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« Il a mis
dans leur cœur
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(Ecclésiaste 3, 11)


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Argent

Par rolpoup :: lundi 26 février 2007 à 9:13 :: Raison & déraison

 

 

 

 

 


Argent :
Usure si on le sert…

Quand le symbole devient idole

 

 

 

 

Le Livre du prophète Ésaïe (ch. 44) ironise au sujet de l’idole en parlant du tronc d’arbre coupé en deux par l’artisan qui sculpte une statue représentant sa divinité. Il brûle la moitié du bois qu’il a utilisé pour son œuvre et adore la seconde moitié, devenue statue. Symbole, évidemment, que la statue ! — rétorquerait le sage artisan, plus malin que le livre d’Ésaïe. Il sait bien, lui, que son dieu n’est pas le bout de bois ! — Il sait bien que le bout de bois ne fait que symboliser son dieu. Balourd d’Ésaïe — doit-on conclure ? Que n’a-t-il pas compris cette évidence de bon sens !

À moins que le Livre d’Ésaïe n’ait justement très bien compris, et que là précisément soit le problème !

Symbole, de même, que l’argent ! Symbole voué à simplifier les échanges. La chose est d’autant plus évidente que la matière symbolique a moins de valeur en soi — comme le bois pour la statue. La pièce marquée du sceau de César, auquel renvoyait Jésus, faite d’un métal de valeur, symbole simplifiant les échanges, avait au moins la valeur de son poids de métal. Mais quand on en est au papier ? (Sans parler de nos temps numériques où ne restent plus que chiffres abstraits.) Pourquoi un coupon de papier symbolisant lui-même un autre symbole, par exemple 5 €, a-t-il moins de valeur qu’un autre papier d’une autre coloration, symbolisant par exemple 50 €  ?

 

 

Où se pose à nouveau la question du sculpteur d’Ésaïe

 

On se rappelle le chanteur Serge Gainsbourg brûlant certain morceau de papier. Il avait fait, par ce geste, œuvre d’iconoclaste, dans la lignée du Livre d’Ésaïe. Le geste du poète est resté mémorable précisément pour sa signification : geste déstabilisant au plan institutionnel et conventionnel, provoquant des réactions qui, à l’aune du Livre du prophète Ésaïe, s’avèrent parfaitement idolâtriques. Que n’a t-on pas entendu, en effet, du style : « quand on pense à tout ce qu’on pourrait faire avec un billet de 500 F ! » Ce qu’on pourrait faire avec un tel billet ? Mais rien justement ; rien, à moins que l’on n’ait auparavant investi collectivement le papier en question de ce qu’il ne fait que symboliser.

Aux temps bibliques, on n’en était pas encore à l’argent-papier. Mais on était déjà dans une société où la monnaie, quoique alors avec sa vraie valeur en métal, avait acquis une valeur symbolique conventionnelle. Déjà la monnaie fonctionnait comme intermédiaire d’échange, intermédiaire entre deux objets (entre par exemple un sac de blé et un morceau de viande de valeur jugée équivalente) et entre deux personnes (deux propriétaires qui s’accordent pour reconnaître que l’objet tierce, l’argent, symbolise la valeur de leur travail de cultivateur ou d’éleveur) : déjà peut donc percer l’idée que « l’argent travaille ».

La monnaie a remplacé le troc et prend déjà une signification en soi, comme une valeur autonome. C’est dans ce cadre-là que la Torah avait interdit le prêt à intérêt (Deutéronome 23, 19) au sein de la communauté du Dieu unique, du Dieu que l’on ne peut représenter. Lorsqu’elle pose cette interdiction, la Torah est parfaitement dans la logique de dénonciation du culte des idoles qui est la sienne, et que l’on trouve aussi dans le Livre d’Ésaïe : la valeur symbolique est toujours en passe de se substituer à la valeur réelle — comme le dieu symbolisé est substitué au morceau de bois qui le représente.

Ce fondement dans le refus de l’idolâtrie permet de comprendre pourquoi la Torah n’interdit pas radicalement cette pratique dans le commerce avec les cultures environnantes. On a alors déjà compris que l’argent « travaille ». On reviendra sur cette notion. Il ne s’agit pas, pour la Loi biblique, de nier cela. Le peuple hébreu témoigne simplement de son refus, selon la Loi de son Dieu, du culte des idoles. L’interdiction a, avant tout, valeur missionnaire et sacerdotale, témoignage contre l’idole — avec ses conséquences en lien avec ce que tout, à commencer par notre passage terrestre, est provisoire. Tout appartient à Dieu, qui seul ne passe pas : des incidences sociales, et quant à la notion de propriété, ne peuvent qu’être, en principe, incalculables.

