UNE AUTRE FOI - http://rolpoup2.zeblog.com/ <link rel="alternate" type="application/xml" title="RSS Commentaires" href="http://rolpoup2.zeblog.com/rsscom.php" /> <body>

UNE AUTRE FOI

<body>

À propos

« Il a mis
dans leur cœur
la pensée de l’éternité »


(Ecclésiaste 3, 11)


Catégories

Billets

-> Tous les billets /
Table des matières

Pages

<h3>Calendrier</h3> <table class="calendrier"> <caption class="calendrier-mois"><span class="calendrier-prec"><a href="http://rolpoup2.zeblog.com/2017/10">«</a></span>&nbsp;<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/2017/11">Novembre&nbsp;2017</a></caption> <tr><th abbr="Lundi">Lun</th><th abbr="Mardi">Mar</th><th abbr="Mercredi">Mer</th><th abbr="Jeudi">Jeu</th><th abbr="Vendredi">Ven</th><th abbr="Samedi">Sam</th><th abbr="Dimanche">Dim</th></tr> <tr><td colspan="2">&nbsp;</td><td>1</td><td>2</td><td>3</td><td>4</td><td>5</td></tr> <tr><td>6</td><td>7</td><td>8</td><td>9</td><td>10</td><td>11</td><td>12</td></tr> <tr><td>13</td><td>14</td><td>15</td><td>16</td><td>17</td><td>18</td><td>19</td></tr> <tr><td>20</td><td>21</td><td>22</td><td>23</td><td>24</td><td>25</td><td>26</td></tr> <tr><td>27</td><td>28</td><td>29</td><td>30</td><td colspan="3">&nbsp;</td></tr> </table> <br> <h3>ERF Antibes/Vence :</h3> <a href="http://erfantibesvence.wordpress.com/" title="Église réformée de France à Antibes, Cagnes-sur-Mer et Vence" target="_blank"><img style="color:#000; border: 0px solid ; border-right: 1px solid ; border-bottom: 1px solid ; height: 50px; width: 200px;" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/r/rolpoup1/acv15.10.jpg" title="Église réformée de France à Antibes, Cagnes-sur-Mer et Vence" alt="Église réformée de France à Antibes, Cagnes-sur-Mer et Vence"></a> <br> <h3>Côté KT :</h3> <a href="http://ktrolpoup.zeblog.com/" title="Catéchisme" target="_blank"><img style="color:#000; border: 0px solid ; border-right: 1px solid ; border-bottom: 1px solid ; height: 50px; width: 200px;" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/ktrolpoup/kt56.jpg" title="Catéchisme" alt="Catéchisme"></a> <br> <h3>Prédications/méditations :</h3> <a href="http://rolpoup2.blogspot.com/" title="Prédications/méditations" target="_blank"><img style="color:#000; border: 0px solid ; border-right: 1px solid ; border-bottom: 1px solid ; height: 50px; width: 200px;" src="http://rolpoup.files.wordpress.com/2009/02/bible-gutenberg1.jpg" title="Prédications/méditations" alt="Prédications/méditations"></a> <br> <h3>Prédications :</h3> <a href="http://rolpoup2.blogspot.com/" title="Prédications / Dimanches et fêtes" target="_blank"><img style="color:#000; border: 0px solid ; border-right: 1px solid ; border-bottom: 1px solid ; height: 50px; width: 200px;" src="http://rolpoup.files.wordpress.com/2009/02/bible-gutenberg1.jpg" title="Prédications / Dimanches et fêtes" alt="Prédications / Dimanches et fêtes"></a>

Et puis...


Rechercher
dans les blogs 'rolpoup'


Fils RSS


Page copy protected against web site content infringement by Copyscape

(Ɔ) - Citer avec le lien
UNE AUTRE FOI


<script src="http://shots.snap.com/ss/052aabba95571680aaf32a0d71a38e43/snap_shots.js"></script>

Page précédente / Page suivante

<a name='e284969'></a>

Vers une nouvelle Création

Par rolpoup :: samedi 05 janvier 2008 à 11:21 :: En Principe









Vers une nouvelle Création






2008 ans que les cieux nouveaux et la nouvelle terre sont en marche, selon un autre récit de la Création ! Un autre « au commencement », un autre « à un moment donné » que celui des 5768 ans (du calendrier juif) qui nous séparent du premier : lors de ce premier « à un moment donné », celui du commencement de cette première histoire, Dieu créa… Puis à nouveau retentit ce « à un moment donné », tout aussi fondé au-delà du temps que celui qui marque le début du récit de ce monde-ci — ce monde enraciné dans des strates qui plongent jusqu’aux milliards d’années du temps cosmique. L’Évangile de Jean nous redonne (en grec — langue des nations) l’indice du début de la Genèse (en hébreu — langue de celui qui vient de naître) : plus que dans un temps cosmique, « à un moment donné » se fonde au-delà du temps, dans l’éternité, se traduisant mieux par « dans le Principe ». Comme pour la Création qui déroule son histoire, le monde nouveau est fondé dans le Principe de toutes choses, et nous vient comme une histoire de germe — il est bien question à Noël du germe de Jessé. Une semaine après, s’annonce la première apparition publique de celui qui va alors être circoncis. Alors commence la germination du monde nouveau qu’il dévoilera dans sa résurrection au dimanche de Pâques. An 2008 de la célébration d’une germination — promesse de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre.





