décalage. Et suspecte pour cela, hier comme aujourd’hui. On est toujours, aujourd’hui comme hier, tenté d’en arrondir les angles, d’en brader donc, éventuellement, tel article jugé choquant, daté, théologiquement douteux.

 

C’est pourtant une telle méthodologie qu’il convient d’éviter, si on veut entrer dans cette foi autre.

 

Il convient de poser d’emblée un acte d’humilité vis-à-vis du Credo, comme dire « credo » est un acte d’humilité. Acte d’humilité aussi à l’égard de ceux qui ont construit réflexions et dogmatiques — autant d’œuvres apologétiques, fussent-elles maladroites — à travers le temps et à partir de cette parole de foi.

 

Humilité aussi à l’égard des traditions qui ne l’ont pas faite sienne, cette autre foi. L’apologétique est, comme son nom l’indique, acte d’humilité : « apologeo », « je m’excuse ».

 

Entrer dans cette autre foi est aussi s’inscrire dans une tradition, autre, mais développée parmi et à côté de tant d’autres. Humilité encore.

 

Humilité en outre, du fait de la conscience de ce que cette autre foi pose un changement de registre inaccessible à « l’homme naturel » ; accès à la présence du Ressuscité.

 

 

On connaît l’histoire des deux rabbins s’interrogeant sur l’existence de Dieu et concluant par la négative. Sur quoi l’un d’eux se recouvre de son talith et commence ses prières ! L’autre lui signalant sa surprise compte tenu de l’aboutissement de leur discussion, le premier répond : « qu’est-ce que ça change ? »

 

Tel peut être le type d’humilité requise face au Credo. On n’a pas forcément pénétré tous les chemins sur lesquels il conduit, on est éventuellement troublé par des inductions qui semblent devenues incongrues. L’humilité reste de mise. On est dans une relation de foi ; qui n’exclut pas que l’on pose toutes les interrogations qu’ont posées les rabbins en restant dans l’humilité de la foi donnée.

 

 

R.P.

 

 

 

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Table des matières (1)

Par rolpoup :: mercredi 24 janvier 2007 à 0:17 :: Général

 

  


(-> LA SUITE ICI...)

 



 

-> Credo

 

 

 

-> Sur le temps liturgiquE

 

 

 

-> MÉditation sur la GenÈse

 

 

 

-> Mythes des Origines et problÈme du mal

 

 

 

-> LA Bible, le Vin, la Vigne

 

 

 

-> Le figuier, l’exil et la promesse

 

 

 

-> LE GOLEM

 

 

 

-> L’exil et la nostalgie

 

 

 

-> Entre mal et néant

 

 

 

-> « Racheter le temps »

 

 

 

-> Un Dieu absent et sourd ?

 

 

 

-> Dieu - PÈre Tout-Puissant

 

 

 

-> Guerres et violence dans la Bible

 

 

 

-> juifs ou JudÉens ?

 

 

 

-> Incarnation

 

 

 

-> Parole & Écriture

 

 

 

-> De la parole humiliée à la Parole de Vie

 

 

 

-> "J’ai mis devant toi la vie et la mort"…

 

 

 

-> "Tu choisiras la vie"

 

 

 

-> Quid de l'Esprit saint ?

 

 

 

-> « L’essentiel est invisible pour les yeux » 
Amour de Dieu, amour humain

 

 

 

-> La pulsion et la nostalgie

 

 

 

-> De la beauté

 

 

 

-> « Je suis noire et belle… »

 

 

 

-> DEMANDEURS DE RITES
NUPTIAUX AUJOURD’HUI :
ENTRE REICH ET SAINT AUGUSTIN

 

 

 

-> L’autre rêvé, l’autre réel

 

 

 

-> AlÉas de l’histoire d’un rite de passage

 

 

 

-> Sur l’Épître de Paul aux Galates

 

 

 

-> CORINTHE, LA VILLE COSMOPOLITE :
VIVRE ENSEMBLE DANS LA DIVERSITÉ

 

 

 

-> HÉrÉsie et monachisme. 
Racines médiÉvales de la RÉforme

 

 

 

-> L’hérésie dans l’histoire comme éternité embourbée

 

 

 

-> Les cathares et la nostalgie de l’éternité

 

 

 

-> Dans les tuniques d'oubli, des signes de mémoire

 

 

 

-> Esquisse d’une histoire de
la thÉologie du catharisme

 

 

 

-> La lÉgende des cathares — et l’histoire

 

 

 

-> LES CATHARES LA RÉINCARNATION
ET LE FER À CHEVAL

 

 

 

-> Christologie coranique

 

 

 

-> La crucifixion comme ÉlÉvation :
rencontre islamo-cathare ?

