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Science et foi

Par rolpoup :: mercredi 31 janvier 2007 à 21:37 :: Raison & déraison

 

 

 

 

 


Science et foi

 

 

 

 

1) Foi et compréhension

 

Une conviction classique en christianisme est que pour comprendre un objet d’étude, il faut une certaine foi.

Cela est résumé dans une formule connue, qui vaut d’être citée texto. L’auteur en est Augustin — saint Augustin : « Credo ut intelligam » — « je crois afin de comprendre ».

On peut aussi mentionner la formule approchante d’Anselme de Canterbury — saint Anselme : « Fides quaerens intellectum » — « la foi à la recherche de la compréhension ».

Mais, pensera-t-on à juste titre, cela concerne la religion ! Il s’agit de croire le donné de la Foi pour espérer le comprendre. Il s’agit d’adhérer à l’enseignement de l’Église, à ce que le même Augustin appelait la Foi à croire (avec ici, en français, une majuscule à Foi) (« fides quae creditur »), la Foi objective, que reçoit la foi par laquelle je crois (« fides qua creditur »), ma foi, subjective.

Bref, il me faut une certaine acceptation, par la foi, de ce qu’on m’enseigne pour parvenir à une certaine compréhension.

Eh bien, si cela vaut pour la religion, cela vaut aussi pour d’autres domaines. C’est ce que remarquait Thomas d’Aquin citant Aristote qui écrivait : « il faut croire si l’on veut apprendre » (« oportet addiscentem credere »).

Ce que veut dire Aristote par là, c’est qu’on ne peut bâtir, progresser en science, que sur des acquis antérieurs.

On ne demande pas à chaque génération de repartir avec l’invention du fil à couper le beurre.

Pour donner un exemple, lorsqu’on enseigne la géométrie à des enfants, on leur demande d’appliquer le théorème dit « de Thalès », ou celui dit « de Pythagore », sans penser qu’ils en comprennent tous les aspects. Bref on leur demande de croire.

On pourrait en dire autant à un autre niveau avec l’équation d’Einstein E = mc2. Elle est très connue, on la trouve imprimée sur des tee-shirts, mais pour son développement, c’est autre chose. Et l’on ne demande pas à des étudiants qui entreprendraient l’étude de la relativité de la réinventer, mais tout d’abord, de la croire. Ensuite, lorsqu’ils auront compris, ils n’auront plus de besoin de croire, tout comme pour le théorème de Thalès. Il ne sera même pas interdit aux plus avancés, de questionner les raisonnements et les théorèmes qu’ils ont dû tout d’abord croire.

Bref, le progrès en science suppose un certain exercice de foi envers ceux qui nous ont précédés.

 

 

2) Compréhension et classification

 

Ayant compris certaines choses, il s’agit alors de les classer. Et cela d’autant plus que les connaissances s’accumulent. Un des classements est l’ordre alphabétique, adopté par les Encyclopédistes.

Un classement classique des choses est celui qui va du pluriel au singulier, du complexe au simple. Du multiple à l’un. Des individus, aux espèces, aux genres, etc.

On range le multiple en catégories : par exemple les chiens individuels, auxquels seuls nous avons accès, sont rangés par ce qu’ils ont en commun : être de l’espèce canine. Puis les chiens et les chats sont rangés par ce qu’ils ont en commun : être du genre animal. Etc. Réalités individuelles, classements spécifiques, classements généraux.

 

 

3) Classification et abstraction

 

La question qui s’est posée à un moment donné de l’histoire de la pensée, de la science, est de savoir si le « canin », par exemple, existe vraiment. Ce chien individuel, existe, cet autre chien individuel, de même (Mick et Kévin, pour les nommer). Mais qu’en est-il du « canin » ? Du concept de « canin » ? Existe-t-il en soi, ou est-ce un nom, ou un concept, pour désigner ce que les chiens Mick et Kévin ont en commun : être de l’espèce canine ?

Cette question a occupé le Moyen-Âge occidental sous le nom connu de « controverse des universaux » (des notions universelles, ou générales). Les uns, les « réalistes » » croyaient à l’existence réelle de ces concepts universels (dans la pensée de Dieu) ; les autres, les « nominalistes » ou « conceptualistes », pensaient que n’existaient que les réalités individuelles et que ces concepts n’étaient que des « noms » pour les classer.

À ce point on se rend compte qu’en classifiant, on a procédé par abstraction : on a abstrait le point commun — par exemple : « canin » — de réalités individuelles distinctes — des deux chiens Mick et Kévin.

