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Quid de l'Esprit saint ?

Par rolpoup :: lundi 19 février 2007 à 15:57 :: L'Église et ses façons

 

 

 

 

 



« Je crois en l'Esprit saint… »

 

  

 

 

Il semble que l'on assiste à notre époque à une sorte de renouveau de l'Esprit, selon un des titres d'un mouvement qui précisément se veut porteur de ce renouveau (dit "charismatique" selon sa revendication de vivre les "charismes", c'est-à-dire les dons de l'Esprit).

 

Le constat de l'occultation de l'Esprit dans le christianisme classique fait que concernant l’article du Credo sur l’Esprit saint, on parle spontanément de ce mouvement, dit "charismatique" donc, qui entend retrouver cet Esprit disparu (cela pour se limiter aux Eglises chrétiennes, car il faudrait peut-être aussi parler du New-Age - qui n'est pas toujours sans rapport avec cela ! - ainsi que des sectes qui lui ont préparé le chemin, mais ce serait trop étendre notre sujet).

 

Occultation de l'Esprit a-t-on dit. Car il faut le constater, les dogmatiques et catéchismes classiques du christianisme occidental, que ce soit dans les traditions libérales ou orthodoxes, protestantes ou catholiques, ne lui laissent que peu de place, lui substituant volontiers l'ecclésiologie (doctrine de l'Eglise). Ayant parlé du Christ on passe directement à l'Eglise qui le livre dans les sacrements (cela surtout du côté catholique il faut le dire).

 

Ou à l'inverse on tend parfois à s'interrompre (surtout côté protestant ici), avec la christologie, ce qui concerne le Christ, quand la christologie ne va pas jusqu'à quasi-abolir de même ce qui concerne le Père, relégué volontiers comme second article d'un Credo - dont le Fils devient le premier !

 

Ayant parlé du Christ, en premier, on mentionne puisqu'il faut bien le faire, le Père puis l'Esprit.

 

On est en cela, dans tous les cas, plus qu'on voudrait le croire, héritier d'un coup d'Etat théologique (accompagnant le coup d’Etat politique qu’est la création par le pape et Charlemagne de l’Empire d’Occident germanique) - qui fait dépendre l'Esprit du Fils. C'est à la suite de ce coup d'Etat carolingien, donc - que, de plus en plus, le Saint-Esprit sera dit procéder et du Fils (en latin filioque), et du Père. En d'autres termes, on se trouve ainsi, depuis des temps fort reculés dans le christianisme occidental, avec un Saint Esprit en forme d'appendice d'une christologie qui - tout cela y est lié - en vient jusqu'à phagocyter le Père tout en hypertrophiant l'institution ecclésiale.

 

Le lien entre les deux aspects de l'atrophie face à l'hypertrophie de l'Eglise qui prolonge le Fils, atrophie du Père et de l'Esprit est à chercher dans ce qu'exprime le coup d'Etat théologico-politique relatif au Saint-Esprit, opéré donc dans l'Eglise carolingienne.

 

On a parlé du filioque. On ne s'attachera pas à discerner si le coup d'Etat théologique carolingien est cause ou conséquence ou simple symptôme d'une tendance latente. Reste que ce que signifie le filioque est devenu normatif, étant entré dans la liturgie occidentale en ayant été ajouté depuis l'époque caroligienne à la version latine du Symbole non pas des Apôtres, mais de Nicée-Constantinople. C'est un terme qui a été rajouté de façon unilatérale à la formule selon laquelle "le Saint-Esprit procède du Père" formule commune au Nouveau Testament (Jn 15:26 - "Je vous enverrai, dit Jésus, l'Esprit de Vérité qui procède du Père") ; formule commune donc au Nouveau Testament et à la Confession de foi originelle de Nicée-Constantinople, conservée par les orthodoxes orientaux.

 

En parallèle avec le coup d'Etat strictement politique carolingien, fomenté dans un accord entre le pouvoir franc et la papauté, à l'appui de faux documents (les décrétales d'Isidore et la prétendue donation de Constantin) - l'Occident se distinguait en rajoutant donc unilatéralement ce fameux filioque, voulant que le Saint-Esprit "procède du Père et du Fils". Le surajout est loin d'être indifférent - outre son illégitimité juridique, qui irrite jusqu'à aujourd'hui les orthodoxes ; - d'autant moins indifférent que contrairement au Père qu'on ne connaît que par le Fils, le Fils est relativement bien saisissable. Du coup - et cela encore une fois sans savoir si la formule est cause, conséquence ou tout simplement symptôme - le Saint-Esprit, s'il procède aussi du Fils, perd une part de son mystère propre, et tend à devenir superposition quasi-superflue à terme, du Fils, lui-même en parallèle, tendant à se substituer au Père et à s'auto-prolonger dans l'Eglise.

