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L'Église : de quelle source ?

Par rolpoup :: dimanche 04 février 2007 à 18:30 :: L'Église et ses façons

 

 

 

 

 



L’Église ne se reproduit pas de façon biologique !

 

 

 

 

Ce n’est pas un scoop de dire que l’Église ne se reproduit pas de façon biologique ! Loin d’un scoop, c’est là un classique du christianisme. Cela dit, on peut être tenté de considérer ce propos comme un de ces bons mots de théologiens — qui n’engagerait pas concrètement.

N’est-il pas temps de sortir de cette illusion — qui ne nous berçait déjà plus ? L’Église, en Occident, décline, en quantité j’entends. Et j’entends aussi déjà les « qu’importe » des chantres de la qualité — j’y reviens.


De l’utilité de quelques distinctions

Ce qui nous interroge sur la question de l’évangélisation. Non pas en tant qu’il s’agirait d’un moyen de remédier au déficit quantitatif que nous constatons ! Parlons plutôt de… « symptôme ». En ce sens que s’il est vrai que l’Église ne se reproduit pas de façon biologique, la diminution du nombre des croyants engagés nous interroge. Et elle nous interroge notamment sur la façon dont nous vivons cet aspect essentiel de notre foi : la parole qui nous fait être nous échappe — relevant d’autres cercles que ceux de la biologie, ou de la nature en général, ou de quoi que ce soit qui puisse être à notre portée ou en notre pouvoir. Comme vivons-nous cela ? Comment dire cette parole qui nous fonde et sur laquelle nous n’avons pas prise ? Soulignons que poser cette question ne signifie pas préjuger de la réponse, d’autant qu’il ne faudrait pas que la réponse éventuelle fasse imaginer que la vocation de l’Église serait de faire nombre !

Mais force est de constater qu’en matière d’évangélisation, les conséquences de cette conviction — la parole qui nous fait vivre nous échappe —, restent floues. Cela en lien avec ce qu’un certain nombre de distinctions nous semblent peu évidentes. Comme entre évangélisation et diaconie, ou encore entre évangélisation et apologétique (c’est-à-dire tout simplement, mais en termes techniques, « défense de la foi »).


Évangélisation et diaconie

Je passe rapidement sur la distinction, que j’admettrai comme établie pour tous, entre évangélisation et diaconie.

La tentation de la confusion entre évangélisation et diaconie est pourtant récurrente. Cette confusion s’établit de la sorte : puisque la diaconie (qui n’est certes pas facultative) permet de montrer un visage accueillant d’une Église se conformant ainsi à certaines exigences bibliques et évangéliques, elle est déjà évangélisation tacite. Cela dit, il a souvent été remarqué que des organismes non-chrétiens rendent des services équivalents, faisant que si l’on veut que le fondement évangélique de notre diaconie soit perçu, il faut bien donner quelques signes plus précis, voire même quelques mots — ce qui ne manque pas de laisser subsister un certain embarras : notre entraide suppose-t-elle cette façon… d’être monnayée par une parole subsidiaire ?

Il me semble que le fond de cette confusion-là, entre évangélisation et diaconie, relève d’une confusion bien plus fondamentale : la confusion entre évangélisation et apologétique.


Évangélisation et apologétique

Évangéliser (verbalement) serait expliquer que nos croyances sont tout à fait, non seulement caritativement parlantes, mais aussi… « modernes », ou aujourd’hui « post-modernes », et que même elles reviendraient à la mode, que la science la plus récente irait dans notre sens, etc. Vous connaissez cela, et je n’en conteste nullement l’utilité. Reste que cela ne relève pas de l’évangélisation, mais de l’apologétique, que l’on pratique à la façon de M. Jourdain et de sa prose : sans le savoir. Où non seulement je n’en conteste pas l’utilité, mais je regrette que les chaires d’apologétique aient eu tendance à déserter un temps nos instituts de formation, ce qui n’est peut-être pas sans lien avec cette façon de M. Jourdain, et avec cette confusion avec l’évangélisation.

Confusion dommageable dans la mesure où l’évangélisation consiste, non pas à rendre l’Évangile assimilable, intelligible ou au goût du jour (ça, c’est le rôle de l’apologétique), mais au contraire à poser dans toute sa clarté ce que le Nouveau Testament appelle sa réalité scandaleuse !


L’Évangile comme scandale

Où un nouveau piège se présente — peut-être en rapport avec le grand manque de scandale de notre temps religieusement correct — : ce nouveau piège se trouve en ce que l’excentricité, par quoi on peut désigner ce qui scandalise… les autres, est devenue une valeur esthétique certaine. Et où donc, on risque de confondre le vrai scandale de l’Évangile avec ce qui « choque le bourgeois », qui est nécessairement l’autre — jamais moi.