RP,
méditation dans
Echanges







<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/284969-vers-une-nouvelle-creation/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/trackback.php?e_id=284969">aucun trackback</a>

Dieu - Père Tout-Puissant

Par rolpoup :: vendredi 16 février 2007 à 20:49 :: En Principe

 

 

  

 

 



Dieu - Père Tout-Puissant 

 

 

 

 

L'Apocalypse de Jean mentionne "celui qui était, qui est et qui vient". Cela concerne le règne de Dieu, partagé par le Christ, qui englobe tous les temps, les siècles des siècles. C’est aussi un passage de l’Apocalypse qui fonde d’une façon fort expressive la confession de foi au Dieu Père Tout puissant. Elle y est exprimée de manière très éloquente.

 

Avant cela, le livre de Daniel, par exemple, livre auquel renvoie l’Apocalypse, nous donne une vision de ce règne éternel dès avant la venue du Christ en chair, règne décrit comme celui d'un fils d'homme, règne reçu auprès de l'Ancien des jours, Dieu.

 

Alors, rien à voir, semble-t-il, avec la façon dont on voit Dieu dans la faiblesse du Christ dans le Nouveau Testament. Par exemple, l'Évangile de Jean nous présentant Jésus face à Pilate ; loin de l'éternité comme dans le Livre de Daniel, il nous parle d'un temps sombre. Il nous parle en quelque sorte du présent, de notre présent, où ce règne éternel est voilé sous la douleur, sous l'humiliation, sous tout ce que l'on confronte d'inhumain de douloureux. Là, Dieu se montre faible. Tout sauf régnant, Tout-puissant. Le voilà en proie à un destin, celui de son Fils, qui apparemment lui échappe. Ici, ce sont les pouvoirs humains, particulièrement en la personne de Pilate, qui sont forts. Ici Dieu est voilé dans le Christ sous son apparente impuissance.

 

Revenons à l'Apocalypse. Alors apparaît le Jour éternel où ce voile de l'apparence, le voile de la faiblesse du Christ, de la faiblesse de Dieu, est enfin levé. Car "apocalypse" signifie précisément "dévoilement". C'est le dévoilement d'un fait : Dieu règne, par le Christ, lui apparemment faible, il s'avère être en fait, mais de façon cachée hors de ce dévoilement, le Tout-Puissant. Le mot précis est employé à de très nombreuses reprises dans le livre de l'Apocalypse, à commencer par le ch.1, au v.8.

  

Il n’est donc évidemment pas question de projection narcissique d’un désir de toute-puissance que l’on pourrait s’attribuer ! On ne s’attribue pas la toute puissance divine. César lui même ne peut se l’attribuer ! Elle est d’une nature toute autre.

 

Le mot grec est Pantocrator, un titre de l'Empereur romain, composé de deux autres mots : le premier mot, pas, pan, panta, selon les cas, qui est ici dans panto, signifie tout, toutes choses, absolument tout, tout ce qui existe, tout ce qu'on peut imaginer. Le second, qui est ici dans crator, signifie la puissance au sens du pouvoir, de la force. C'est ce mot que l'on retrouve dans démocratie, aristocratie, etc.

 

À l'époque du Nouveau Testament, on n'est ni dans la démocratie, ni même dans l'aristocratie, mais dans l'autocratie de l'Empereur romain, concrètement la dictature d'un Empereur qui prétend avoir pouvoir sur tout, qui se dit Roi de l'Univers, Roi des rois et Seigneur des Seigneurs — c'est aussi un de ses titres. Cet Empereur s'est fait proclamer Dieu, il se veut Sauveur — encore un de ses titres — Sauveur de cet Univers qu'il a conquis par la force. Au plus fort de son sens ce mot signifie : "celui qui soutient tout".

 

Officiellement, l'Empereur a pouvoir sur tout, il est tout Puissant. Il est Dieu, on lui brûle de l'encens. Et voilà que l'Apocalypse martèle à de nombreuses reprises, que celui qui a pouvoir sur tout, le Tout-puissant, ce n'est pas l'Empereur de Rome, malgré les apparences, mais Dieu le Père du Christ, et le Christ lui-même, cet homme si faible face au représentant de l'Empereur, face à Pilate.

