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De la beauté

Par rolpoup :: mardi 16 décembre 2008 à 16:08 :: Raison & déraison

 

 

 

 

 

 

 


De la beauté

 

 

 

 

« Je suis noire et belle… » Ainsi s’ouvre le Cantique des Cantiques (chapitre 1, verset 5).

 

« Je suis noire et belle… », selon la traduction correcte — et la seule possible — de ce verset rendu depuis des siècles de façon malencontreuse — pour ne pas dire malveillante — par : « Mais belle » ! Il n’y a pas de « mais » en hébreu. Il n’y a pas de « mais » non plus dans la version grecque des Septante.

 

La première version célèbre où apparaît le « mais » est la Vulgate, la version latine de saint Jérôme (Ve siècle).

 

Puis l’habitude s’est perpétuée dans toutes nos traductions, habitude chargée souvent de malveillance pour les frères et sœurs de la Sulamite : depuis le XVe siècle, le racisme a commencé ses ravages, via la classification et la hiérarchisation des « races ». Les traductions modernes sont ultérieures à ce tournant… L’habitude malencontreuse n’a cessé — concernant le français — qu’avec la traduction d’André Chouraqui, qui a emboîté le pas à Léopold Sédar Senghor, pour donner la première traduction française à ma connaissance à avoir repris l’original : « Je suis noire et belle… »

 

Mais pourquoi ce « mais » ?

 

Est apparue dans le monde méditerranéen de l’Antiquité, en ses zones « blanches », une association de la couleur sombre, évoquant la nuit, avec le péché — et on a fini par dériver sur la noirceur comme symbole du péché !… (qui n’a rien de beau !) D’où le glissement vers le « mais » (qui n’est en aucun cas dans le texte), venant jusqu’à occulter totalement que noire est la beauté… Ce qui dans le texte, n’est pas douteux.

 

Loin d’être associée au ténèbres, la noirceur de la Sulamite du Cantique est solaire ! Ce que n’ont pas perdu de vue les zones à peau noire de la Méditerranée antique. Ainsi l’Égypte. Origène d’Alexandrie (IIe-IIIe siècles) voit dans la noirceur de la Sulamite l’annonce de la venue de l’Église au Christ — figure solaire s’il est en ! Or les premiers lieux de développement de l’Église, rappelle Origène, sont en Égypte / Éthiopie, où les populations sont de teint noir : pour l’Éthiopie, comme — en ces époques antérieures à l’invasion arabe — pour l’Égypte, même après la domination grecque qui n’a pas empêché le maintien d’une majorité de population descendante de l’ancienne Égypte, et donc, noire. Origène voyait dans ce texte une prophétie annonçant cette première Église éthiopienne-égyptienne, copte donc, captant sa beauté de la beauté de son Dieu

 

Mais pourquoi est-ce que noire est la beauté ? La noirceur de la Sulamite du Cantique a été perçue très tôt dans les exégèses anciennes comme symbole de beauté, précisément, cela en tant que la beauté se reçoit d’ailleurs, d’un regard extérieur, de Dieu en l’occurrence : la couleur noire est captatrice de lumière, de la lumière qui dévoile la beauté. Beauté donc dans toute son intensité, mais qui n’a pas sa source en elle : le noir indique alors un vis-à-vis, signe d’altérité irréductible — celui qui est entre la beauté et sa source éternelle. Aux origines, c’est ce vis-à-vis que signale la beauté de la Sulamite, le vis-à-vis de la Bien-Aimée et de son Aimé, Dieu finalement.

 

« Je suis noire et belle… ». C’est le soleil, rayonnement du regard de mon Bien-Aimé, et de mon éternel Bien-Aimé sur ma beauté, qui m’a donné ma couleur, signe du désir de mieux capter sa lumière, source de toute beauté.

 

*

 

La beauté relève en effet de la transcendance, jusqu’en ce qu’elle a de plus intrinsèque. Particulièrement en ce qu’elle a de plus intrinsèque.

 

On est ici dans une conception classique, enseignée dans la tradition platonicienne, tradition platonicienne chrétienne incluse : le beau est un des trois « transcendentaux » : le Bien, le Vrai, le Beau.

 

Trois Idées transcendantales, au-delà des autres Idées divines selon lesquelles se modèle le monde, telles la « circularité » pour les cercles, quelles que soient leurs matières, la « chevalité » pour l’espèce cheval, l’humanité pour l’espèce humaine, etc.

 

Au-delà de ces Idées-modèles, sont ces trois Idées transcendantales que sont le Bien, le Vrai, le Beau — objets respectivement de l’éthique, de la logique, et de l’esthétique. Le mot « esthétique » vient d’un mot grec signifiant la perception. En l’occurrence la perception donnée par les sens. Ce que la tradition aristotélicienne, incluant la tradition aristotélicienne chrétienne désigne comme « le sensible », accessible aux sens, distinct de ce qui est « intelligible », accessible à l’intelligence.

