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Cathares et protestants

Par rolpoup :: jeudi 11 octobre 2007 à 16:21 :: Cathares










Cathares et protestants







Disputatio
— Michel Jas / Roland Poupin

Dans Réforme  — n° 3240 — 27 septembre – 3 octobre 2007

 

Les cathares sont-il les ancêtres des protestants ?

 

1) Oui pour Michel Jas, des communautés de territoires et de filiations démontrent les liens qui unissent, à travers l'histoire, les premiers réformés aux tenants de la religion interdite. Un débat à l'occasion du 800ème anniversaire de colloque de Montréal près de Carcassonne (2 octobre 1207)

 

La mémoire cathare fut sans doute submergée par la Réforme.

 

Elle était encore prégnante à la fin du XVe siècle et début du XVIe : dans l’abbaye de Lézat en Ariège, un moine est mis de coté en 1457 lors de la nomination de l’abbé parce qu’on savait qu’il descendait d’hérétique, les Cagots du Béarn (parias endogames ou lépreux) expliquent en l514 leur exclusion par une origine cathare.

 

Au moment des guerres de religion, à Albi, Toulouse et Carcassonne, les forces catholiques et protestantes dans leurs violences expriment une sorte de jeu de rôles. Les uns sont du côté de la croisade ; Simon de Montfort est considéré comme fondateur de la Ligue. Les autres du côté de la résistance ; par sa mère le futur Henri IV représente la maison de Foix, dernière lignée occitane fidèle au catharisme.

 

La carte d’implantation de la Réforme, avant les premières victoires catholiques, concerne beaucoup plus l’actuel « pays cathare » - le Biterrois, les Pyrénées et le Lauragais audois- que l’implantation protestante telle que nous la connaissons aujourd’hui. La vallée de l’Aude, les Corbières notamment le village isolé de Bugarach, et les Pyrénées catalanes connurent le protestantisme. Depuis le Tarn, en continuité avec Lavaur et Revel : le Mas-Stes-Puelles, Castelnaudary, Montréal, Carcassonne, Minerve furent protestantes, localités connues pour leur forte présence cathare au Moyen Age. Un travail sur le début de la Réforme d’après les registres du Parlement de Toulouse s’avère nécessaire. Raymond Mentzer a démontré en 1984 dans Heresy Proceedings in Languedoc, 1500-1560, que pour 270 condamnés luthéro-réformés du côté du Rhône: Nîmes, Montpellier, les Cévennes, on en compte 510 originaires du côté de l’Aude et de la Garonne.

 

Contemporain des évènements de 1562, un toulousain décrit : « Tolose étoit régie de certain mélange de capitouls composé de trois espèces : Catholiques, Huguenots et Temporisateurs. Et encore d’une quatrième, savoir l’ancienne hérésie » ! Les temporisateurs désignent sans doute les indécis ou pacifistes ; la quatrième espèce, les fils conscients des albigeois !   Pierre Hunaud, baron de Lanta, qui était cette année là capitoul (consul ou maire adjoint), essaya de faire basculer l’ancienne capitale de l’Occitanie vers les forces nouvelles (Béarn et Foix) et vers la religion réformée. Il se vantait, disait-on, de descendre d’un diacre des albigeois. Leur famille avait donné, outre quelques dignitaires catholiques, plusieurs « parfaits » et «  parfaites » de la religion interdite : trois femmes martyres à Montségur dont la femme du seigneur Raimond de Péreille.

 

Si tous, au XVIe, avaient oublié le catharisme, Pierre Hunaud, en tout cas, ne le pouvait pas.  Comment ignorer les causes d’une si considérable expropriation de ses ancêtres ? La seigneurie des Lanta, qu’on disait issue d’Hunold duc d’Aquitaine à l’époque de Charlemagne, recouvrait un territoire immense à l’Est de la Garonne jusqu’à Verfeil et Caraman en direction de Castres. Depuis leur demeure à Toulouse ou depuis leur château dans le village de Lanta, les Hunaud, ne pouvaient qu’observer avec regret les collines du Lauragais dont la propriété leur fut enlevée pour cause d’hérésie au profit de l’archevêque de Toulouse..  Qu’à cette époque justement, un avocat, proche des capitouls, demande, par le Tiers Etat du Languedoc, que soit vendu le temporel de l’Eglise, induit des évocations très précises. 