 

 

 

-> Les cathares et l'ImmaculÉe Conception

 

 

 

-> De la JÉrusalem cÉleste à Babylone

 

 

 

-> Basculement dualiste en Occident médiéval

 

 

 

-> RÉforme et mouvements prÉcurseurs

 

 

 

-> Cathares et protestants

 

 

 

-> Thomas d’Aquin et les protestants

 

 

 

-> Du catharisme au calvinisme ?
Ou : mais qu'allaient-ils donc faire
dans cette galÈre ?

 

 

 

-> Léon X et Luther

 

 

 

-> Luther — la justification par la foi

 

 

 

-> Prédestination...

 

 

 

-> Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance

 

 

 

-> LE CALVINISME ET L'INSTITUTION DANS LA CITÉ
DE LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE LUTHÉRIENNE

 

 

 

-> Calvin Aujourd’hui…

 

 

 

-> Autour de l’Édit de Nantes

 

 

 

-> LA RELIGION DE JOHN WESLEY :
UN CALVINISME PARADOXAL ?

 

 

 

-> De la Réforme
aux mouvements évangéliques

 

 

Table des matières (2)

Par rolpoup :: mercredi 24 janvier 2007 à 0:14 :: Général

 

 

 

-> Martin Luther King — quarante ans après

 

 

 

-> Le public et le privé, entre l’intime et le commun

 

 

 

-> LaïcitÉ et libertÉ religieuse
pas de pack alternatif À
la « convention » commune

 

 

 

-> La Raison ruse encore :
un cas contemporain

 

 

 

-> sur la déclaration «DOMINUS IESUS»

 

 

 

-> Benoît XVI à Ratisbonne :
la raison, les religions et la violence

 

 

 

-> Sur Benoît XVI à Ratisbonne (2)

 

 

 

-> Comment peut-on n’être pas « libéral » ?

 

 

 

-> L’Église ne se reproduit pas
de façon biologique !
 

 

 

 

-> L’ « humanitaire » : où le message
de la Réforme reprend de l’actualité

 

 

 

-> Argent : Usure si on le sert…
Quand le symbole devient idole

 

 

 

-> Le chômage contre le repos

 

 

 

-> Questions d’action

 

 

 

-> La Shoah et le Sacré

 

 

 

-> Pour en finir avec
la « concurrence des mémoires »

 

 

 

-> Le problème de la colonisation

 

 

 

-> Sur une citation
de « Tartarin de Tarascon »

 

 

 

-> Relations franco-africaines :
que sait-on de nos colonies ?

 

 

 

-> La lampe d’Aladin

 

 

 

-> Théodore Monod, les Béatitudes comme horizon

 

 

 

-> Protestantisme mystique ?

 

 

 

-> CIORAN ET LE PASSÉ OCCULTÉ,
une mauvaise fréquentation

 

 

 

-> Onfray, c’est show…

 

 

 

-> RÉINCARNATION ? RÉSURRECTION ?

 

 

 

-> LA BIBLE ET LA MORT :
QU'EN EST-IL DE LA RÉINCARNATION ?

 

 

 

-> Science et foi

 

 

 

-> Une civilisation qui ruse avec ses principes…

 

 

 

-> Allegri - Miserere

 

 

 

-> « Contre toute espérance »

 

 

 

-> Vers une nouvelle Création

 

 

 

-> Transfiguration

 

 

 

-> “J’habiterai au milieu d’eux”

 

 

 

-> «Marie-Madeleine» et Jésus,
Du Da Vinci Code à Talpiot…

 

 

 

-> À propos d’une des dernières
sépultures de Jésus,
l’ossuaire de Talpiot…

 

 

 

-> RÉsurrection de la chair

 

 

 

-> « JÉsus souffla sur eux »…

 

 

 Suite...

Et aussi :
Index Une autre chose
Index Un autre temps
Index Un autre jour
Index Propos de toile

Etc., etc., etc.
(Index dans les colonnes
de droite sous "Archives")

 

...

Par rolpoup :: mardi 23 janvier 2007 à 8:29 :: Général



  À propos de...



Roland Poupin,
pasteur de l’Église Protestante Unie de France,


On trouvera ici un peu de tout et autre chose,
interrogations sur une autre foi,
introductions et développements d’un autre aspect des choses…
Autant de propos de toile (de simples propos de toile cirée)…
Cueillis ici ou là et d’un autre côté, celui des lectures et méditations bibliques,
dans le cours d’un temps qui passe…









Il a mis

dans leur cœur

la pensée de l’éternité



גַּם אֶת־הָעֹלָם נָתַן בְּלִבָּם



Qohéleth 3, 11














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