Au point de départ, la Torah a posé la question de l'espace entre la chose (morceau de bois, pièce d’argent, etc.) et la valeur qu’elle symbolise. Tel est le sens de l’interdiction biblique du prêt à intérêt au sein du peuple du Dieu unique.

C’est encore dans cette logique que se place Jésus quand il dénonce l’idole romaine signifiée sur les monnaies par la figure de César à qui il la renvoie. Cela tandis qu’il la classifie, en accord avec le reste du judaïsme, sous la dénomination générique de l’idole Mammon.

D’où aussi son geste contre les vendeurs et les changeurs du Temple (Matthieu 21, 12-13) qu’il semblait pourtant falloir tolérer, à moins d’amener les animaux pour les sacrifices depuis des distances parfois considérables ! Mais la monnaie frappée d’une idole ne peut en aucun cas entrer dans le Temple du vrai Dieu. Face à cette difficulté, existait une monnaie du Temple, frappée du chandelier à sept branches. D’où les changeurs. N’entre dans le Temple qu’une monnaie sans idole frappée dessus. Or c’est précisément l’idée que la monnaie du Temple n’est pas idolâtre que Jésus remet en cause : l’investissement symbolique est de toute façon présent. Est-ce que vous vous imaginez, sous-entend Jésus, qu’en enlevant l’idole qui est sur la pièce, on enlève du même coup l’idolâtrie ? Est-ce que l’on peut mettre en parallèle Dieu et César, chacun sa monnaie ? Une figure pour l’un, le chandelier à sept branches pour l’autre ? Dieu et César chacun à la tête de deux banques d’État, avec possibilité de change, ou comme les pièces et billets en euros qui peuvent recevoir les symboles souverains de chaque État européen ? Est-ce qu’Ésaïe ne connaissait pas l’objection du sage artisan ?
 

 

Aux origines du capitalisme

 

Retenant la leçon, à sa façon, l’Église de l’Antiquité a élargi l’interdiction du prêt à intérêt, sous le nom d’ « usure ».

Les juifs, communauté alors séparée des chrétiens - et dont la Loi n’interdit pas strictement le prêt à intérêt, on l’a dit, en dehors de la communauté du Dieu unique -  et donc du reste de l’Empire romain, se voient confier la tâche bancaire interdite aux autres Romains, devenus chrétiens. Ça tombe bien, la plupart des autres métiers leur sont interdits ! Et on leur reprochera de faire ce qu’on les oblige de faire ! De gagner leur vie par le prêt. Chose intitulée, donc, « usure ».

Il n’en reste pas moins qu’apparaît de façon de plus en plus évidente que c’est bien le témoignage anti-idolâtrique qui est signifié par l’interdiction biblique de l’usure. Car quoi qu’on en veuille, il faut bien l’admettre, l’argent « travaille ».

C’est en ces lieux originaires du capitalisme moderne que sont les villes italiennes des XIIIe et XIVe siècles en commerce avec l’Orient, comme Venise et Florence, que la chose devient criante : commerçant et épicier, je veux importer et vendre de ces épices à la mode que l’on cultive en Orient. Pour cela, il me faut un navire. Hélas, je n’ai pas suffisamment d’assise financière pour me le procurer. J’emprunterai donc ! Mais voilà que mon prêteur sait bien que, lorsque j’aurai vendu les épices que j’aurai pu véhiculer grâce à son prêt, je serai plus riche que lui. Et cela sans avoir risqué gros puisque c’est son bien à lui que j’aurai exposé aux risques du naufrage, des pirates, etc. Confiance donc - trust en anglais -  avec usage de papiers signés, de « chèques », comme disaient en leur langue les commerçants arabes de l’Orient d’alors. On comprend naturellement que se mette en place dès cette époque un système d’intéressement, celui qui a cours jusqu'à aujourd’hui, et dont on sait que l’éthique de Calvin a enseigné au monde à le déculpabiliser, au vu du fait que l’argent « travaille ». Le fait a été perçu dès les temps de la Bible hébraïque. Jésus y fait encore allusion dans la parabole des talents. Mais restait l’opération de déculpabilisation à opérer. C'est donc fait !

Il n’en demeure pas moins que l’ « argent » n’existe pas ! La leçon du livre d’Ésaïe garde toute son actualité. Il n’existe pas, et pourtant il travaille ! Il travaille et n’existe pas !