 

A Toulouse les humanistes pré protestants furent nombreux. Dès 1530, ils redécouvrent l’épisode de Montréal  près de Carcassonne deux ans avant le déclenchement de la croisade, non à partir des archi-connues -au XVIe siècle- légendes dominicaines (avec l’épisode décrivant l’argumentaire de Saint Dominique miraculeusement sauvé du feu), caricaturales à l’égard des vaincus de l’histoire, mais par une chronique latine, plus nuancée, de Guillaume de Puylaurens, ancien chapelain de Raymond VII proche de la position occitane. Le débat entre les catholiques et les Albigeois portait sur la validité de l’Eglise de Rome, sur l’usage non fondé qu’elle faisait de la force et sur l’aspect non biblique de la messe autour de la transsubstantiation. 

 

Ensuite, avant 1575 et 1592, des protestants dénichent les textes occitans (certainement cathares) de ce colloque de Montréal, qui confirment et accentuent la position du texte de Guillaume de Puylaurens. « Extraict d'un traicté en parchemin escrit à la main en characteres anciens en langue Marrabesque ou Cathelane » ; «  Vieux memorial escrit à la main ». Les pasteurs Vignier et Perrin, soutenus par les Synodes de l’Eglise réformée, traduisent et publient les textes sauvés de l’oubli. Parmi les découvreurs de 1592 se trouve le pasteur Daniel Raffin.  L’Eglise de Cuq-Toulza qu’il desservait avait été « dressée » par Antoine de Bonvilar, seigneur de Saussens gendre de Raimond de Vigne seigneur de Montesquieu. Raimond de Vigne avait été capitoul protestant à côté d’Hunaud de Lanta. Plusieurs «Vignes » ou « de la Vigne » avaient été cathares dans cette région dont un à Montesquieu.   Un « de  Bonvilar » - patronyme rare- fut dénoncé comme cathare en 1245-1246 à Auriac, village situé entre Cuq et Saussens. 

 

Ainsi, de nombreuses familles du Midi se sont distinguées comme cathares puis comme protestantes. De la Montagne du Tarn aux collines de l’Ariège, on peut citer: les Alquier, les Bélissen, les Béringuier, les Bonnafous, les Cambière, les Calas, les Gaches, les Garrisson, les Houlès, les Lamothe, les Lordat , les Pradel, les Saint-Félix, les Sirven, les Sol, les Tournier, les Vernajoul, les Vieu, les Ysarn. Plus globalement, les patronymes cathares sont de 10 à 20 % supérieurs chez les huguenots que chez leurs voisins catholiques. Ce qui est considérable, si l'on songe que la religion réformée favorisait l'acculturation par son orientation vers la modernité et se trouvait donc a priori mal adaptée aux populations locales les plus enracinées !

 

Le souvenir des épisodes cathares doit donc être posé comme un des motifs régionaux de la Réforme. En tout cas pour le Languedoc et en Midi Pyrénées. Peut être aussi dans les Flandres, en Champagne ou en Nivernais. De même peut-on s’interroger aussi sur une possible installation de réfugiés cathares dans les Cévennes.  En effet, les cathares du toulousain, qui disaient partir chercher refuge en Italie, apparaissent relativement peu nombreux dans les communautés hérétiques de Lombardie. Les fugitifs du XIIIe et XIVe siècles ne se seraient-ils pas arrêtés à mi-chemin: dans les Cévennes ? 

 

Les protestants se sont sentis fils des albigeois. Etait-ce pour eux une filiation calculée ?

 

A partir de la fin du XVIIe siècle, face aux catholiques, l’identification des réformés aux albigeois s’exprima effectivement de façon apologétique. Enhardie, la pré réforme se muait en succession apostolique matérielle alternative. Ce n’était pas le cas au XVIe siècle. A cette époque, tournée facilement vers l’Antiquité biblique ou romaine, le Moyen Age c’était hier. Or, les protestants du XVIe siècle croyaient leurs ancêtres cathares issus de Pierre Valdo. Les albigeois ne leur permettaient donc pas une grande percée dans le temps, pas même de remonter jusqu’à l’an mille ! D’autre part, les schémas huguenots en histoire ecclésiastique insistaient sur l’aggravation récente de l’apostasie. Avec les albigeois, les hussites ou les vaudois, leurs chronologies risquaient de perdre leur cohérence. Leur volonté était de diaboliser les derniers siècles antérieurs à la Réforme : « Post tenebras lux 

 

 

Michel Jas

 

À lire, de Michel Jas :

Braises cathares, filiation secrète à l'heure de la réforme, Toulouse 1992.