 

Cette toute-puissance de Dieu est finalement le dernier mot de la Bible face à tous les pouvoirs : dans la ville de la paix, à la fin de l'Apocalypse, au ch. 21, v. 22, on découvre qu'il n'y plus même de Temple, parce que le Tout-puissant (toujours le même mot : pantocrator) — le Tout-puissant lui-même en est le Temple, ainsi que son Fils.

 

Entre-temps l'Apocalypse nous le dévoile à nouveau comme tel dans la vision du trône céleste (ch. 4, v. 8). Ici le mot pantocrator, tout-puissant, traduit le titre divin du livre d'Ésaïe, Dieu des Armées : "saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des arméees", Sébaoth en hébreu, "le Tout-puissant", pantocrator, dit l'Apocalypse.

 

Et on retrouve le même terme au ch. 11, v. 17, pour le jugement des nations. Et encore le même terme au ch. 15, v. 3, dans la louange des martyrs. Puis au ch. 16, v. 14, pour le jugement des faux prophètes. Puis encore au ch. 19, à deux reprises, au v. 6 et au v. 15, pour l'établissement du règne de Dieu et le jugement de toute méchanceté.

 

Voilà un mot donc, qui pour être absent du reste du Nouveau Testament, n'en a pas moins une signification très importante.

 

Il est absent lorsque Dieu est caché dans la faiblesse apparente du Christ, mais est abondamment présent, lorsque son véritable pouvoir est enfin dévoilé, selon le sens du mot "apocalypse".

 

Et dès lors, on retrouve plus tard ce même mot grec dans le Symbole de Nicée-Constantinople : "nous croyons en Dieu, le Père Tout-Puissant..." Ce mot a été traduit en latin par Omnipotens, terme repris dans le Symbole des Apôtres ; du latin aussi, il donne en français exactement Tout-Puissant.

 

Ainsi, si nous disons avec les Symboles de la Foi, que nous le croyons, c'est que ce règne de Dieu et du Christ, nous ne le voyons pas : nous ne faisons que le croire. Nous ne le voyons pas comme Pilate ne le voyait pas.

 

Rendez-vous compte, Pilate représentant de l'Empereur prétendu tout-puissant face à ce Jésus humilié. Jésus qui va bientôt mourir, sous le pouvoir de Pilate, comme le mentionne le Credo — et ce n'est pas par hasard — : crucifié sous Ponce-Pilate, puis mort, et bien mort, enseveli, descendu au séjour des morts — puisque c'est le sens exact en français de la forme latine ad inferos : les lieux d'en-bas et non pas les enfers au sens commun, qui est en latin non pas inferos mais inferna : crucifié sous le pouvoir le Ponce-Pilate, Jésus a été réduit à la condition des morts et du séjour des morts, aux lieux d'en-bas, équivalent de l'hébreu shéol ou du grec hadès.

 

Voilà à quoi Pilate a réduit Jésus. Et Jésus n'est pas le premier qu'il ait maté, est-il fondé à penser. Pilate en effet entend bien faire règner l'ordre impérial dans cette Palestine toujours rebelle sous sa juridiction. L'Évangile de Luc nous rapporte ainsi l'épisode connu par ailleurs où il a fait massacrer tout un groupe de pèlerins galiléens (Lc 13:1), soupçonnés eux aussi de menacer son pouvoir.

 

Pilate n'est pas le doux sceptique que l'on imagine parfois ; non plus que le Pilate plus ou moins innocenté du film de Mel Gibson (qui semble "choisir" le camp romain en accablant les Sadducéens qui étaient en fait ses alliés — accablant pour la même occasion, les juifs en général qui condamnaient les Sadducéens comme collaborateurs ! C’est en outre sans compter l’anachronisme qui confond "juifs", désignant une religion, et "Judéens" terre à laquelle président alors les Sadducéens, maîtres du Temple de Jérusalem — voir annexe).

 

Pilate est le représentant de l'Empereur prétendu tout-puissant, et il entend recevoir le respect qu'il pense lui être dû en tant que tel. C'est ainsi que les adversaires de Jésus qui le lui livrent savent très bien de quoi il faut l'accuser face à Pilate pour qu'il soit réellement menacé : rebellion contre la tout-puissance de César, et donc de Pilate ; prétentions royales.

 

Es-tu roi ? demande Pilate. De qui l'as-tu appris ? lui réplique Jésus. Les deux sont d'accord : c'est une accusation qui est portée contre lui. Mais toutefois Jésus ne nie pas : "je suis roi" (v. 37).

 

Mais aussi a-t-il averti : "mon royaume n'est pas de ce monde". On en a déduit un peu vite qu'il était roi dans les nuages, mais pas sur terre. Ce n'est pas ce qu'implique le mot "monde" employé ici. Il y a deux mots grecs traduits par monde dans le Nouveau Testament. Le premier peut se traduire par siècle, longue période de temps. Ce temps est opposé au temps futur. Le règne de Dieu, alors, se dévoile dans les siècles des siècles, même si pour l'instant il n'est pas évident.