 

Précisons que parlant de forfait politique occidental, il point question d'exonérer la tradition orthodoxe, notamment sur le plan politique justement. Son maintien de la Confession ancienne de la Foi ne l'a nullement empêchée de se faire l'allié le plus sûr de l'autocratie impériale romaine (quand ce n’est pas des dictatures qui en sont issues, depuis les tsars jusqu'à Staline). C'est qu'au lieu de contester radicalement, au nom de la parole biblique contre les idoles, le culte de la personnalité des Empereurs et de leurs successeurs qui exhibaient leurs icônes, l'orthodoxie s'est contentée de leur conjoindre celle du Christ au prix de contorsions avec le Décalogue. Ici aussi, la constatation s'impose. Peu importe qu'il y ait dans ce fait, cause, conséquence, ou simple symptôme.

 

Cela dit, le constat de la faillite politique de l'orthodoxie n'empêche pas non plus l'Occident, on le sait, d'avoir outrepassé ses prérogatives, à commencer par la mise en place du filioque et de l'Empire carolingien.

 

 

Avant d'aller plus loin, quelques mot sur le Saint-Esprit dans le cadre plus large du Symbole des Apôtres et des Symboles œcuméniques, notamment celui de Nicée-Constantinople, donc.

 

Comme son nom l'indique, un Symbole symbolise. Il symbolise en l'occurrence le donné global de la Foi. En tant que tel, et comme héritage, il est incontournable. Dès lors, au risque de vous surprendre, je vous dirai que j'adhère aux grands Symboles œcuménique, principalement - en accord avec la Déclaration de Foi de l'Eglise Réformée de France (ERF) de 1938 - au Symbole dit des Apôtres et à celui de Nicée-Constantinople (sous sa forme originelle - orientale - cela va sans dire).

 

Comme tout un chacun en christianisme, ce n'est pas ex-nihilo que je reçois la Foi que je confesse ("la foi vient de ce qu'on entend rappelle Paul aux Romains" - ch.10).

 

Nos Symboles de Foi sont ecclésiaux (et ne confessons-nous pas la sainte Eglise universelle dans l'article sur l'Esprit Saint ?) ; nos Symboles ont pour point de départ, diversifié ensuite, les confessions apostoliques que l'on trouve dans le Nouveau Testament. Confessions christologiques (Jésus est le Messie), binaires (le Père a envoyé son Fils), ou ternaires (c'est-à-dire trinitaires, comme la Confession baptismale et nos Symboles communs).

 

Ces Confessions anciennes ont suivi le mouvement d'expansion de l'Eglise dès le temps du Nouveau Testament ; ce faisant elles se sont chargées de réponses à tel ou tel besoin, polémique, local. On trouvera dans le livre donnant les Commentaires du Credo de Rufin (cf. note [1]) et Fortunat, tout un bouquet éclos dans les diverses régions géographiques de l'Eglise ancienne. Autant de réponses, polémiques donc, car les Confessions de Foi ont aussi une fonction limitative. Par exemple, en parlant de la chair du Christ, elles limitaient en s'opposant à ceux qui voulaient nier son Incarnation réelle.

 

Les Eglises locales ont ainsi d'abord reçu et formulé chacune à sa façon le donné de la Foi apostolique, cela dans leur diversité, puis dans un deuxième mouvement, en parallèle, dans la conscience de leur unité dans leur diversité, elles se sont efforcées de ramener à la communauté œcuménique leurs formulations propres.

 

Le donné confessionnel œcuménique par excellence est le Symbole de Nicée-Constantinople, sous sa forme orientale. Il date du IVe siècle (325/381) ; déclaré œcuménique en 431, à Ephèse, en ce qui concerne le Concile de Constantinople de 381, et donc l'article sur le Saint-Esprit.

