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« Il a mis
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"J’ai mis devant toi la vie et la mort"…

Par rolpoup :: mardi 23 juin 2009 à 12:55 :: Entre temps

 

 

 

 

 

 

 


“Choisis la vie” — du cœur de la tempête

 

 

 

 

 

« J’ai mis devant toi la vie et la mort… Tu choisiras la vie » (Deutéronome 30, 19)

 

 

Pour situer notre responsabilité d’humains dans la sauvegarde la Création, il faut rappeler que la Création se distingue de la nature, qui n’a rien d’idyllique !

 

La nature, c’est tout de même des choses comme cela : « Jeune encore, écrit Théodore Monod, lorsque je commençais à m'intéresser à l'histoire naturelle, j'ai rencontré en Normandie un malheureux crapaud, dont le visage, la face était partiellement détruite par la croissance d'une larve de diptère. Certaines pondent dans les fosses nasale des crapauds ; la larve, en se développant, détruit une partie de la tête de ce malheureux animal. Songeons aussi aux parasites ! Les apologistes n'y pensaient pas. Ils ne savaient peut-être pas qu'il en existait. Or, les parasites composent un monde incroyable. Il s'en trouve partout. Il n'est pas une espèce animale qui ne connaisse ses parasites externes ou internes. Ces derniers peuvent causer des ravages physiques considérables, provoquant des souffrances qui ne le sont pas moins. Imaginer que tout provient de la volonté d'un Dieu miséricordieux, compatissant à l'égard de ses créatures, voilà qui paraît difficile à admettre, quand on contemple la vérité physique de l'affreux spectacle de la nature. Pour aborder de tels problèmes, peut-être faudrait-il posséder des connaissances, dont ne disposent pas la plupart d'entre nous. »

 

La nature est aussi cela, à distinguer donc de la Création d'après Genèse 1, notion théologique, reçue dans la foi selon un récit qui la présente comme relevant du projet de Dieu, et qui, arrivant à son terme, est proclamée « bonne » par Dieu.

 

Un projet dont l’homme est partie prenante, lui qui est aussi partie de la nature comme réalité douloureuse où se meuvent les parasites et les prédateurs, dont l’homme fait bien sûr aussi partie.

 

Et pourtant l’humain est d’emblée donné, et se perçoit, comme ayant un rôle « culturel » (cultiver et garder « le jardin », qui n’est pas la nature, ou qui correspond à un projet de Création dans la nature) — cela en lien avec sa capacité de réflexion, de mise à distance d’avec la nature. L’être humain est donné comme dual dès le terme du chapitre 1 de la Genèse — « homme et femme » — dualité qui fonde sa capacité de mise à distance : d’avec lui-même, comme être dual, et donc réflexif ; d’avec Dieu qui est autre, d’avec la nature dont il est partie prenante.

 

Un projet créateur mû en son terme par des images comme celles du livre d’Ésaïe, où le lion et l’agneau passaient ensemble et où les épées sont changées en socs de charrue  — véritable visée utopique qui ouvre sur le terme du projet de Création.

 

*

 

Mais le projet initial, comme risque du devenir, nous est donné comme nature, et comme glissement et dérapage — un échec qui voit cette parole terrible de la Genèse où « Dieu se repent d’avoir fait l’homme sur la terre » : quelque chose ne correspond pas au projet créateur dont l’homme est co-responsable.

 

La visée idyllique du prophète Ésaïe reste à l’état d’utopie. Signe intéressant : l’homme dans le projet de Création (Gn 1) se voit projeté comme végétarien (ce qui limite la violence à l’égard des animaux) : « tu mangeras toute plante portant fruit et semence » ; tandis qu’après le déluge, marque du terrible repentir de Dieu, l’homme se voit accorder la manducation de nourriture carnée (Gn 9).

 

Partie de la nature, l’homme n’en limite que partiellement la violence et la menace inhérente, voire contribue à l’accentuer ! Jusqu’à la crise écologique…

 

*

 

On peut comparer la crise écologique qui est devant nous, qui est déjà là, à une tempête, une gigantesque tempête… Comme les tempêtes qui seraient celles d’une mer agitée… mais avec désormais une dimension incommensurable : la tempête menaçant de tout détruire, selon une des perceptions de la mer dans l’Antiquité.