 

L'autre mot grec pour "monde", qui est employé ici par Jésus, est le mot cosmos, qui a une connotation d'apparence, d'illusion. C'est le mot qui a donné cosmétique en français. Et c'est le mot qui est employé ici par Jésus. Autrement dit : mon royaume n'est pas de cette apparence, ne relève pas de l'illusion présente, mais d'une autre réalité. Mon royaume relève de la vérité. "Quiconque est de la vérité écoute ma voix" (v. 37).

 

Évidemment Pilate ne comprend rien. Le voilà qui montre dans sa réponse qu'il s'imagine momentanément dans une conversation philosophique de salon. Cela pour revenir vite à son rôle de préfet de Palestine, qui pense régner au nom du tout-puissant César. Un peu plus loin, ch. 19, v. 11, Jésus lève quand même à ce Pilate qui affirme avoir le pouvoir de le crucifier, un coin du voile : "tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut".

 

C'est ce même voile que nous lève l'Apocalypse, l'Apocalypse qui nous dévoile Dieu et le Christ apparemment si faibles, si faibles en ce monde, dans ce monde du jour de la condamnation de celui à qui a été remis le règne, ce monde qui passe comme passe un mauvais rêve, comme passe une illusion. Ce régnant apparemment faible, l'Apocalypse nous en dévoile enfin la Toute-puissance, à une toute autre mesure que celle de nos prétentions, fussent-elles les prétentions d'un César, ou d'un Pilate.

 

 

R.P. 

 

 

Annexe :

 

Juifs ou Judeens ? 

 

 

 

<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/151207-dieu-pere-tout-puissant/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/trackback.php?e_id=151207">aucun trackback</a>

Méditation sur la Genèse

Par rolpoup :: dimanche 28 janvier 2007 à 15:53 :: En Principe

 

 

 

 

 


Méditation sur la Genèse

 

 

 

 

La Création et le mal

 

Lisant la Genèse, le judaïsme remarque que le premier mot, "au commencement", en hébreu bereshith, débute par la deuxième lettre de l’alphabet hébraïque : la création vient en second par rapport à Dieu, signifié par la première lettre absente. De plus, la forme grammaticale du mot en hébreu permet d’imaginer que le commencement en question, un commencement, n’est pas le premier : comme s’il y avait un "avant la création", comme s’il y avait avant cette création, plusieurs essais, où les modernes imaginent parfois volontiers par exemple les dinosaures - façon imagée, et pas illégitime, de dire la concrétion de la matière posée pour la Création ; concrétion comme durée qui précède et accompagne l'Histoire, comme une pré-Histoire, ici pré-Histoire biblique. Concrétion signifiée depuis les concrétions fossiles des paléontologues, jusqu'au "rayonnement fossile" d'astres disparus depuis des milliards d'années, ce jusqu'à quinze milliards d'anneés, des astrophysiciens. 

 

Quant au commencement qui est prononcé dans la Genèse, il s’agit d’“un commencement de” quelque chose, qui donc pourrait être traduit par “à un moment donné”. Cela dit, les lecteurs ultérieurs de la Genèse - déjà S. Augustin (Ve siècle) - remarqueront, qu’au sens absolu, il n’y a pas d’”avant la Création”, parce qu’ultimement, “là commence le temps”. Si l’on recule dans le temps, il y a un point où il n’y a pas d’avant parce qu’il n’y a pas encore de temps. À moins d’admettre que Dieu ait créé un monde éternel, comme Moïse Maïmonide (XIIe siècle), puis Thomas d’Aquin (XIIIe s.), en reconnaissaient la possibilité. Cela, comme le disait déjà S. Augustin, à la manière d’un pied imprimant éternellement son empreinte dans la poussière. Alors il faudrait comprendre non pas “au commencement”, mais “en principe”, comme le permet la traduction grecque de bereshith, en arkhe. Si l’hypothèse leur paraissait possible, ils ne la faisaient pas leur, jugeant que la Genèse implique un commencement temporel, un début du temps.

 

“À un moment donné”, donc, Dieu crée un monde chaotique - tohu-bohu selon le terme hébraïque passé en français. Puis il l’ordonne. Tout cela en six jours, qui ne sont pas des jours solaires, puisque le soleil n’apparaît qu’au 4e jour. S. Augustin, remarquant que le septième jour ne se terminait pas, considérait ces jours comme des périodes : nous sommes dans le septième jour. Irénée de Lyon (IIe siècle) considérait chaque jour comme une période de mille ans (voir le Psaume 90 et la IIe Épître de Pierre, ch. 3).