Ces abstractions sont les essences — substantif pluriel du mot être —, les structures et les chiffres.

Le chiffre est la structure abstraite la plus épurée. On signifie ainsi une ligne droite, par exemple, par le chiffre 2, pour dire : d’un point à un autre. Un triangle par le 3. Etc.

 

 

4) Abstraction et métaphysique

 

Avec l’abstraction, on est sorti du domaine de l’observation, on est sorti du domaine des objets accessibles à nos sens. On est sorti du monde naturel, du monde de la physique, du monde du devenir.

Le verbe grec qui a donné « physique » désigne le devenir. Tout comme le mot latin qui le traduit, qui a donné en français « nature » et qui renvoie au verbe « naître ».

Le monde de la physique est le monde du devenir. Il s’oppose à ce qui est éternel, stable, qui ne devient pas, mais « est ».

Les chiffres sont naturellement dans ce domaine, ainsi que les structures et essences diverses.

De même, pour les Anciens, le monde des astres et des sphères célestes, qui parcourent un mouvement éternel et circulaire, est un monde qui échappe au devenir. Il est mû éternellement par un Premier moteur immobile, identifié à Dieu. Des intelligences célestes (pour le Moyen Âge, des anges) contemplent l’éternité de Dieu qu’elles imitent de leur mieux. Pour cela elles entraînent dans un mouvement circulaire (c’est-à-dire parfait) les sphères célestes, notamment les sept planètes qui leur sont comme attachées : celles du système solaire qui pour l’observateur d’alors tournent autour de la terre. Un mouvement circulaire qui imite au mieux la perfection divine.

On comprend que cet enseignement ne relève pas de la physique, échappe à l’observation de nos sens. On ne fait qu’induire, à partir de l’observation du mouvement céleste, qu’il doit en être ainsi. Aristote parle concernant ce domaine de la connaissance, de « philosophie première » ou de « théologie ». Un domaine qu’il classe « après la « physique » , en grec « méta ta physikè » = « métaphysique ».

Deux domaines de connaissance donc : physique, domaine du devenir accessible à nos sens ; et métaphysique, domaine céleste où l’on accède par un travail second par rapport à la simple observation.

 

 

5) Métaphysique et intuition

 

Cette élaboration « méta-physique », ou « sur-naturelle » rejoint ainsi le domaine « religieux », un domaine auquel on a accès par la foi et où l’intuition joue au départ un rôle décisif.

La réflexion qui bâtit le discours métaphysique pose un Premier moteur immobile unique.

N’est-ce pas là quelque chose de très proche de ce qui fait l’intuition primordiale dans la tradition biblique ? L’intuition d’Abraham assumée comme révélation, intuition selon laquelle Dieu est au-delà de tout ce que l’on peut voir — fût-ce des astres — ; au-delà de toutes les conceptions que l’on peut s’en faire (les « idoles) ?

Cette rencontre entre le travail d’abstraction qui participe de l’effort scientifique de classification et le donné fondamental de la foi biblique, l’intuition d’Abraham, l’intuition assumée comme révélation, fondera le carrefour du développement scientifique et de la foi du Moyen-Âge. C’est de la sorte que le Moyen-Âge nous lèguera l’héritage de l’Antiquité.

 

 

6) Intuition et subjectivité

 

Mais parlant d’intuition, on est bien dans le subjectif. Quoi de plus subjectif qu’une intuition ?

On se situe donc apparemment à l’opposé de la science qui doit se montrer « objective ».

Où cette rencontre de l’effort d’abstraction et de ce que l’intuition a conçu au préalable, a priori, pose un questionnement décisif : en fait, le réel n’est-il pas au-delà (ou en deçà) du travail qui consiste à généraliser ?

Le réel m’advient en effet comme réalité concrète, individuelle, antécédemment aux classifications que je vais pourvoir en faire. Et d’ailleurs, je ne rencontre pas le réel dans ces classifications. Je ne le rencontre que comme exception, jamais comme généralité.

On est ici au cœur de la critique adressée par Kierkegaard à l’égard de l’ « objectivité » « scientifique », du discours sur la « rationalité du réel ». La science ne dit rien sur l’exception, qui seule nous est donnée — et qui est donnée à notre subjectivité. L’exception, qui fait la réalité individuelle, n’est précisément pas reproductible en laboratoire !