 

La mer, dans l'Antiquité, a de nombreuses significations, elle a des connotations diverses, un sens ambigu.

 

La mer a certes une dimension positive : on en tire nourriture. Hélas d’une façon qui nous conduit aujourd’hui à menacer des espèces entières, et l’équilibre écologique avec.

 

Mais la mer a alors surtout une signification négative, qui s'exprime dans les tempêtes. Toujours menaçante, la mer signifie tout ce qui brave la Création.

 

Seul Dieu peut la dompter et en fixer les limites. La mer a même une dimension de symbolique diabolique. C'est ainsi, que, toujours symboliquement, l'Apocalypse annonce le jour où la mer ne sera plus.

 

La mer ramène alors symboliquement à la menace qui pèse aujourd’hui sur la survie de la planète. Menaçante, la mer n'échappe cependant pas au pouvoir de Dieu, au point-même que son Esprit n'est pas étranger à ses agitations. Rappelez-vous la Genèse, le récit de la Création : l'Esprit de Dieu planait à la surface des eaux.

 

*

 

Relevons deux textes bibliques parmi ceux qui marquent cela :

 

Job 38, 1 & 8-11 :

1  Le SEIGNEUR répondit alors à Job du sein de l'ouragan et dit :

8  Quelqu'un ferma deux battants sur l'Océan
quand il jaillissait du sein maternel,

9  quand je lui donnais les brumes pour se vêtir,
et le langeais de nuées sombres.

10  J'ai brisé son élan par mon décret,
j'ai verrouillé les deux battants

11  et j'ai dit : « Tu viendras jusqu'ici, pas plus loin ;
là s'arrêtera l'insolence de tes flots ! »

 

Marc 4, 35-41

35  Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit : « Passons sur l'autre rive. »

36  Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque où il se trouvait, et il y avait d'autres barques avec lui.

37  Survient un grand tourbillon de vent. Les vagues se jetaient sur la barque, au point que déjà la barque se remplissait.

38  Et lui, à l'arrière, sur le coussin, dormait. Ils le réveillent et lui disent : « Maître, cela ne te fait rien que nous périssions ? »

39  Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.

40  Jésus leur dit : « Pourquoi avez-vous si peur ? Vous n'avez pas encore de foi ? »

41  Ils furent saisis d'une grande crainte, et ils se disaient entre eux : « Qui donc est-il, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

 

 

*

 

On sait que l'Église a souvent perçu l'épisode de la tempête apaisée comme signifiant sa propre situation : barque du Christ sur les flots agités de ce monde.

 

Situation plus ou moins réelle selon tel ou tel contexte. L'Église primitive, on le sait, prenait le large, s'embarquant, fragile, face à un Empire romain qui ne lui épargnait ni violence, ni persécution. Elle était évidemment fondée à trouver une consolation dans ce texte, dans le récit de ce miracle de Jésus.

 

Les choses étant ce qu'elles sont, l'Église a continué, en d'autres périodes, à faire sienne cette lecture du miracle. L'Église s'est rarement avouée en situation tempérée. Il est vrai que l'inconfort, la menace, la douleur, ne connaissent pas de baromètre objectif. Telle personne subira comme une véritable catastrophe un revers que telle autre jugera insignifiant.

 

Cette subjectivité à l'épreuve est fonction de l'éducation, des influences diverses, de la culture, etc. Cela doit nous conduire à l'humilité.

 

L'écrivain anglais George Orwell, dans son ouvrage décrivant les systèmes totalitaires, intitulé 1984, nous montre un pouvoir policier proche de la toute-puissance, parvenir à force de surveillance à connaître les terreurs intimes de ses sujets. Tel sera terrorisé par les insectes, tel par les incendies, tel par les instruments chirurgicaux, etc. Le héros du livre d'Orwell est terrorisé par les rats. Le pouvoir le sait et utilisera à son égard cet instrument-là de torture, voire simplement de menace de torture, les rats.

 

Ne sachant pas ce qu’endure autrui, nous sommes naturellement tentés de penser que nos épreuves à nous, quand nous en subissons, nos tempêtes, sont les plus menaçantes.