Incertitudes, les cathares à Montpellier, Béziers 2007.



 

 

2) Roland Poupin

 

Descendants des cathares les protestants ? Voire !

 

Voilà un christianisme, le christianisme cathare, qui considère que notre vie dans la chair est un exil et que le salut consiste à réintégrer une vie antérieure, dans le Royaume céleste des bons esprits… Une vie spirituelle originelle, angélique, celle de l’humanité antécédemment à la chute, déchéance depuis le paradis du monde supérieur (1).

 

Voilà des croyants qui, en conséquence — s’ils vivent jusque là la vie de tout un chacun —, espèrent recevoir tôt ou tard l’imposition des mains d’un membre du clergé, un bon homme (ou une bonne femme), comme signe du don de l’Esprit saint, de sa consolation (consolament en occitan, consolamentum en latin), porte de la réintégration du paradis.

 

Car seul le consolament, ce sacrement du don de l’Esprit saint est à même de les libérer de la captivité dans la chair, pourvu qu’ils vivent désormais comme les bons hommes une ascèse spirituelle accompagnée de l’abstinence de toute nourriture carnée — seule la viande de poisson leur est autorisée — et de toute relation sexuelle, ascèse rythmée par une prière de type monacal. Plus proche des moines médiévaux, qui ont d’ailleurs reconnu chez les bons hommes de sérieux concurrents, que des Réformateurs qui rejetteront toute abstinence comme vaine en regard du salut.

 

Si l’on ajoute que le signe du don du Saint-Esprit, le consolament, ne peut être octroyé que par un bon homme qui l’a lui-même reçu avec le signe de l’imposition des mains d’un bon homme et cela sans interruption depuis le temps des Apôtres, bref un système de succession épiscopale des plus… catholique, on est fondé à se dire : pas très protestant tout ça !

 

C’est au point même que le catholicisme romain de l’époque a jugé que le catharisme allait un peu trop loin dans le sens de l’ascèse et de la chasteté… Bref, qu’il exagérait ce que les Réformateurs trouveront exagéré dans le catholicisme en matière de dédain de la chair !

 

C’est pour cela que les ennemis catholiques romains des cathares les ont taxés de « dualisme », le dualisme en question consistant essentiellement à professer que le monde angélique originel d’où nous sommes déchus, n’a que peu à voir avec le monde de malheur dans lequel nous frayons : ce monde porte tout de même la marque, pour ne pas dire la signature du diable — le catholicisme romain, d’ailleurs, comme s’il voulait à tout prix leur donner raison, renforçant cette conviction cathare en persécutant ses tenants !

 

Ajoutons à cela ce que le catholicisme a taxé de « docétisme » ce par quoi il désignait la conviction cathare que la venue du Christ parmi nous ne signifiait en aucun cas qu’il s’était englué dans notre chair ; au point que l’on trouve parmi les cathares l’idée que même la Vierge Marie par laquelle le Christ vient dans le monde ne doit pas être considérée non plus comme s’étant engluée dans ce monde — et nous voilà apparemment encore plus éloignés du protestantisme. Qu’est-ce que ce dernier enseignement cathare sinon une préfiguration de ce qui deviendra l’idée d’Immaculée conception de Marie ?

 

Aurais-je lancé un pavé dans la marre ? Voilà, je l’admets, qui demande une petite explication… 

 

L'Immaculée Conception et les cathares ! Quoi de plus étrange que le rapprochement de l'hérésie médiévale et de cette pierre d'angle du catholicisme populaire caressé aujourd'hui avec le plus de tendresse au sommet de la hiérarchie.

 

Voilà pourtant qui pourrait surprendre peut-être moins que l’on croit si l'on sait que ce que sont devenues Lourdes et Fatima est au bout d'un développement dogmatique qui aux XIIe et XIIIe siècles était perçu dans le catholicisme comme flairant plutôt l'hérésie. Et que l'opposition la plus farouche à cette hérésie d'alors était due aux cisterciens et aux dominicains, et notamment à travers ces deux piliers qu'en étaient Bernard de Clairvaux et Thomas d'Aquin. Deux ordres qui étaient aussi en pointe dans le combat contre une autre hérésie, très ouvertement stigmatisée celle-là : l'hérésie cathare, donc.