Ce point est peut-être essentiel — comme signe de notre courage évangélique. Gageons que s’il n’y avait eu de sa part qu’apologétique, sous forme rationnelle ou diaconale, Jésus n’eût pas été crucifié. Gageons de même, dans un ordre moins radical, que Paul se limitant à l’aspect apologétique de son discours eût reçu l’approbation enthousiaste des philosophes d’Athènes. Et non seulement d’eux, mais des paroissiens établis de la Corinthe voisine, qui jugeront sa prédication imbuvable. Face à cela, la tentation de tout prédicateur — qui préfère naturellement les compliments à la sensation d’un malaise et à la résistance à ses propos — sera d’arrondir les angles, d’atténuer le scandale ; ou de le cantonner au domaine esthétique de cette si moderne « excentricité » institutionnelle.

C’est où j’ai parlé de courage, de courage évangélique. Face non seulement à un monde qui n’entend pas être remis en question, mais aussi face à une Église déjà là qui ne s’enthousiasme pas beaucoup plus d’entendre un Jean-Baptiste la tancer en des termes comme : « repentez-vous ! » N’entend-on pas aujourd’hui la clameur générale qui professe en avoir marre de se repentir ?!

Tout sera bon pour refuser le scandale que pose l’évangélisation — fût-ce par la catéchèse d’adultes — : depuis le classique : « trop simpliste » (qui accompagne la tentation de dire combien nous sommes modernes) ; en passant, à l’inverse, par le non moins classique : « ce que vous dites est trop compliqué » (Festus à Paul : « ton grand savoir te fait déraisonner » - Actes 26:24) ; jusqu’au : « votre discours est trop moralisant » (et de toute façon « qu’ai-je besoin de me repentir ? - je suis fils d’Abraham »).


L’évangélisation comme risque

Où apparaît aussi que la réticence la mieux conçue au choc de l’Évangile pourrait être, c’est aussi un classique depuis Corinthe, dans le chic de l’Église en place, chez ceux qui n’entendant pas s’en laisser compter, se posent aussi en régulateurs d’une parole un peu trop sauvage tout de même…

Et attention, en outre, à notre propre voix intérieure qui pose notre résistance propre. N’avons-nous pas été tentés de modifier une prédication dont on sentait bien qu’elle ne nous attirerait pas que des compliments ? Pas assez… « apologétique » au fond !

Or c’est là qu’il va falloir chercher et dire le vrai scandale à ne pas éluder : une parole qui nous attirerait des félicitations, même fondées, mais qui ne bouleverserait rien, sera-t-elle annonce de l’Évangile ? — et quand je dis « bouleverser », j’inclus naturellement ce bouleversement imperceptible que produit la graine de la parabole, dont on ne voit pas d’effet immédiat !

Ce qui ne revient naturellement pas à une espèce de plaisir de se savoir rejeté, mais à être conscient de ce que le renouveau de vie radical promu par l’Évangile suppose rupture,… conversion ! N’oublions pas qu’il s’agit, par l’Évangile, de dépossession de soi — ce qui est d’un prix infini, exprimé dans la mort du Christ, symbolisé dans le rite (mais facilement en horreur aux raisonnements, fussent-ils apologétiques), ou dans un vocabulaire parfois abscons (genre « mort pour nous », « sacrifice unique et parfait », etc., que l’on rend creux à force de n’en conserver que les formules).


Parole fondatrice de nos êtres

Ne reste pas moins de cela que recevoir la vie du Ressuscité, exalté depuis sa crucifixion, nous coûte tout — la croix ou : « renoncer à sa propre vie ». Ou, en d’autres termes, je ne suis pas détenteur de la parole qui me fait être. Je n’entre en relation avec le fond de moi-même, avec Dieu, qu’au prix de tout ce qui me constitue — c’est peut-être là le cœur du fameux scandale : le coût de la gratuité. Qui se traduit, concernant son effet, en termes de « nouvelle naissance » (gare ici aussi aux formules creuses).

Reste que cet Évangile à annoncer ne suscite donc pas forcément l’approbation — y compris de soi-même, comme témoin fidèle quand même et malgré tout.