 

Dieu ordonne le monde par sa Parole (v.3, “Dieu dit”). L’Évangile de Jean (ch.1), en écho à cela, enseigne que la Parole est au commencement, en vis-à-vis de Dieu. En vis-à-vis comme l’image est en vis-à-vis dans le miroir qui réfléchit cette image. De même dans la Parole, Dieu réfléchit, la Parole est Dieu même réfléchissant : “la Parole était Dieu”. Le mot pour Parole qu’emploie l’Évangile de Jean est le même mot grec que pour “raison”, en grec logos, ce mot qui a donné “logique”. Dieu réfléchit, se réfléchit lui-même, Dieu raisonne, et il parle, exprimant ce raisonnement. L’expression par excellence de ce raisonnement est, dans la perspective chrétienne de l'Évangile de Jean,  Jésus-Christ, la Parole de Dieu faite chair (Jean 1, 14). Lorsqu’il l’exprime, le monde prend forme et s’éclaire (voir Colossiens ch. 1, concernant Jésus-Christ : “tout a été fait en lui, par lui et pour lui”). “En cette Parole est la lumière du monde” (Jean 1, 9-10). Lorsqu’elle s’exprime la lumière apparaît : “Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut” (Genèse 1, 3).

 

Revenons donc à la Genèse. Cette lumière originelle précède la lumière du soleil qui n’apparaît qu’au 4e jour. C’est la lumière spirituelle dans laquelle le monde prend forme.

 

Le déroulement ultérieur de la création est le développement de cette illumination du monde, de sa sortie du chaos. Les choses s’ordonnent en se distinguant, en se séparant : le jour d’avec la nuit ;  les eaux d’avec les eaux, séparées par une sorte de voûte, ferme comme le laisse bien apparaître la traduction en latin, puis en français : le firmament ; il sépare aussi le sec d’avec le mouillé, permettant la germination de cette terre féconde ; etc. - du 1er au 3e jour. Le monde ainsi créé est peuplé par Dieu d’astres (4e jour), de poissons, d’être marins, et d’oiseaux (5e jour) ; puis d’animaux terrestres. Il est ainsi apte à recevoir l’homme.

 

La réalité de l’homme comme image de Dieu, reflet de Dieu, apparaît dans la réflexion de Dieu, non mentionnée auparavant. Pour la création de l’homme, la Genèse emploie le même mot très fort, impliquant une radicale dépendance, que pour les origines et pour les monstres marins, le mot hébreu bara. Tout dépend de Dieu : l’univers entier, y compris les monstres marins, si effrayants, y compris l’homme si autonome. Jusque là il donne des ordres, mais ici, pour l’homme, apparaît un élément nouveau : Dieu réfléchit : “Faisons l’homme à notre image” (v.26). Dieu parle à la 2e personne. Le judaïsme, se demandant à qui Dieu parle-t-il ainsi, y a souvent vu les anges, ou encore, l'homme lui-même. Les anges ainsi présentés dans cette perspective comme littéralement “ses messagers”, ses interlocuteurs vis-à-vis du monde, entre lui et le monde, et finalement, en tant que tels représentants de sa Parole. Ou l'homme comme participant à sa propre création, à son achèvement.

 

Parole que l’Évangile de Jean présente comme éternelle et manifestée dans le Christ. Aussi dans une perspective chrétienne, au-delà des anges, ce “faisons” renvoie à une deuxième réalité en Dieu, sa Parole en vis-à-vis de lui, son image, parfaitement réalisée dans un homme, le Christ, mais présente en tout être humain. Ce vis-à-vis, fécond par lui-même, induit un troisième terme, expression de cette fécondité. En théologie chrétienne, on parle de l’Esprit, troisième terme de la Trinité - où l’on, retrouve les deux premiers versets de la Genèse : l’Esprit planait au-dessus des eaux... Dieu dit. Avant même cet ordonnancement par sa Parole, l’Esprit de Dieu planait, comme couvant en vue de l’éclosion dans le vis-à-vis de Dieu avec lui-même. Ce vis-à-vis fécond est la condition même de toute fécondité. Dans la Création, il s’exprime dans le vis-à-vis de l’homme et de la femme, expression par excellence de l’image de Dieu : “il le créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa” (v.27). Le vis-à-vis de Dieu et de sa Parole, cette autre lui-même où il réfléchit, se réfléchit, existe aussi en l’homme pour la femme et en la femme pour l’homme dans leur division en sexes. De plus, si les animaux ne participent pas de ce vis-à-vis dans la Parole du dialogue, il y a là la promesse de leur rachat par une réalité que les êtres humains partagent avec eux, la sexuation ; cette réalité qui pour les êtres humains est l’expression de l’image de Dieu, la différence qui permet le dialogue. Tel est le 6e jour qui rassemble les animaux et les êtres humains.

