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Le public et le privé, entre l’intime et le commun

Par rolpoup :: mercredi 23 avril 2008 à 11:05 :: Raison & déraison

 

 

 

 

 

 

 


Le public et le privé,

entre l’intime et le commun

 

 

 

 

La distinction du public et du privé est très connue. C’est un classique des démocraties modernes au moins depuis Rousseau. Dans cette perspective, la société laïque relève du domaine public, le religieux relève du privé.

 

Cette distinction est relativement simple, apparemment fonctionnelle… jusqu’à ce qu’elle soit confrontée à certaines limites.

 

Où il apparaît qu’il faut clarifier cette distinction, en établissant des distinctions au sein des deux domaines, public et privé.

 

*

 

Je propose de distinguer, dans le domaine privé, deux pôles : 1) le privé partagé et 2) l’intime, ultimement inaccessible au partage.

 

Le privé partagé relève d’espaces qui ne sont pas publics. En terme de propriétés (privées), il peut être marqué par des panneaux « privé ». Il peut cependant être accessible, avec l’accord des propriétaires. Ce qui n’est pas le cas des espaces privés que l’on qualifiera d’ « intimes ». Notons qu’il y a des degrés d’accès du privé à l’intime : l’intime au sens strict est le religieux « Deus intimior intimo meo » selon la formule de saint Augustin : « Dieu m’est plus intime que ce qui m’est intime ».

 

Entre le privé partagé et l’intime, il y a donc une série de degrés, concernant ce qu’on ne fait pas en public, allant du sexuel au digestif, relativement intimes, très intimes même — mais pas autant que le religieux, au sens de l’intériorité, connue que du croyant et de son Dieu. C’est à ce sujet que la Réforme affirmait : « Ecclesia de intimis non judicat » — « l’Église ne juge pas des cœurs ». L’Église n’a donc pas accès à l’intimité religieuse de ses membres. A fortiori l’État, qui s’abstrait de la sphère religieuse comme il doit s’abstraire des chambres à coucher, sous peine de s’avérer totalitaire.

 

*

 

Dans le domaine public, on peut de même distinguer deux pôles : 1) le public commun, et 2) le public communautaire. Une distinction indispensable s’il l’on veut éviter les glissements vers le communautarisme visant à s’opposer à ce qui serait perçu comme des restrictions abusives de liberté de conscience et de la liberté religieuse.

 

Le domaine public commun est celui où la règle est la laïcité, sphère dans laquelle aucune religion ni philosophie ne sont fondées à imposer leurs rites et pratiques. Cela ne veut pas dire pour autant que les religions et philosophies soient cantonnées au domaine strictement privé. L’exercice du culte est public ! Sous peine de relever de volontés sectaires. C’est ce qu’il me semble falloir appeler « domaines publics communautaires », avec des rites communautaires.

 

Les rites communs, comme les célébrations qui marquent l’unité d’une nation (par exemple le 14 juillet pour la France), sont distincts des rites publics communautaires, qui pour être communautaires n’en sont pas privés pour autant. Il peut y avoir recoupement du domaine public communautaire avec le domaine public commun, en fonction des traditions communautaires devenues communes : par exemple Noël qui est à la fois fête publique communautaire chrétienne, et fête commune, jour officiellement chômé en France. La distinction entre la fête cultuelle, selon son aspect de fête publique communautaire, et la même fête en tant que fête commune, ne doit pas être négligée pour autant. Dans un cas comme dans l’autre, on n’est ni dans le privé, ni a fortiori dans l’intime, mais bel et bien dans deux aspects du domaine public, qui ne doivent pas interférer l’un sur l’autre.

 

*

 

De tout cela, il ressort qu’il serait utile de subdiviser la distinction domaine public / domaine privé et de reconnaître quatre niveaux distincts : domaine public commun (laïque) / domaine public communautaire / domaine privé / domaine intime.

 

RP

 

*

 

 

La réflexion ci-dessus est un développement que je propose aujourd’hui sur la base des propositions de débat suivantes, datant de 2004, sur le thème synodal de l’Église réformée de France :

 

« Confesser Jésus-Christ dans une société laïque.

Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ? »

 

 

Notre société laïque serait un monde où il y aurait une place pour chaque chose. Et avec un peu de bonne volonté, chaque chose serait à sa place. À un bout du rangement, il y aurait les choses publiques, pour lesquelles il y aurait un espace public neutre, avec ses différents lieux où l’on mettrait ces choses-ci : l’école, les administrations, la médecine publique, les mariages civils sous le regard du buste austère de Marianne et du portrait bienveillant du Président de la République, et autres choses de ce genre. À l’autre bout, il y aurait les choses intimes (sur lesquelles on ne s’arrêtera pas, naturellement : les choses intimes seraient celles dont, en principe il n’y aurait pas à parler en public : on les rangerait de préférence dans les chambres à coucher). Et, quelque part entre les choses publiques et les choses intimes, il y aurait des choses privées. Ces choses-là se rangeraient dans des lieux privés, mais pas nécessairement intimes — le mieux, pour que les choses soient les plus simples, serait de désigner les lieux en question comme tels, par exemple par des panneaux : « Privé ».

 

En principe, les choses religieuses devraient, au mieux, entrer dans ce genre de domaine. Or, voilà que les choses semblent moins simples. D’un côté on se demande si les choses religieuses ne relèvent pas carrément des choses intimes : Jésus n’a-t-il pas rappelé qu’il s’agit de prier après avoir fermé la porte de sa chambre (Mt 6, 6) ? Ce qui, remarquons bien, devrait permettre de clore définitivement la question des signes religieux en public ! Mais d’un autre côté, il semble quelque peu incongru, surtout s’il s’agit par ailleurs de dire sa parole sur les toits (Mt 10, 27), de marquer les temples d’un panneau : « lieu privé » ou « ne pas déranger ». Alors que faire ? comme disait Lénine en intitulé de son livre célèbre juste après la Révolution d’Octobre…

 

C’est au seuil de cette question que nous laisse l’intitulé de notre sujet synodal 2004 : « Confesser Jésus-Christ dans une société laïque ». Ou, pour le dire comme c’est dit en sous-titre : « Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ? » Mais au fait : vie privée, vie publique ?

 

À ce point, puisque les protestants rappellent à juste titre qu’ils ont joué un rôle non-négligeable dans la mise en place de notre société laïque [1] ; à ce point, les protestants que nous sommes pourraient bomber leur torse indiscutablement laïque, et se rallier à l’ordre des choses qui sont à leur place : — la confession de Jésus-Christ au temple, où, avec les lieux intimes, se cantonne son autorité, — la neutralité républicaine partout ailleurs. Avouons-le, c’est souvent de cette façon que semble se répartir ce qui fait autorité dans notre vie, parfois même à l’appui de l’autorité théologique de la théorie dite « des deux règnes [2] »… Entre lesquels règnes pourrait, éventuellement, se faufiler discrètement le droit humain de résistance à l’oppression [3]…?

 

C’est ici que rebondit la question de la place de la chose. Avant d’en venir à la résistance, peut-être faut-il envisager la possibilité d’éviter un pourrissement des situations tel que la résistance devienne nécessaire. Et donc peut-être, en deçà, faut-il envisager la possibilité de la vigilance et de l’interpellation. Et le cas échéant, il faut bien que la parole qui retentit à l’intérieur des temples produise quelque écho (ecclésial ou d’individus) vers le domaine public : ici ont résonné, en écho à l’Évangile et en contravention avec l’organisation de l’espace public d’alors, les voix des quakers et des méthodistes du XVIIIe siècle contre l’esclavage, de l’Église confessante allemande contre le nazisme, de Martin Luther King contre la discrimination raciale, des chrétiens d’URSS contre l’interdiction du culte public.

 

Voilà qui risque de nous situer dans un entre-deux. Comme le montrent les réflexions issues des Églises locales, la frontière entre les domaines n’est ni claire, ni tranchée.

 

C’est face à cela que les rapporteurs (*) proposent au Synode régional de l’ERF en PCAC de porter son regard sur les interstices entre les places des choses, entre les « espaces », se déclameraient-ils « espaces neutres » ; sur l’entre deux des pôles du privé et du public.