 

Mais combien de pays en proie à la violence — avec des bourreaux à l'abri du regard des médias ? Et là, pour dire à quel point nous sommes de toute façon dans la même mer, il faudrait gratter assez peu pour découvrir que le silence médiatique n'est pas sans rapport avec la présence ou l'absence de matières premières recherchées de notre côté du monde…

 

Dans le même ordre, autre exemple d'inconfort plus significatif que le nôtre, plus besoin de gratter — c’est désormais connu —, l'explosion démographique des bidonvilles des pays du Sud n'est pas sans rapport avec le prix de nos produits de consommation, du café jusqu’au bœuf, que nous souhaitons naturellement maintenir au plus bas, accentuant indirectement un exode vers les villes des petits paysans de nombreux pays — cela sans compter la déforestation servant à cultiver un soja qui nourrit les animaux qui finissent dans nos assiettes, quand ce n’est pas, concernant le même soja, dans les moteurs de nos voitures.

 

Rapport quand même lointain, pourrait-on dire, avec notre tempête à nous ! Sauf que comme opinion publique, il est une façon de pester contre notre tempête, qui du coup n'est pas la nôtre seule, qui incite nos dirigeants à tenter de l'apaiser en faisant, non pas des miracles, mais des démarches, ou des non-démarches, par lesquelles, bien que les intermédiaires continuent à sucrer leur café au passage, les prix octroyés au départ restent bas, ainsi que les conditions sociales, et les déséquilibres mondiaux sont maintenus — ce qui va jusqu'à grossir le chômage chez nous. Sans compter l’épuisement de la planète…

 

Car si on pense ici à la crise économique et financière, on peut dès lors aussi penser à la crise écologique — sans doute primordiale. Si la destruction de la planète et de ses ressources continue à ce rythme, certains avertissent que dans dix ans le basculement pourrait être irréparable. Alors les problèmes engendrés par la crise financière actuelle pourraient même relever de l’anecdote !

 

Reste un constat : nous sommes décidément tous dans la même mer…

 

*

 

Tout cela, faisant un petit retour au texte de Marc, pour y constater que c'est la mer, précisément, que Jésus apaise, la mer qui est la même pour tous ; il ne propose pas de ramener la barque au bord. Il apaise la tempête en lui donnant un ordre.

 

Jésus apaise le vent. Souffle de Dieu ou vent créé, esprit angélique ou démoniaque, esprit bon ou mauvais, souffle et vent. L'Esprit de Dieu souffle où il veut, dit Jésus. Jésus se montre ici être comme Dieu, celui qui fixe ses limites à la mer, celui qui donne l'esprit ou le retient, celui qui donne ses ordres à la mer et aux anges et esprits et souffles, mais ne leur fait pas de concessions.

 

*

 

Voilà qui nous ramène à notre tempête à nous, elle aussi plus vaste que notre seule barque, voilà qui nous ramène à notre crise économique et sociale, financière, et écologique. La tempête s'apaise pour tous, signifie Jésus en réduisant à l'obéissance la mer et le vent ; elle s'apaise pour tous ou ne s'apaise pas.

 

Et ici Jésus pose une interpellation, comme celle du livre de Job percevant la voix de Dieu du milieu de la tempête. On a dit, on le sait, qu'un des aspects de la crise est le repli, cellulaire, individuel, affectif ou financier — après moi le déluge...

 

Au plan religieux, un tel repli s'appelle la secte ou l’intégrisme. Les mouvements religieux en Europe connaissent à peu près tous l’effet de la crise. Crise financière, crise de fréquentation, crise des effectifs, parallèle du chômage.

 

Or, cela n'est pas tout à fait vrai de tous les mouvements religieux. Actuellement, des mouvements religieux prospèrent, ceux qui promettent que demain, on rase gratis.

 

Or, un groupe qui succombe à la tentation sectaire ou intégriste ne prospère que grâce à la tempête. Mal serait venu à ceux vivent ainsi sur le mode du repli identitaire de tenter de l’apaiser. Plus c’est agité ailleurs, plus c’est calme chez nous, dans notre mouvement, et bientôt dans tous les lieux que l’on aura conquis : demain, on rase gratis. C’est qu’en général, là, on n’a jamais vraiment pris la mer, ou on y a renoncé, gesticulant plutôt depuis la plage.