Ce qui fait que concernant l’évangélisation par la catéchèse d’adultes, le préalable pourrait bien être le suivant : il ne s’agit pas de chercher à dire une parole acceptable — parole qui satisferait le goût, l’intellect ou le désir de se sentir plaisant — ; mais une parole qui, loin de se contenter de combler notre sens esthétique ou rationnel, atteint et bouleverse le cœur de notre être. Une parole qui retentissant d’en deçà de ce que savons de nous-mêmes, provoque en nous la conviction de la nécessité qu’il y a de se convertir. La conviction que notre vrai être n’est pas dans les efflorescences de la vanité auxquelles il s’agit au contraire de renoncer…

Et puisque j’annonçais que je reviendrais au dilemme quantité-qualité : quelle est la qualité d’annonce d’un Évangile qui ne porte pas une telle urgence ? Ou qui ne l’enseigne pas ? Ou qui ne dit pas avec fidélité, en deçà de l’apologétique, une telle parole dans sa rigueur et sa radicalité : n’est-ce pas là, pourtant, la catéchèse — du grec faire écho — qui sera évangélisation ?

On pourrait aussi poser la question sous l’angle du débouché : là où l’apologétique consiste à déboucher sur le constat d’un consensus possible — et il faudra en catéchèse d’adulte, en user aussi — ; l’évangélisation elle, débouche sur un point de rupture, une mise au pied du mur : comme le dit la chanson : « et maintenant, que vais-je faire ? »


 

Post scriptum :

 

L’évangélisation, — c’est-à-dire la proclamation de l’Évangile qui libère, y compris en dehors de l’Église — ne relève pas de la croissance en entreprises, des méthodes des commerciaux ou autres start-up… On le sent bien, on sent le décalage entre cela et la proclamation du message évangélique, décalage qui relève aussi d’un raccourci indu : « c’est Dieu qui fait croître », rappelle la 1ère épître aux Corinthiens.

 

Et c’est, me semble-t-il, une des raisons pour lesquelles on s’est plus ou moins résolu à préférer identifier évangélisation et diaconie ou évangélisation et « présence au monde » — qui relève largement de cet effort pour présenter au monde un visage de l’Église acceptable, effort qui relève de ce qu’on appelle l’ « apologétique », c’est à dire la défense de ce que l’on croit.

 

Pour poser clairement la nécessité de bien distinguer l’évangélisation de la diaconie et de cette forme de présence au monde, il faut sans doute, en effet, s’interroger aussi sur le pourquoi de la confusion fréquente dans l’Église réformée entre évangélisation et diaconie donc, ou entre évangélisation et présence au monde.

 

*

 

Et je suggère que cette confusion vient en partie, mais largement, de ce que nous avons légitimement voulu éviter une autre confusion : la confusion entre évangélisation et christianisation. On sait que le vocabulaire courant et médiatique entretient cette confusion. N’entend-on pas parler de ré-évangélisation de l’Europe, par exemple, entendue naturellement comme re-christianisation de l’Europe.

 

Bref reconquista : et face à quoi ? Face à la déchristianisation — voire face à l’islamisation, et à ce point ladite christianisation n’a, on s’en doute, que faire de l’Évangile.

 

Christianisation — alias « évangélisation » — devient ainsi promotion d’une culture éventuellement laïco-athéo-chrétienne mais qui a l’avantage incomparable d’être, dit-on, la nôtre ! Et puisque la faiblesse de cette culture vient finalement de sa composante athée et jouisseuse là où certaines hordes sont autrement combatives, lui ré-injecter un peu de la foi virile de ses ancêtres ne lui fera pas de mal. Où, par « évangélisation » il s’agirait de participer à un combat qui relève du fameux « choc des civilisations ».

 

Et normalement, et juste titre, un réformé voit à ce point se dresser sur sa tête les cheveux qu’il ne s’est pas arrachés. Normalement !

 

Si ce genre de confusions paraît peut-être naturel à certains courants du catholicisme, nous en sentons bien la difficulté — un vrai malaise. Et j’y verrais volontiers un des motifs — légitimes — de notre réticence face au terme d’ « évangélisation ». Un motif légitime peut-être, mais pas une excuse, en tout cas pas une excuse pour ce qui s’apparente à une sorte de paresse intellectuelle : ne pas réfléchir à ce problème et du coup nous contenter d’abandonner notre vocation d’annoncer l’Évangile à d’autres — je pense, nous concernant, aux néo-évangéliques — qui semblent s’embarrasser peu de ce genre de difficultés.

 

Or, nous avons les moyens, le fondement théologique, pour éviter cette confusion-là ; qui est devenue commune à un certain catholicisme en vis-à-vis de l’islamisme, et à un certain néo-évangélicalisme, qui se contente parfois de se considérer comme partie prenante de ce… combat — pour lequel il se sait assez concurrentiel.

 

Le fondement théologique qui devrait nous permettre d’éviter ces écueils est ce que l’on appelle la théologie des deux règnes — et qui signifie que le pouvoir civil n’a en aucun cas à être revendiqué par l’Église, ou encore qu’il n’y a en aucun cas à viser par l’évangélisation — c’est-à-dire l’annonce de l’Évangile — je ne sais quelle christianisation.