 

S’il est nécessaire de distinguer ce qui relève du religieux et ce qui relève du civil, d’avoir ces catégories présentes à l’esprit, il faut aussi ne pas perdre de vue qu’il y a continuité de l’une à l’autre. La liberté de conscience suppose bipolarité entre conviction personnelle et espace laïque public. Les deux restent en tension : toute conviction a nécessairement des manifestations publiques et l’espace public a nécessairement des effets sur la vie privée.

 

Ainsi, l’importance de la tolérance dans la confession de Jésus-Christ qui ressort de certains rapports de groupes ne relève-t-elle pas de l’influence de notre société plurielle ? Un Claudel ne disait-il pas, il n’y a pas si longtemps : « La tolérance, il y a des maisons pour ça ! » ?

 

Cette bipolarité entre intériorité (conviction) se manifestant extérieurement, et extériorité (espace public) nécessairement ancrée dans un référentiel de type religieux, est constitutive de la laïcité.

 

Cela est signifié éventuellement, par exemple, dans les fêtes chômées — le dimanche, le 25 décembre, le 15 août, ou depuis peu, Halloween, référence jusque dans les écoles (le religieux ici est-il dans l’Antiquité païenne ou dans le culte du réalisme économique ?), etc.

 

Une des vocations d’un État laïque est de garantir les conditions de l’exercice de l’esprit critique. Cela suppose la reconnaissance de cette bipolarité et la possibilité d’expression respectueuse, non coercitive, des options de conscience, « même religieuses », avec leur argumentation. C’est pourquoi nous attirons l’attention du Synode sur l’ « espace » qui se situe entre les différents domaines, notamment entre le domaine civil laïque et le domaine religieux. Dans cet espace s’exercent les convictions intimes. Dans la tolérance, s’y conçoit l’Autorité ultime qu’elles confessent face aux pouvoirs reconnus par convention — car le pouvoir n’est pas absolu !

 

À ce point, la confession publique de Jésus-Christ dans la société laïque, la reconnaissance, donc, d’une autorité qui n’a point vocation à s’imposer législativement — « mon Règne n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36) —, est — non-seulement vocation chrétienne non-négociable, mais accessoirement, — œuvre de salubrité laïque. Nous affirmons donc que non seulement la confession de Jésus-Christ ne se fait pas malgré la laïcité, mais qu’au contraire elle se veut garante de la laïcité.

 

Bref :

 

Si l’on se réfère à Jésus-Christ comme autorité intime dans nos vies, la confession de son nom se fera publiquement et en pleine liberté. Cela en tant que son Règne n’est pas de ce monde où évoluent les « pouvoirs et autorités ». C’est précisément dans la mesure où la société est laïque que l’Église trouvera dans son abdication de toute autorité qui ne serait pas celle de Jésus-Christ (volontairement dépouillé de tout pouvoir) sa vocation à le confesser publiquement.

 

Reconnaître l'autorité de Jésus-Christ implique de le confesser, ce qui est l'accomplissement de notre vocation de chrétiens, à fin de :
- Libération des individus de l'emprise des pouvoirs,
- Protection de la laïcité face aux États totalitaires,
- Protection de la laïcité face à la mainmise des religions.

 

 

* Rapporteurs Mireille Lanza, Martine Kentzinger, Roland Poupin
Confesser Jésus-Christ dans une société laïque.
Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ?
Synode de l’Église réformée de France en PCAC,
Cannes, novembre 2004

 

 

 

________________________________

 

[1] Du pasteur Rabaut St-Etienne, inspirant l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 sur la liberté des « opinons, même religieuses », lequel article inspira à son tour l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 sur la liberté de conscience et de religions, jusqu’à la loi de 1905 réclamée avant d’être accueillie avec soulagement, cela pour ne pas remonter aux premières constitutions laïques mises en place à l’occasion des révolutions protestantes anglo-américaines.

 

[2] Souvent attribuée à Luther, cette théorie veut, schématiquement, qu’il y ait un règne extérieur, celui de l’État, bien distinct de celui de l’Église, concernant les âmes.

 

[3] Déjà revendiqué par Théodore de Bèze (in Du droit des magistrats).

 

 

 

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