 

Pour revenir à nouveau à la Genèse, le second récit, qui entre dans le concret de la création de l’homme, le présente comme ne se satisfaisant pas du vis-à-vis des animaux, inaptes au dialogue, qui ne pourra s’effectuer pour l’homme que par un autre lui-même, autre mais semblable, semblable mais autre. Telle est la femme pour l’homme, l’homme pour la femme : en vis-à-vis. Les rabbins imaginent qu’avant la séparation en deux côtés (plutôt que côte) qui rend l’homme et la femme aptes à se situer en vis-à-vis, les deux existaient dos à dos. Cette séparation, préalable à toute rencontre, s’opère comme révélation prophétique. Le sommeil d’Adam est, selon le terme employé, sommeil prophétique, qui lui fait découvrir à son réveil cet autre semblable apte au dialogue, lieu de l’image de Dieu. Adam, l’homme, rencontrant Ève, la vie, est ainsi homme et femme, isch, et ischa - tirée de l’homme.

 

Cette faille, qui fait la différence et permet le dialogue, est aussi ce par quoi le mal peut s’introduire. Figuré par le serpent, souvent figure des divinités dans les religions environnant l’Israël ancien, le mal provient de la réalité chaoti­que, non encore ordonnée, qui entoure le jardin. En quelque sorte des premiers essais non satisfaisants de la création et de la mise en ordre.

 

Une difficulté terrible apparaît en même temps que cette figure du mal déjà présent quelque part. La difficulté  de la question de sa provenance, précisément. Difficulté d’autant plus terrible que le mal est intense. Et l’Histoire ne cesse de le montrer chaque jour plus intense. D’où vient ce mal présent dans les champs qui entourent le jardin ? À cette question insoluble, on a avancé plusieurs esquisses de réponses. Depuis le dualisme le plus typé, qui place une réalité mauvaise faisant éternellement face à Dieu, jusqu’à la conception inverse qui en vient à placer le mal en Dieu. Entre les deux, des développements célèbres. En premier lieu le mythe de Lucifer remontant sans doute à Origène (IIIe siècle). Ce père de l’Église primitive, lisant Ésaïe 14 et Ezéchiel 28, y trouve, allégoriquement décrite, la chute du diable, astre brillant devenu prince des ténèbres pour s’être révolté contre Dieu en voulant s’égaler à lui. Origène rejoignait ainsi et dépassait les lectures juives de Genèse 6, y voyant la chute des anges (cf. Jude 6). Cet astre brillant d’Ésaïe 14:12, à l’origine roi de Tyr en Ézéchiel et de Babylone en Ésaïe, “étoile du matin”, sera traduit, selon l’équivalent latin “Lucifer” dans la Vulgate la version  de la Bible de S. Jérôme (Ve siècle). On sait la fortune de ce terme transmis jusqu’aujourd’hui via le romantisme. Une autre approche célèbre est celle proposée par le judaïsme dans la Cabale d’Isaac Luria (XVIe siècle). Il s’agit de l’idée du tsimtsoum, en français “contraction”, en l’occurrence contraction de Dieu mettant l’univers au monde : Dieu emplit tout. Pour que quelque chose d’autre que lui puisse être, il faut que Dieu se contracte, fasse un espace en lui-même. Dès lors, le monde peut advenir, être créé, mais il l’est dans une absence de Dieu. Mais dans ce creux, ce vide, le mal aussi peut s’infiltrer.

 

Dans la Genèse, le mal s’infiltre entre Adam et Ève, séparés pour se rencontrer. Avant la séparation, l’ordre de l’interdit est donné, l’interdit qui toujours structure, fait grandir. Mais l’ordre est donné au moment de l’unité, avant la séparation entre homme et femme. Une fois la séparation intervenue, ce mal venu d’on ne sait où, trouve à s’infiltrer. La femme étant le signe de cette séparation de l’être humain, celle par qui l’homme se trouve, c’est elle aussi du coup, qui est présentée comme l’origine de la possibilité de cette infiltration entre les deux, qui avant, étaient un. D’où sans doute, la tentation qui s’adresse à elle pour atteindre l’homme en son entier. Autre moitié de lui-même, tout homme est mâle et femelle avant d’être mâle ou femelle. Le mal l’atteint en son entier, en ce qu’il est divisé d’avec lui-même, en cela qu’il refuse cette division qui marque qu’il est un être fini. Refuser d’être fini, prétendre être tout par soi, c’est là la porte du mal qui nous atteint tous.

 

 

L’entrée dans la géographie et dans l’Histoire

 