 

Les autres Symboles sont plus localisés, le Symbole des Apôtres étant celui du monde latin, dont nous sommes issus, catholiques comme protestants. Il y en a donc d'autres, notamment en Orient [2]. Avant d'être une monarchie romaine, illusion occidentale, l'Eglise ancienne était une pentarchie, illusion moindre, quoique déjà relative illusion provinciale dans l'Empire romain ; auparavant l'organisation en était infiniment plus souple et diverse, cela dans la conscience de sa dimension œcuménique. Concernant le Symbole occidental, celui des Apôtres, bien que postérieur, dans sa forme définitive, à celui de Nicée-Constantinople, il le précède dans son origine. Au-delà de son ancienneté, sa légitimité, entérinée par toutes les Eglises d'Occident, est en lien précis avec le fait qu'il n'outrepasse ni ne trahit le Symbole de Nicée-Constantinople.

 

Toute Confession ou Déclaration de Foi locale ultérieure à un Symbole de Foi œcuménique - le plus œcuménique étant donc de fait Nicée-Constantinople sous sa forme orientale -, toute Confession de Foi ultérieure non œcuménique ne pouvant être - c'est un pléonasme - que circonstancielle et locale, ne devrait donc normalement prendre place qu'occasionnellement dans la liturgie du culte. L'utilisation de Symboles locaux, nationaux ou régionaux, ne devrait donc qu'être ponctuelle. Elle est pleinement légitime, nécessaire, dans certaines circonstances - je pense à la Déclaration de Barmen de l'Eglise confessante contre le nazisme, dans le protestantisme d'Allemagne en 1934. Circonstancielles aussi, les Déclarations constitutives, que ce soit par exemple celle de l'ERF, du Concile de Trente ou de Vatican I ou II n'ont pas normalement de fonction cultuelle ordinaire (ou qu'exceptionnelle - employées plutôt lors de la ratification d'un ministère par exemple), sous peine tout simplement, en étant employé lors des cultes ordinaires, d'être en obstacle à la vocation œcuménique de l'Eglise et à sa nature universelle. Illégitimité de Confessions de Foi proprement réformées, luthériennes, catholiques romaines, ou autres, au culte, sauf exception occasionnelle ; illégitimité à plus forte raison, cela va sans dire, de la Confession de foi personnelle d'un pasteur ou autre liturge dans la liturgie du culte [3]. Quant à la formule locale du filioque, apparemment indifférente, l'ajout occidental a été le signe de troubles considérables puisque, dès le Moyen-Age, l'édifice ecclésiologique comme prolongement du Fils se substituait au Saint-Esprit censé en procéder, entraînant en contre-partie une série de réactions anti-ecclésiales, mais toujours dans un cadre "filioquiste", qui les faisait aboutir simplement dans le rationalisme. La raison de l'individu prend alors la place de l'institution ecclésiale opprimante, jusqu'à devenir étouffante à son tour et à donner naissance à l'anti-rationalisme du mouvement charismatique, ou à celui du New-Age, sans compter celui des sectes qui y ont conduit. Voyons donc un peu les racines du mouvement charismatique par où l'Esprit, bon an, mal an, fait retour.

 

 

Les divers renouveaux de piété de l'ère moderne, et aujourd'hui donc le mouvement charismatique, fonctionnent en relation avec une institution ayant depuis longtemps développé sa propre identité, massive, médiatrice incontournable, maternelle au point d'évincer le Père et d'annoncer sa mise à mort contemporaine - que cette médiatrice soit Eglise chrétienne ou déesse de la Raison. La fonction prophétique du mouvement le situe en vis-à-vis du reste de l'Eglise en tant qu'institution, qui se veut habituellement si incontournable. Dès ses origines, le mouvement contemporain se veut mouvement de réveil de la piété ; appel adressé à une Eglise jugée donc plus ou moins étouffante ou à tout le moins endormie, en vue d'un renouveau de vie spirituelle des individus. Il se manifeste aussi volontiers comme réaction contre le rationalisme ambiant - qu'il soit libéral ou orthodoxe, conséquence protestante logique de ce que symbolise le filioque, là où sa conséquence catholique est l'ecclésiocentrisme - et n'oublions pas que fondamentalement la Réforme est une protestation pour le Christ selon le Nouveau Testament par-delà les abus de cet ecclésiocentrisme.