Explication en raccourci du crash de Wall Street de 1929 ! Sachant que « l’argent travaille », on a cru qu’il existait. Et on a découvert, par une expérience tragique pour nombre de pauvres et de chômeurs, que son existence était bel et bien illusoire — l'argent est une convention symbolique, et rien de plus. L’expérience de 1929 n’a pas suffi. La croyance en l’idole a encore de beaux jours devant elle. Les crashes consécutifs aux spéculations n’ont pas manqué depuis, avec leur cortège de douleurs, de violences, de guerres. Il est hélas de fait que nombre de peuples, notamment des pays du Sud, paient au prix fort le cynisme des adeptes de l’idole inexistante — pétrole, café, cacao et guerres de déstabilisation…

« Vanité des vanités », disait l’Ecclésiaste. Dès lors, en deçà de l’idole, « rien de bon pour l’homme, sinon de manger et de boire, de goûter le bonheur dans son travail. J’ai vu, moi, que cela aussi vient de la main de Dieu » (Eccl 2, 24).

 

 

Conventions sur la valeur-travail de l’argent

 

Reste à ne pas encourager l’investissement du moyen d’échange qu’est la monnaie par l’idole que l’on a tendance à en faire. Pour cela, il importe de promouvoir un regard rationnel sur la valeur-travail de l’argent. En premier lieu il s’agit de ne pas perdre de vue des réalités comme, par exemple, les processus d’échange par lesquels tel produit qui a telle valeur au départ en a telle autre à l’arrivée — la question des intermédiaires. Sans parler des réalités bancaires, où il n’y a apparemment pas de matière visible à échanger où l'on semble loin de la clarté du troc.

Bref un travail pédagogique est nécessaire. On ne peut se contenter de l’a priori que ce qui est évident pour les uns, habitués aux arrière-boutiques des transactions, le serait aussi pour les autres, les profanes en matière financière.

Il s’agit par un tel travail pédagogique, en franchissant un pas de plus que celui où la valeur de l’argent, via des éléments comme les intérêts, semble imposée de façon arbitraire, il s’agit de signifier des conventions claires entre les uns et les autres, ceux qui échangent, les emprunteurs et les prêteurs, les débiteurs et ceux à qui ils doivent, etc. Apprendre à vivre la valeur attribuée à l’argent comme lui étant attribuée, précisément ; et par qui ? Par ceux qui en usent comme moyen d’échange, tout simplement, sur un mode conventionnel. Ces simples habitudes pédagogiques pourraient, pour une large part, être à même de pacifier (ne serait-ce qu’en évitant et le soupçon, et la tentation de la malhonnêteté) les relations financières : la violence potentielle dont elles sont porteuses est largement fonction de l’opacité dont elles sont entourées — fonction de l’investissement « idologique » dont elles sont du coup cause et conséquence à la fois…

Ce qui est la racine du développement d’une valeur perçue à terme comme « autonome », et qui n’est rien d’autre que l’idole — comme quand le sculpteur a perdu de vue que ses deux morceaux de bois, celui qu’il brûle et celui qu’il « vénère » ont la même valeur-bois.

Et quand on sait la puissance, le pouvoir de nuisance de l’idole, pourtant inexistante !… on est fondé à ne pas rester de bois !

 

 

S’il fallait conclure…

 

« Thomas, l’un des Douze, celui qu’on appelle Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint.

Les autres disciples lui dirent donc: « Nous avons vu le Seigneur ». Mais il leur répondit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » (Jean 20, 24-25). On sait qu’ensuite, le Ressuscité lui apparaît et lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » (Jean 20, 29).

Notons que Thomas n’a pas cru ce qu’il a vu (inutile : il l’avait vu !) mais parce qu’il a vu ! Ce qui n’est pas la même chose. Thomas constate : il voit, il touche les plaies, et il croit ce que cela signifie : le Christ est ressuscité, Dieu s’est ici dévoilé. Ce que Thomas voit et touche, fait fonction de signe : signe d’une réalité qui dépasse infiniment les sens de Thomas, sa vue et son toucher.

Quel rapport entre ce qu’induit ainsi la foi au Ressuscité et notre sujet ? Le même rapport que celui qu’il y a entre le vrai Dieu qui se dévoile dans le Ressuscité et l’idole qui pour être vaine n’en produit pas moins une réalité - provisoire celle-là, contrairement au Dieu dévoilé dans le Ressuscité - ; réalité provisoire, vaine, corruptible, mais incontestable : l’argent « travaille » !

Entre le signe papier, nombre abstrait signifié sur un compte numérisé, et ce qu’il signifie est toute la question de notre rapport au signe, au symbole. De même qu’entre le contact de Thomas, ce qu’il voit, et la réalité, ce qu’il croit.

Nous voilà entre la vérité du Ressuscité que confesse Thomas (« mon Seigneur et mon Dieu ») et le mensonge de l’idole que dénonce Ésaïe ; la leçon est qu’il ne faut pas trop y croire, à l’argent : « vanité des vanités, dit le Qohéleth ». Tout passe, tout s’use : usure… « User de ce monde comme n’en usant pas », enchaîne Paul (1 Co 7, 31)…

 

 

R.P., pour la «Journée du micro crédit» du S.E.L, 10 avril 2005

 

 

 

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