On admet souvent que cette accession au mal de l’homme et de la femme marque leur entrée dans l’Histoire. C’est en tout cas probablement l’affirmation qu’ils y sont bel et bien. Peut-être pas plus. En attendant d’en venir à cet aspect, il faut remarquer que la Genèse, avec son second chapitre situe tout d’abord la Création dans la géographie. Là où le premier chapitre nous parle d’une Création qui peut-être dite idéale (idéelle), comme un projet parfait, dont Dieu proclame “cela est bon” et finalement “très bon” - projet parfait ou plutôt idéal et inachevé, le second chapitre nous situe dans sa concrétisation terrestre et pour le coup imparfaite, loin de l’idéal. On y reconnaît, sans localisation très précise toutes les conditions géographiques de la civilisation, de la culture, à commencer par celle de la terre, pour un jardin. Première de ces conditions, des fleuves. Et les principaux fleuves de la civilisation antique arrosent le jardin, deux parfaitement repérables, ceux de la condition du Croissant fertile mésopotamien, le Tigre et l’Euphrate ; les deux autres nous situent en cet autre lieu de la civilisation d’alors qu’est le complexe ethiopien-yéménite-égyptien, sans qu’il soit possible de bien repérer nominativement tel ou tel fleuve. On pense certes, au Nil. Quoiqu’il en soit, il est dès lors difficile de situer le jardin d’Éden. Il s’agit d’une géographie plus civilisationnelle que cartographique. Elle renvoie à la fois aux deux lieux d’exil et d’origine, croissant mésopotamien et matrice afro-égyptienne - et peut-être en même temps, la tradition juive y renvoie, au lieu devenu le carrefour de ces deux matrices, la terre de Canaan avec en son centre Jérusalem.

 

Autre lieu de repère, la mention de l’Orient, lieu de repère géographique et symbolique à la fois lui aussi. Ici, il ne s’agit plus de conditions climatiques et fluviales de civilisation, mais solaires et originaires. Solaires sans connotation religieuse mythologique. Au seul sens où l’on dit en français que l’on s’oriente, c’est-à-dire que l’on se repère d’après le côté où le soleil se lève. Le paradis est originaire. En même temps toutefois, comme le point d’où le soleil se lève, il est illuminant. Ici, apparaît la dimension symbolique. Comme il y a une lumière antécédente au soleil, lumière spirituelle, il peut être question d’Orient spirituel.

 

C’est dans cet espace civilisationnel, déjà situé géographiquement, quoiqu’en un sens non précisément localisant, que l’homme et la femme concrets prendront place. Ici la parole de Dieu qui les fonde en humanité au ch.1, s’insère dans la matière, dans la glèbe. L’être humain participe de la minéralité. Et de l’animalité, dont il se distingue toutefois par sa capacité nominatrice - et donc dominatrice - sur les animaux. Dès lors l’être humain est un être de sens, pas un ange, un pur intellect. Il n’accède au réel que par le moyen de ses sens. Des sens qui limitent et ouvrent à la fois. Signe de finitude. Ici se pose aussi la question des relations de ce que l’on appelle l’âme et le corps, le corps et l’esprit, la dimension spirituelle en fonctionnant de toute façon dans le corps qu’à l’occasion des sens, les fameux cinq sens. Les sens en cause jusqu’à l’intuition et à ce qui relève de l’inconscient personnel et collectif ; au fondement, au carrefour, du démoniaque, ce puits de l’idolâtrie. L’homme être confus, complexe, qui de sa dualité perçoit la dimension aberrante de sa propre mort. Les anthropologues contemporains y ont vu le lieu de rupture qui marque l’humain : le moment de l’apparition des premières tombes intentionnelles.

 

 

R.P.

 

 

 

<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/139700-meditation-sur-la-genese/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/trackback.php?e_id=139700">aucun trackback</a>

Sur le temps liturgique

Par rolpoup :: vendredi 26 janvier 2007 à 0:00 :: En Principe

 

  

 

 

 


Sur le temps liturgique

 

 

 

 

Le Paradis terrestre et la géographie  

 

Où se situait le Paradis terrestre ? Une question qui a arrêté les théologiens jusqu’à ce que le rationalisme vienne expliquer qu’il n’était évidemment pas localisé ! Quelle nouvelle, accompagnée de la certitude que les anciens étaient bien obtus !

 

Nombre d'exégètes contemporains dont la pensée par ailleurs fort intéressante offre nombre d’ouvertures, butent sur cette fermeture-ci : nos prédécesseurs antiques et médiévaux, et même ceux de la Renaissance, perdraient tout crédit pour avoir pensé devoir situer le Paradis terrestre — généralement vers Babylone. Et de juger incroyable que l'on ait pu adhérer à de tels mythes ! Nous voilà renvoyés à une raison tellement plus éclairée qu’elle délocalise totalement les lieux de nos exils. Et nous voilà du même coup mués en extraterrestres.

 

D’où sommes-nous exilés ? D’où avons-nous conçu notre exil métaphysique ? Israël se souvient de la Babylone d’Abraham, celle-là même où, au bord de ses fleuves, il pleure par la suite la Canaan perdue. Et où tout comme au désert, il a la nostalgie des concombres d’Égypte.

 

Babylone heureuse, aux jardins suspendus… Y a t-il autre paradis que ce temps heureux, ce temps qui se perd dans l’infini de la nostalgie qui renvoie au-delà de lui-même ? — qui renvoie hors l’histoire, au point que même à la fin de l’exil, l’exil perdure, devenu cosmique.