 

Le mouvement charismatique contemporain, réaction, lui, contre le rationalisme ambiant, n'a quasiment aucun rapport avec le mouvement de l'Esprit de l'époque du Nouveau Testament : il ne réagit pas à la même chose. Contrairement à ce qu'il en était au temps des Apôtres, les mouvements revivalistes contemporains n'ont point pour propos de situer l'Eglise par rapport à sa relation de filiation à Israël dont elle est autonome depuis près de deux millénaires. (La façon contestable dont s'est effectuée la coupure originelle est un autre problème, problème on ne peut plus réel puisqu'il y a là l'origine certaine du massacre de six millions de juifs, problème dont on est encore mal dépêtré).

 

En réaction au rationalisme ambiant, le mouvement charismatique contemporain, lui, se caractérise dès lors souvent par des tendances individualistes et anti-rationalistes, voire parfois irrationalistes, d'où sa faveur pour le miraculeux et l'extraordinaire.

 

On tracerait son historique en remontant aux protestations monastiques médiévales, pour lesquelles la vie conventuelle ou érémitique était volonté d'une plus grande authenticité religieuse. C'est cette volonté d'authenticité, pour une bonne part, qui animait aussi les dissidences comme celles des cathares ou des vaudois, jusque dans ce qui est alors de fait une pré-Réforme. C'est encore cette même volonté d'authenticité qui s'est laïcisée durant le Bas Moyen-Age dans des mouvements comme celui des frères de la vie commune, héritiers de le devotio moderna.

 

Pensons aussi à ce mouvement strictement spiritualiste dont le Père de Lubac retrouve l'héritage jusque chez les Révolutionnaires contemporains - le mouvement de l'abbé calabrais du XIIe siècle, Joachim de Flore.

 

Ces exigences spirituelles sont aussi une des raisons du déplacement médiéval de la "confirmation" - dans cette onction d'huile symbolisant l'effusion de l'Esprit - de l'époque du baptême, peu après la naissance, à celle de l'adolescence, selon la pratique qui demeure jusqu'à nos jours celle de l'Eglise romaine - pratique reprise depuis les XVIIIe-XIXe siècles par nombre d'Eglises protestantes.

 

Les mouvements anabaptistes de la période de la Réforme manifestent le même souci en déplaçant l'âge du baptême ; sous une autre forme, ce souci sera encore celui du mouvement piétiste, exigeant une expérience de piété personnelle, conversion individuelle dont chaque croyant soit capable de témoigner en parole et en œuvres.

 

Combinant cet héritage reçu à travers le méthodisme et dans le cadre d'un puritanisme non exempt d'influences similaires, l'Angleterre du XIXe siècle voit naître les "mouvements de sainteté" qui exigent des manifestations visibles de la réalité de cette vie de piété personnelle. Signes visibles qui sont d'ailleurs loin d'être négligeables, puisqu'à une époque où les bonnes consciences chrétiennes ne s'émeuvent pas outre mesure du trafic des esclaves (200 000 millions de déportés), au XVIIIe siècle méthodistes et puritains (notamment quakers) sont les seuls à s'opposer jusqu'à obtenir effectivement l'abolition - pour l'Angleterre bien avant la France, qui ne l'a fait qu'il y a 150 ans.

 

Avec ces mouvements de sainteté, on côtoie le mouvement pentecôtiste contemporain qui naîtra aux Etats-Unis, aux débuts du XXe siècle, de cet héritage-là. Il y est requis que la sainteté se manifeste dans des "signes de puissance", mais pas simplement moraux, puisqu'au premier rang est le "parler en langues, évidence normale du baptême d'Esprit Saint". Comme dans les mouvements précédents dont ce renouveau est dans la lignée, il s'agit là d'une expérience consciente dont le sujet doit pouvoir rendre compte. On y précise que cette expérience est distincte de la foi. C'est à ce niveau-là que le pentecôtisme s'inscrit en vis-à-vis du reste de l'Eglise-institution, comme protestation en vue d'un réveil de la piété des individus - qui ne manque pas de générer de l'institution à son tour.

 

Le mouvement est alors suffisamment typé pour être inassimilable par la plupart des Eglises : naissent les Eglises pentecôtistes. Ce n'est que dans les années cinquante et soixante, que, suite aux assouplissements qui se font jour de part et d'autre, le mouvement, sous les titres "charismatique" ou "néo-pentecôtiste", pénètre les autres Eglises, catholique romaine inclue.