 

On peut illustrer cela par la réponse du Ressuscité aux disciples au début du livre des Actes (ch. 1 , v. 6-8) à la question des disciples : « est-ce le temps où tu vas établir le Royaume ? » Réponse en substance : « cela ne vous regarde pas, mais, vous, allez partout annoncer l’Évangile ».

 

Le thème des deux règnes (un classique, aux origines de la Réforme) réputé luthérien, sans doute à juste titre, est tout aussi réformé ; puisqu’il est lié au refus, fondateur de la Réforme, de confondre l’Évangile et l’Église et a fortiori l’Église comme institution ; et donc, doublement a fortiori, de confondre le Royaume de Dieu et l’État, serait-il de culture chrétienne.

 

C’est pourquoi nécessairement, le thème des deux règnes est aussi réformé. Il est simplement nuancé dans la tradition réformée par l’insistance sur la revendication du droit à la critique d’un État injuste — le droit de résistance à l’oppression, formulé par exemple dans le traité Du droit du magistrat de Théodore de Bèze. Mais jamais, même en cas de gain de cause, ce droit de critique ne débouche sur l’imposition d’une idéologie chrétienne de substitution qui devrait régir l’État. Pas une christianisation, donc.

 

Cela s’est très bien vérifié avec l’ancienne Allemagne de l’Est, ou les Églises, souvent luthériennes d’ailleurs, ont joué un rôle essentiel de résistance au temps communiste et n’ont en aucun cas revendiqué un rôle dans le pouvoir après la chute du Mur de Berlin.

 

On est donc — j’allais dire naturellement — fondé comme protestants à insister sur le fait qu’une évangélisation résolue, dans une perspective réformée ou luthéro-réformée, n’a rien à voir, pas même à terme, avec une christianisation de l’État, ou une revendication d’une moral majority qui nous ferait prendre le pouvoir du nombre par les urnes.

 

Cette chose bien clarifiée, il nous appartient de réinvestir sans complexes notre vocation d’annoncer l’Évangile, d’évangéliser donc, y compris (ce qui devrait aller sans dire) hors de nos murs.

 

Et du coup, on est appelé à se débarrasser de ce… complexe, donc, qui joue sans doute un rôle dans notre difficulté à dépasser la confusion entre diaconie et évangélisation et présence au monde. Car, par cette confusion, on le sait, notre évangélisation s’est voulue tacite — et on ne s’est pas toujours rendu compte que cela n’est plus évangéliser.

 

La diaconie n’est pas facultative, et elle n’est pas évangélisation. Confondre les deux est les ruiner les deux, ou au moins les trahir.

 

De même, ce n’est pas évangéliser qu’être présent au monde — d’une façon que j’ai appelée selon le terme technique « apologétique » — en expliquant via des rencontres, des colloques, ou que sais-je… combien on est en phase, par exemple avec la science ou l’éthique en pointe, en un mot combien on est moderne ; et je ne peux m’empêcher, une fois n’est pas coutume, de citer Cioran, qui écrivait : « être moderne, c’est bricoler dans l’incurable ».

 

Nonobstant Cioran, tout cela — diaconie et apologétique — est évidemment légitime. Mais ce n’est pas encore évangéliser, annoncer l’Évangile, qui n’est pas dire combien nous sommes fréquentables, nous réformés.

 

L’évangélisation, c’est bel et bien proclamer ce que le Nouveau Testament appelle un scandale. Un scandale qui nous place face à une Parole dont nous ne sommes pas détenteurs et qui fonde nos êtres. Une Parole qui donc nous contraint à abandonner, à capituler, face à Dieu.

 

Ce n’est ni christianiser une culture ou une société ; ni accomplir, ce qui du coup n’est pas facultatif (mais c’est autre chose) des actes de charité — la diaconie —, ni expliquer combien on est moderne — ce qui est aussi utile, mais là aussi c’est autre chose.

 

Évangéliser, nous le savons, mais, il faut encore que nous réfléchissions au « comment » , c’est annoncer l’Évangile : une Parole qui sauve par ce qu’elle nous déplace, et nous contraint à la racine de nos êtres en nous scandalisant. Sans vouloir inventer la poudre, la catéchèse des adultes que nous envisageons sera nécessairement placée face à cette parole et au devoir de l’énoncer clairement aussi hors de nos murs.

 

 

R.P.
Projet régional
Synode de Gréoux-les-Bains,
17-19 novembre 2006

Rapport et («post-scriptum») Présentation
(en résumé)

 

 

 

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