 

La beauté se perçoit via l’expérience des sens. À ce titre elle est rencontrée dans des objets qui sont perçus comme beaux. Et en premier lieu dans les textes bibliques, écrits par des hommes : les femmes. On trouve d’autres lieux de la beauté, parfois masculins, comme dans le nom de Japhet, fils de Noé. La plupart de temps, elle est discernée dans la beauté des femmes, suscitant l’amour ; et souvent transposée de façon analogique à l’amour de Dieu pour son peuple. Ainsi lit-on que Sion est d’une beauté parfaite. Ainsi le Cantique des Cantiques louant la beauté de la Sulamite est-il reçu comme une métaphore de l’amour de Dieu, comme source et contemplateur de la beauté de son peuple.

 

La beauté se perçoit dans tel corps, mais elle se perçoit comme étant en quelque sorte au-delà de ce corps-même. Signe de cela le flétrissement des corps qui n’empêche pas la perpétuation et développement de l’amour, percevant comme la source de la beauté reflétée dans la beauté du corps, qui pourtant est voué à se flétrir.

 

Où il faut s’interroger sur ce qu’on appelle les canons culturels de la beauté… Car on sait que d’une culture à l’autre, d’une époque à l’autre, ce que l’on perçoit comme beau est variable. S’il fallait une preuve de cela, on l’aurait dans la persistance de la mauvaise traduction du Cantique, et de cette insistance à maintenir un « mais », signe de l’incapacité d’une civilisation « blanche » à percevoir qu’en son teint solaire précisément, sa « noirceur », est la beauté de la Sulamite. Insertion culturelle de la perception de la beauté !

 

Si nos conceptions de la beauté sont inculturées, la découverte d’autres cultures, nous permet de l’élargir, nous faisant rejoindre en quelque sorte l’effort des philosophes, qui se sont régulièrement essayés à nous donner leur conception de ce qui est primordial, de leur premier principe comme source la beauté : l’Idée pour Hegel, l’Être pour Heidegger, la Volonté pour Schopenhauer…

 

Pour en rester à la beauté féminine, Schopenhauer, anticipant les psychologues évolutionnistes américains contemporains, y voit l’expression de l’obscure Volonté originant la vie : le vouloir-vivre malheureux, animant chaque être et le vouant à se perpétuer. Ici les courbes harmonieuse d’une femme ne sont rien d’autre que la promesse d’une bonne procréatrice, réceptacle de perpétuation des gènes, équivalent d’un corps masculin musclé ou d’un porte-feuille bien garni comme garantie pour la femme d’un bon protecteur de sa progéniture.

 

Voilà qui nous renvoie d’une toute autre façon, par delà notre perception individuelle et son conditionnement culturel, vers une source transcendante de la beauté, transcendant même éventuellement sa captation par la sombre volonté : le texte biblique nous met en garde (notamment au livre des Proverbes) contre la « beauté trompeuse » et ses pièges.

 

La tension vers cette source transcendante sera notamment le moteur de l’art. L’art comme copie de la nature, comme l’ont dit des philosophes, mais pas uniquement : l’art aussi comme moyen de tendre à compléter ce qui manque à la nature, où se signifie la beauté, ce qui ne l’empêche pas d’être en elle-même laide et cruelle.

 

L’expérience esthétique qui permet de tendre vers cette transcendance se déploie aussi, comme art, dans un contexte culturel. On dit communément par exemple que la première expérience esthétique de la nature se trouve chez le poète du XIVe siècle Pétrarque, expérience vécue par lui à l’occasion d’une ascension du Mont Ventoux. Jusque là, on semble n’avoir, au Moyen Âge, de rapport qu’utilitaire à la nature, mais point esthétique.

 

Le passage par la poésie, pratiquée par Pétrarque, et notamment la poésie de la fine Amor, exaltant la Beauté de la Dame en un sens largement platonicien, au sens où la beauté transcende celle qui la porte, est vraisemblable. Pensons au troubadour Raimbaud de Vaqueyras, amoureux d’une dame égyptienne qu’il n’a jamais vue, sur le simple ouï dire de sa beauté !

 

L’influence de la mystique musulmane est ici probable, qui sera corrigée par un Occident fortement monastique. Ainsi chez Bernard de Clairvaux, la Vierge Marie devient La Dame, Notre Dame, beauté par excellence.

 

Voilà donc la beauté située au-delà des créatures, et qui trouve son expression en ce monde, en divers lieux de manifestations, dont la splendeur de la nature, qui depuis l’expérience esthétique de Pétrarque, est largement devenue un acquis culturel partagé.

 

La beauté fonde donc une démarche d’abstraction. On a parlé de Bernard de Clairvaux : on ne peut manquer de constater l’effort d’abstraction de l’esthétique cistercienne, allant de l’absence de représentations au dépouillement de l’architecture.

 

Un effort d’abstraction qui sera radicalisé dans l’héritage de la Réforme, et notamment réformée/calviniste, dont le dépouillement des temples n’a rien à envier au dépouillement cistercien !

 

Le sens de la transcendance du Beau a été activé de la sorte, à l’appui de la notion protestante de justification forensique (étrangère), de grâce forensique : ce qui fonde mon être devant Dieu, ce qui me sauve, m’est radicalement étranger, extérieur — fût-ce dès lors ce qui m’est le plus intrinsèque — : c’est le regard de Dieu qui m’établit en dignité, qui me justifie — c’est ce regard qui est la source de toute beauté.

 

 

R.P.

Cannes, Institut Stanislas,
9 décembre 2008

 

 

 

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