 

Le "parler en langues" se pratique couramment, mais de façon moins strictement obligatoire que dans les origines pentecôtistes (on tend à se sensibiliser aux excès possibles et aux dangers auxquels on peut exposer des personnes fragilisées, qui ne parvenant pas à "parler en langues", saisissent mal ce qu'elles peuvent percevoir comme une incompréhensible déréliction divine). L'accent se déplace vers d'autres aspects, non sans lien avec le légitime souci contemporain du bien-être et de la santé. C'est ainsi que, de nos jours (en n'étant peut-être pas toujours à l'abri de désirs de forcer le vouloir divin, déstabilisants pour qui ne bénéficiant pas de miracles promis, penserait devoir considérer sa foi comme insuffisante ou rejetée), on privilégie volontiers, dans ce que l'on nomme parfois la "troisième vague" du mouvement charismatique, le miraculeux et la guérison.

 

 

Si, comme on l'a dit, cela n'a que peu de rapports avec l'Eglise primitive, on y trouve cependant la présence de la vie de l'Esprit qui a eu tendance à disparaître par la suite pour réapparaître à l'époque moderne de façon - disons... sauvage.

 

Pour l'Eglise primitive, le renouveau prophétique dont elle se veut porteuse est accomplissement eschatologique, relatif à la fin des temps, d'un vœu ancestral et d'une tension séculaire (Nb 11:29, Ez 36:26).

 

Ainsi la référence de l'Apôtre Pierre à Joël 3, au début du livre des Actes (Ac 2:16-21), lors de l'événement de la Pentecôte. Alors se signifie que, dorénavant, on est dans le temps où l'Esprit des prophètes d'Israël est partagé par tout Israël, de Terre Sainte et de diaspora, sans distinction de sexe, d'âge, de niveau social.

 

L'Eglise primitive prétend être prémisse du peuple messianique, marquer le temps de l'irruption prochaine du Royaume, où tous seront prêtres, rois et prophètes, prêtres et rois parce que prophètes, parce qu'investis de l'Esprit des prophètes. Toutefois, jusqu'à l'avènement définitif de ce jour, la vocation prophétique s'inscrit dans une structure ministérielle ("tous sont-ils prophètes ?" 1 Co 12:29). C'est le temps du passage d'une certaine institution, de type hiérarchique, à tendance héréditaire, ordre sacerdotal, mâle, l'ordre du Temple, vers le moment, toujours en gestation, de la pure liberté de l'Esprit.

 

Cet avènement a deux corollaires : le présupposé de la messianité de Jésus, et l'annonce de l'internationalisation de l'Alliance (Es 56, 60... cf. Ga 3:28) - ce qui soit dit en passant place en totale contradiction avec l'Evangile, le nationalisme fanatique d'aujourd’hui comme d'hier, et qui voudrait, hélas, préparer à la France des lendemains en gueule de bois comme l'histoire récente, celle du XXe siècle, en a montré de solides.

 

Pour ce qui est de la question de la messianité de Jésus de Nazareth, faisant des "nazaréens" des "messianiques", des "chrétiens", signifiée dans le renouveau prophétique, elle s'atteste plus particulièrement par les signes miraculeux des témoins authentiques de Jésus - et plus particulièrement les Apôtres - signes de ses disciples qui succèdent à ses miracles propres. Leur fonction n'est pas tant la guérison, cas d'espèce du miracle, que le signe (Jn 20:30). Et Paul se voit refuser une guérison... privée, refus qu'il accepte (2 Co 12:8-9).

 

Le signe requiert la réussite du miracle ! Et si l'on invoque souvent le conseil de Jacques (Jc 5:13-16) - quant à la pratique de l'onction d'huile par des Eglises synagogales - pour une revendication systématique du miracle, au risque de l'échec, c'est par une lecture qui fait peu cas du contexte antécédent parlant de tristesse (v.13), du contexte subséquent posant la question du pardon de péchés éventuels (v.15-16), et des deux mots grecs employés pour maladie signifiant plus normalement... "dépression". On y lirait plus naturellement l'annonce d'un rétablissement dans l'Esprit dont l'huile est habituellement un symbole : une guérison physique peut l'accompagner, mais rien ne la garantit.