 

Mais lorsqu’on voit sa barque être d’une façon ou d’une autre poussée à la mer, on découvre alors à quel point on ne l’avait peut-être pas prise jusqu'alors. Que proposer quand on ne fait que s’exclamer contre le monde ? Le fuir ?

 

Car au milieu des flots, contrairement à ce qu’il en est sur la plage, les choses peuvent s’avérer moins simples. Cela est vrai aussi au niveau de la Cité, la vaste Cité humaine… Où nous sommes placés. Ce qui nous ramène aux pays pauvres, l’immense majorité de l’humanité. Au niveau de la Cité, l'équivalent de la secte existe aussi. C'est là aussi le repli sur soi, grâce auquel en temps de crise, seule la démagogie prospère. Elle n'a dès lors aucun intérêt à voir cesser la tempête. Parce qu'elle prospère grâce à elle, et parce qu'en outre, elle ne l'affronte pas, restant sur la plage.

 

Et quand on découvre que la tempête ne sera évidemment pas apaisée comme cela, on risque de voir simplement couler sa barque qu’on a bien bétonnée… Au rythme de la musique du Titanic : tant que ce n’est que le niveau inférieur qui est sous l’eau, tout va bien !

 

*

 

Dans la situation qui est la nôtre, le récit du miracle de la tempête apaisée est un appel :

            - à la confiance : Dieu a pouvoir sur toutes les tempêtes ;

            - et, sachant qu'il n'apaise la tempête que pour tout le monde et que notre barque ne peut connaître de paix que quand la tempête est apaisée pour tous, à aller courageusement dans le monde, pour notre humble part, à notre humble place, y vivre de façon responsable, concrète et réaliste, dans la solidarité, et dans un esprit de prière vraiment universelle. Esprit d'ouverture œcuménique qui résiste aux tentations sectaires. Esprit de solidarité qui résiste aux égoïsmes et autres replis.

 

Il ne nous est finalement demandé pas grand chose d'autre que la vigilance et la fidélité dans les petites choses. Mais ce peu de choses nous est demandé. Avec cette promesse : prenez courage, à Dieu obéissent même le vent et la mer de toutes nos crises.

 

*

 

Voilà ce qui me semble être une réponse au sentiment d’être face à quelque chose de difficile à appliquer, lourd pour les individus que nous sommes, paralysés par les à quoi bon ? Les faits sont si énormes et mon attitude une goutte d’eau…

 

Où l’on retrouve les paroles du ch. 30 du Deutéronome qui précédent notre thème « choisis la vie », qui en est le v. 19. Je relis quelques versets donnés juste avant (v 11-14) :

 

11 […] ce commandement que je te donne aujourd'hui n'est pas trop difficile pour toi, il n'est pas hors d'atteinte.

12 Il n'est pas au ciel; on dirait alors: "Qui va, pour nous, monter au ciel nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?"

13 Il n'est pas non plus au-delà des mers; on dirait alors: "Qui va, pour nous, passer outre-mer nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?"

14 Oui, la parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, pour que tu la mettes en pratique.

 

Où l’on rejoint le fameux « troisième usage de la Loi », pour une nouvelle compréhension de son utilité. Il ne nous est demandé que ce qui est à notre portée, mais cela nous est demandé.

 

J’ai fais allusion à la distinction calviniste de trois usages de la Loi biblique : l’usage pédagogique, l’usage politique et l’usage normatif.

 

- Selon son usage pédagogique, la Loi produit en l’homme la conscience de son incapacité à accomplir ce qu’elle prescrit ou défend (exemple classique : l’interdit de la convoitise — qui peut dire être exempt de convoitise ? Son interdiction est pourtant un précepte du Décalogue / précepte final les «Dix commandements»). Sous cet angle, la Loi sert de «pédagogue» pour nous conduire à recourir à la grâce de Dieu : reconnaissant n’être pas à la hauteur de ses exigences, j’en appelle à Dieu. (Galates 3:24 : « la loi comme pédagogue pour nous conduire à Christ » en qui la grâce de Dieu est dévoilée en toute clarté, « afin que nous soyons justifiés par la foi »).
C’est là le fondement de l’enseignement luthérien de la justification par la foi seule, reçu sans réserve par Calvin.