 

Chez les cathares, l’équivalent de ce qui deviendra le dogme de Immaculée conception, s’appuie sur l’idée, que j’ai mentionnée, selon laquelle l’humanité initiale, antécédente à la chute, est purement spirituelle, angélique. Marie ange : l'idée est explicitement dénoncée comme étant cathare par les inquisiteurs dominicains Moneta de Crémone ou Raynier Sacconi ou par le cistercien Alain de Lille. Quand en parallèle, nous l’avons vu, l'Immaculée Conception est combattue par cisterciens et dominicains...

 

Voilà donc des Réformateurs protestants (2) héritiers du coup, plus des ennemis des cathares, que des cathares eux-mêmes !

 

Point de liens apparemment avec le protestantisme initial, celui des Réformateurs. Point de rapport non plus avec les courants libéraux et leurs développements ultérieurs :

 

S’il s’agit bien pour le catharisme de réintégrer le monde spirituel dont le Christ est venu nous rappeler la mémoire perdue ; si cette réintégration accompagne le déroulement de l’histoire humaine, l’histoire pour autant, n’a dès lors pas d’autre réalité que celle d’un « ratage » de l’éternité.

 

Tout au plus l’histoire s’assimilerait-elle à une sorte d’alternative au purgatoire, au mieux. Sous cet angle, on peut penser concrètement à tel courant du catharisme occitan tardif, envisageant comme alternative au purgatoire la possibilité d’une transmigration des âmes dans l’histoire. Si cette notion reste marginale, elle n’en est pas moins indicative elle aussi de ce qu’il n’y a pas lieu de chercher grand-chose de positif dans l’histoire !

 

Point de rapport donc avec ces courants modernes du protestantisme accentuant l’espérance de l’approche du Royaume comme débouché d’un processus historique.

 

Point de sens a fortiori à trouver dans quelque « recherche d’un Jésus de l’histoire », l’histoire dans laquelle précisément Jésus, pour les cathares, ne devait à aucun prix s’engluer…

 

En résumé, on peut dire qu’on est dans deux mondes radicalement différents, traversant des époques très diverses, d’où ont émergé des approches de la foi sans doute bien étrangères l’une à l’autre…

 

Mais, ayant dit tout cela, je n’irai pourtant pas jusqu’à affirmer qu’il n’y a de rapport que d’opposition entre cathares et protestants. Même si elle existe, il y a d’abord une autre opposition, violente celle-là, l’antagonisme d’une Église cathare persécutée et d’un catholicisme romain persécuteur. Au cœur de cette opposition-là s’est dessinée l’existence d’une ecclésiologie alternative réelle, qui a incontestablement joué son rôle dans la naissance d’Églises qui rallièrent, bon an mal an, la Réforme. Des liens incontestables entre vaudois et cathares se sont noués au Moyen Âge, dans le cadre de ce qui a été appelé alors la « solidarité hérétique » ; des contacts qui ont nourri l’ecclésiologie vaudoise, puis hussite.

 

Tout un terrain de recherche, qui au-delà de l’incontestable distance dogmatique entre catharisme et protestantisme, vaut d’être exploré, jusqu’en la possibilité de traces sociologiques…

 

R. P.

 


 

(1) La synthèse que présente ce bref article repose sur une analyse des documents dont nous disposons sur le catharisme. Comme le rappelle Anne Brenon : « le catharisme est un phénomène médiéval exceptionnellement bien documenté, par des sources nombreuses, riches, diversifiées et entre elles complémentaires. Les textes d’origine cathare, deux traités et trois rituels, en latin et en occitan, apportent un heureux contrepoint aux ouvrages de la polémique anti cathare médiévale, et s’éclairent du témoignage des massives archives de l’Inquisition ».

 

(2) Même si, côté luthérien, et chez Luther lui-même, on ne mettait pas en question la notion qui deviendra par la suite le dogme catholique romain de l'Immaculée conception, étant dans un premier temps proche des courants philosophiques et théologiques (généralement franciscains), qui l'ont vue se développer (la façon dont le Traité de la liberté chrétienne de Luther parle de Marie pourrait aller dans ce sens). Cf. dans Les cathares et l'Immaculée Conception ces développements franciscains.

 

 

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