 

Il n'y a jamais dans le Nouveau Testament de miracle manqué ! (ce serait perçu à juste titre comme imposture et sujet de risée - cf. Jésus à Nazareth, qui fait peu de miracles à cause de l'incrédulité des siens, mais dont il ne nous est point dit qu'il en ait tenté en vain ! Mt 13:5, Mc 6:5). Condition nécessaire de sa fonction de signe : il faut que le miracle "marche".

 

Le second corollaire de l'irruption des temps de la fin, la dimension internationale de l'Alliance dans le Messie, se signifie par la glossolalie, le "parler en langues" - dont on peut douter qu'il s'agisse de "langues inconnues" et qu'aucun texte ne présente comme à pratiquer de façon solitaire : la glosso-(ou xéno)-lalie est signe manifeste que dorénavant on loue Dieu (1 Co 14:2) dans les langues des nations comme en hébreu (Ac 2:6-11). Signe miraculeux - celui qui parle en langues semble lui-même ne pas nécessairement comprendre ce qu'il dit ! (1 Co 14:2, 14). Signe à l'égard d'Israël, signe interne, pour ceux qui ne croiraient pas en la messianité de Jésus (1 Co 14:21-22), n'y croiraient pas suffisamment pour y voir le fondement de l'internationalisation de l'Alliance : le phénomène de la glossolalie néo-testamentaire date de Pentecôte (elle n'est jamais mentionnée auparavant, que ce soit dans la vie de Jésus ou dans l'expérience des apôtres). On peut trouver parmi ces sceptiques, ces réservés sur l'ouverture internationale, même des chrétiens, et des Apôtres : pensons au débat entre Pierre, puis surtout Paul, et la communauté chrétienne de Jérusalem.

 

On est avec le Nouveau Testament, tout simplement dans le cadre d'un universalisme monothéiste trinitaire, contre les autocraties impériales (fussent-elles intitulées chrétiennes) : et contre le déséquilibre "christomoniste" vers lequel on dérive depuis le coup d'Etat du filioque : puisque c'est l'Esprit qui fait germer en nous la vie nouvelle, qu'a-t-on besoin des inconvénients d'une paternité mal cernée, quand procédant aussi du Fils l'Esprit nous y est donné comme si compréhensible, figuré dans des gestes rituels ; "christomonisme" ecclésial vers lequel on s'enfonce allègrement malgré les sonnettes d'alarme incessantes du mouvement charismatique, des sectes et du New-Age.

 

Contre cela, le monothéisme trinitaire universaliste. J'imagine avoir l'air d'enfoncer des portes ouvertes. Au risque de vous surprendre, je soutiens donc que l'ordre Père, Fils et Saint-Esprit est aussi légitime qu'inévitable.

 

Quel sens est-ce que cela aurait de donner le Fils en premier, bien qu'il soit présupposé dans l'ordre trinitaire habituel que c'est évidemment le Fils qui nous fait connaître le Père comme Père. Toutefois, si le Père n'est Père que parce qu'il engendre, évidemment (pour être père, il faut avoir d'une façon ou d'une autre, au moins un enfant), c'est néanmoins le Fils qui est engendré et non point le Père, d'où celui-ci dit en premier et celui-là en second (tout cela, bien sûr, sans connotation génétique).

 

Et, comme la paternité, première, n'advient que par la filiation (encore une fois, y a-t-il père sans enfant ?), de même elle ne se réalise pleinement qu'au-delà du seul individu exemplaire qu'est Jésus-Christ (objet du deuxième article du Symbole) ; elle ne se réalise pleinement qu'en espérance, faisant de Jésus-Christ le premier-né, prémisse de toute la Création, Création qui se déploie dans une dynamique spirituelle, dynamique de l'Esprit, par l'Eglise, comme communion qui traverse les temps et les lieux, dans l'individu et dans le monde jusque dans le Royaume.

 

            C'est là le développement du troisième article :

            "Je crois en l'Esprit saint ;
            la sainte Eglise universelle,
            la communion des saints,
            la rémission des péchés,
            la résurrection de la chair
            et la vie éternelle."