 

- Selon son usage politique ou civil, la Loi a pour but de restreindre le mal dans la Cité et de promouvoir la justice. Elle fournit des principes, qui s’appliquent de façon analogique selon les temps et les lieux dans la vie civile et politique.

 

- Selon son troisième usage, la Loi devient chemin de libération. C’est pour Calvin, qui se démarque ici de Luther, le principal usage de la loi : notre libération est effectivement mise en œuvre par ce que produit en nous l’injonction de la Loi. Exemple : le commandement donné à Abraham, ou au peuple libéré de l’esclavage : «quitte ton pays», «sors de l’esclavage». La libération qui est dans le recours à la grâce ne produit son effet que si elle reçue et donc mise en œuvre.

 

La liberté donnée à la foi seule qui reçoit la grâce — ce seul recours, selon l’usage pédagogique de la Loi — ; cette liberté ne devient effective que lorsque l’exigence de la Loi donnée comme norme suscite, parce qu’elle est entendue, la mise en route obéissante.

 

*

 

Je rappelle aussi, les calvinistes ne pratiquant pas plus que les autres chrétiens les 613 mitsvoth — les 613 commandements de la Loi biblique…, qu’il faut parler, à côté de trois usages de la Loi, de trois aspects de la Loi : l’aspect moral, l’aspect cérémoniel et l’aspect judiciaire.

 

L’aspect cérémoniel (les cérémonies religieuses de la Loi) et l’aspect judiciaire (dans la gestion de la vie le la Cité), sont perçus, quant à leur lettre, comme correspondant à un temps et à une culture donnée. Mais ils peuvent varier dans leur pratique selon les circonstances. Ainsi, quant à l’aspect cérémoniel, on ne pratique pas aujourd’hui de sacrifices d’animaux dans le Temple de Jérusalem — de toute façon détruit (sacrifices correspondant pourtant à des préceptes cérémoniels). Une perspective calviniste considère que cela vaut pour tout commandement en son aspect cérémoniel — lié à des temps, des lieux, des cultures. Cela vaut aussi pour l’aspect judiciaire : par exemple les formes de gouvernements, qui sont variables selon les lieux.

 

En revanche l’aspect moral, comme norme idéale, comme visée de perfection — qui au-delà du Décalogue, se résume au «double commandement» : «tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton être et ton prochain comme toi-même»  — ; cet aspect de la Loi n’est pas sujet aux variations culturelles, même si son application s’adapte aux circonstances dans ce qui est l’usage normatif de la Loi.

 

Le troisième usage de la Loi, l’usage normatif, apparaît alors comme mise en œuvre de son aspect moral, comme injonction libératrice.

 

Or cela vaut tout particulièrement, me semble-t-il, face au sentiment que nous ne pouvons rien au chaos envahissant rendant si apparemment insignifiants nos désirs de ne pas oublier de couper l’eau plutôt que de la laisser couler pour rien…

 

Le chaos, la tempête écologique, Dieu a le pouvoir de la calmer, à l’occasion aussi de nos simples gestes, de notre simple attention à la vie que nous sommes enjoints à choisir, à notre humble mesure.

 

Où l’on retrouve les préceptes comme «lève-toi et marche» commandement adressé par Pierre au paralytique ; «sors de ta tombe» ; commandement adressé par Jésus à Lazare, «va pour toi» (lekh lekha) commandement adressé dans la Genèse à Abraham — et «tu choisiras la vie», l’injonction libératrice que donne le Deutéronome.

 

Telle est alors la parole de Dieu donnée comme Loi, parole libératrice, créatrice d’impossible.

 

Parole d’un Dieu vivant et vivificateur qui fonde de la sorte la création. Parole de libération établissant pour la liberté des êtres responsables.

 

 

R.P.

AJC Draguignan, 22.06.09

 

 

 

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