Disant cela, le penseur luthérien Kierkegaard est héritier conscient de la protestation du Réformateur Martin Luther : je ne reçois le message évangélique que par la foi. La foi comme confiance. L’événement de la venue du Christ ne saurait avoir de sens pour le croyant comme simple enseignement : cet enseignement doit être reçu de façon subjective, reçu par ma confiance subjective (« fiducia »).

Et cela vaut pour toute rencontre, pour l’appréhension de quelque objet que ce soit.

 

 

7) Subjectivité et récit

 

Cela dit, le réel se donne, et se communique, par le détour d’un récit, qui fait lien (et d’une autre façon, notamment quand il est récit collectif, « généralise ») entre des événements disparates et exceptionnels.

Par le récit, je mets à distance mon approche et mon intuition du réel, y compris mon approche de moi-même — d’où l’importance de pouvoir se dire, de pouvoir donner un récit, donner donc une cohérence aux événements, a priori disparates, qui font ma vie.

Cela vaut aussi pour l’histoire collective, qui donne cohérence, dans un récit à un peuple, une nations, etc.

D’où les difficultés du travail historique quand adviennent des pans d’histoire que le récit collectif n’a pas encore su prendre en compte (voir la période actuelle en France et le débat sur une supposée « concurrence des mémoires »).

Les découvertes scientifiques elle-mêmes sont appelées à être dites dans un récit. D’où ici aussi les conflits, lorsqu’une découverte bouleverse le récit admis jusque là.

 

 

8) Récit et objet

 

Le récit est le fait de l’observateur (des observateurs) des faits, reproductibles en laboratoire pour être dits à proprement parler « scientifiques ».

Or on sait que l’observateur a une incidence sur les faits. C’est un acquis de la micro-physique.

Mais cela peut s’illustrer assez simplement par un exemple trivial. Imaginons un citoyen Lambda qui penserait pouvoir n’avoir aucune incidence sur la vie de la Cité en se contentant de regarder à la télévision l’agitation de ses contemporains. Neutre, objectif, ledit lambda ? Quoique ! Depuis la fin des années 1960 avec la multiplication des citoyens lambda contemplant le monde à la télévision, le monde a considérablement changé par le fait même de cette multiplication. Un simple exemple : on ne sort plus les chaises sur le trottoir les soirs d’été pour discuter avec les voisins : on regarde la télé. Qui mesurera l’incidence sur le monde du neutre citoyen Lambda ?

Bref, concernant la science, ma subjectivité lorsque je fais de la recherche, ma conception préalable du monde, en un mot la foi par laquelle je l’aborde, ne sera pas sans incidence sur mon observation, et sur mon récit, ou la façon dont je vais relier les faits observés. Cela vaut aussi naturellement pour tout équivalent de la « foi » — ne serait-ce que la fidélité à une théorie reçue, et cela serait-il nommé « non-foi », ou serait-il le fait d’un « agnostique » !

 

 

9) Objet et foi

 

C’est la source des célèbres conflits des interprétations — et des interprétations crues.

L’exemple le plus fameux est le conflit Galilée / Aristote, car c’est d’un conflit Galilée / Aristote qu’il s’est agi lors du procès de Galilée.

Le récit biblique avait alors été relu depuis longtemps à la lumière d’Aristote : ce récit ne dit pas lui-même ce que dit Aristote (ni a fortiori ce que dit Galilée !). Les visions du monde y sont diverses, depuis la vision des antiquités égyptienne et babylonienne, jusqu’à celles partagées par les peuples gréco-latins.

Aristote est devenu la norme scientifique au Moyen-Âge, son géocentrisme inclus. La philosophie de la « substance » d’Aristote est même devenue le support du dogme de la transsubstantiation (la transformation miraculeuse de la substance du pain et du vin en corps et sang du Christ de l’Eucharistie).

Lorsque Galilée avec sa lunette a remis en question la vision du monde admise, celle d’Aristote, il a tout bonnement bouleversé le récit collectif admis… Conflit des interprétations des faits. Conflit de deux subjectivités collectives, similaire à ceux qui agitent actuellement la société française autour de la façon dont on va gérer les faits « nouveaux », ou nouvellement soulignés, concernant notre histoire commune.

Comment articuler le récit admis avec les nouveaux faits observés avec la lunette de Galilée ? Sur quel récit, ou quelle synthèse nouvelle allait s’accorder la foi, la subjectivité collective ?

 

 

R.P.

Cannes — Institut Stanislas

30 janvier 2007

 

 

 

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