 

Il est à remarquer, parlant de ce troisième article, que nous croyons en l'Esprit, comme en Dieu et en Jésus-Christ, mais que nous croyons simplement que, relativement à l'Eglise et à la suite de cet article. Nous ne croyons pas en L'Eglise, ce qui ferait une quaternité, nous croyons l'Eglise comme produit de l'Esprit. Il n'y a que trois articles au Symbole, le Père, le Fils et l'Esprit Saint, introduits chacun par "Je crois en". Le fait que cela ne nous soit pas évident, le fait que parfois nous fassions des lapsus du type "je crois au Saint Esprit" où le en disparaît, ou à l'inverse, du type "je crois en l'Eglise" ; le simple fait que ces précisions doivent être rappelés ; autant de symptômes supplémentaires du problème inconscient de l'atrophie de l'Esprit (réduit à un petit bout de phrase comme un objet que l'on croit exister) au profit d'une hypertrophie de l'Eglise. La vérité du Symbole est que l'Eglise, avant tout comme communion des saints, et la rémission des péchés comme produit de l'Esprit, qui donc nous dépasse et nous est offert - tout cela relève de l'article sur l'Esprit Saint et de la foi en l'Esprit Saint. De même que ce qui concerne le vie du monde à venir.

 

Une petite précision ici aussi, sur la "résurrection de la chair", expression dont on conteste parfois la légitimité : le mot "chair" a deux sens dans le Nouveau Testament. Le sens paulinien, où "chair" équivaut à "péché". Ce n'est évidemment pas le sens retenu par le Symbole : on ne croit pas à la résurrection du péché ! Il est une deuxième signification du mot chair dans le Nouveau Testament, que l'on trouve dans le prologue de Jean : "la Parole a été faite chair". C'est un sens classique dans la tradition biblique. Ici la chair signifie tout l'être. C'est bien sûr le sens de "résurrection de la chair" dans le Symbole des Apôtres : résurrection de tout l'être et pas seulement de l'esprit ou de l'âme. Cette précision est l'équivalent de la précision sur la descente au séjour des morts, du Christ - qui s'ajoute à l'ensevelissement pour dire que tout son être a connu la mort et pas seulement son corps (notons ici par parenthèse que la traduction  française "aux enfers" est une mauvaise traduction, le mot latin n'étant pas inferna, qui signifierait effectivement "enfers", mais inferos qui signifie exactement "séjour des morts" et non point "enfer").

 

Le Christ a connu la mort totalement. La foi exprimée par le Symbole des Apôtres est alors qu’avec lui, l'Esprit Saint nous ressuscitera totalement (dans tout ce qu'un être humain a de relationnel, de présence à l'autre symbolisée, donnée par le corps) cela pour la vie éternelle, terme ultime, et troisième d'un rythme trinitaire qui fonde l'espérance.

 

Cette espérance, un "christomonisme" ne ferait que l'étouffer, pour des sursauts irrationalistes, dont celui que l'on a considéré n'est hélas sans doute pas le plus redoutable. Urgence prophétique de vivre de l'Esprit-saint qui procède du Père.

 

Il est une façon de ne vouloir qu'un fils sans père - et donc sans don de l'Esprit - ou tout au plus de l'Esprit d'un grand frère - genre big brother -, façon qui n'est peut-être pas sans donner des racines à un trouble mental bien contemporain, qui s'appelle le "refus du Père", correspondant peut-être simplement au fantasme inouï de toute puissance de fils s'imaginant advenir sans père. Fantasme auquel, ô comble, il est si tentant pour un père d'acquiescer pour devenir à son tour grand frère.

 

Et pour bien marquer cette urgence : vivre aujourd'hui de l'Esprit qui procède du Père, je terminerai par une citation de Platon (République, Livre VIII) qui ne peut qu'étonner par son actualité : "le père s'accoutume à traiter son fils en égal [...], le maître tremble devant ses élèves et préfère les flatter [...], alors les citoyens se mettent à se moquer des lois [...], alors c'est en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie."

 

"Rien de nouveau sous le soleil", commenterait l'Ecclésiaste.

 

 

R.P.

Texte d’origine de 27.3.1998 pour les

Veillées en Gardonnenque

 

 

 


[1] In Commentaires de Rufin et Fortunat du Credo des Apôtres, éd. Migne, 1997,  p. 105 sq.

[2] Cf. ibid.

[3] Légitimité du filioque en question aussi sous cet angle, en regard duquel il n'est pas œcuménique, mais occidental. Et puisque le filioque est devenu si habituel, le complément mental de la formule, par souci œcuménique, n'est pas impossible ; complément mental genre : après : "qui procède du Père", on peut sous-entendre avant : "et du Fils", "envoyé du Père et du Fils"...

 

 

 

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