 

Y a t-il autre paradis que ce temps heureux, baigné des fleuves de Mésopotamie, et du fleuve d’Égypte et d’Éthiopie ? Où la mémoire s’embrume des larmes de la nostalgie d’un bonheur que l’on découvre lorsqu’on l’a perdu, lorsqu’on a su qu’il ne reviendra pas…

 

Géographique le Paradis ? Évidemment, comme l’on est du temps, qui a coulé et qui a planté ses kaïroubim ("chérubins") à l’épée flamboyante interdisant à tout jamais un retour, on est de la géographie plurielle de ce temps d’où l’on vient et qui ne coule que vers l’aval, vers la mer de demain.

 

Il n’est pas d’autre lieu de rencontre que le souvenir des joies perdues, voire des joies du ventre, pour le dire comme ces ascètes que furent les épicuriens de l’Antiquité, pour nous dire cette nostalgie d’un autre temps.

 

 

 

L’Atlantide et les extraterrestres

 

Autre temps auquel renvoie de mythe de l’Atlantide de Platon, pour un tout autre ailleurs — cela pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, rien de très différent d'un soleil à l'autre, d'une rive de la Méditerranée à l'autre. C’est le même ciel des Idées que Platon fait contempler à ses mythiques Atlantes, dont ils se seraient alors souvenus pour disparaître à jamais au jour de la chute dans les désirs secondaires, artificiels, ceux que ne satisfait pas la simple nature. Que les Athéniens, qui leur ont succédé, prennent garde ! Ici cependant pas de géographie repérable : l'Atlantide n'est pas vraiment un lieu.

 

Babylone en est un. Mais la Babylone de tous nos regrets, cette Égypte des temps perdus, s’est bâtie sur la même contemplation. Et bien que l'une comme l'autre montrent leur géographie présente, nous sommes déchus de leur souvenir passé, et n’y reviendrons pas.

 

Nous ne sommes pas déchus d’une Atlantide où nous n’avons jamais vécu. L’autre temps se marque, concernant l'Atlantide, par l’étrangeté, la différence radicale des deux mondes, celui-là, perdu et muthique, et le nôtre. Ici toute continuité est rompue. Les dieux seuls sont cantonnés dans le monde mythique.

 

Mais, en revanche, il n'y a pas de solution de continuité de Babylone-Paradis à Babylone-temps d’exil. En commun, toutefois : accès impossible — retour impossible. Kaïroubim et engloutissement, engloutissement et déluge.

 

La science géographique nous a appris qu’il n’y a pas de continent englouti au-delà des colonnes d’Hercule, pas d’Empire qui se serait étendu il y a dix mille ans de là à la Lybie. Pas d'Atlantide disparue.

 

Exilé radical, ce Paradis perdu. Mais demeure cette certitude enfouie que l’on est bien exilé de quelque part. Du sein maternel certes ; mais d’ailleurs aussi — quelque chose de commun.

 

D’où sont venus les Atlantes ? Quand la science nous interdit la découverte géographique d’un tel continent, la source des mythes, intarissable, nous prépare en un, « scientifique » celui-là : un Paradis extraterrestre — il suffisait d’y penser. C’est fait, on y a pensé.

 

Platon lui-même ne nous l’a t-il pas suggéré en nous donnant les dieux, êtres célestes, à l’origine, voire à l’origine biologique de la « race » des Atlantes.

 

La mythographie contemporaine et évolutionniste les retrouve chez les extraterrestres !

 

Un film comme « L’Âge de glace », évolutionniste s’il en est, voit apparaître dans une ancienne caverne de ces temps préhistoriques, une soucoupe volante prise dans la glace. L’enfant humain préhistorique y reconnaît des proches, saluant l’objet emprisonné.

 

Voilà donc bel et bien des Atlantes célestes, qui ont accédé avant nous à des techniques qui nous restent futuristes ; éternel retour des lendemains de notre évolution envisagée.

 

Contrairement à ce qu’il en est de Babylone, nos mythiques congénères extraterrestres nous sont toujours aussi étrangers que les Atlantes. Ils nous sont aussi, plus qu’eux encore, des dieux.

 

C’est là qu’est la dérive la plus considérable, consécutive à la perte de la dimension géographique de notre sens de l’exil. Nous savons bien que nous ne sommes pas eux.

 

 

 

Au-delà de la géographie


Si l’on revient à notre exil babylonien, exil ambigu, double exil, puisqu’il porte sa dimension nostalgique — on a perdu le temps heureux du paradis babylonien ; et malheureux en ce que l’exil babylonien l’est aussi au sens où Babylone, plus que lieu regretté, est le lieu de l’exil dans le malheur.

 

En ce sens, il n’est pas souhaitable d’y retourner ! Il faut à tout prix s’en échapper. Les kaïroubim en ferment donc l’accès pour notre bonheur.

 

Pas question donc de vénérer des dieux rescapés d’un Paradis fermé, seraient-ils les extraterrestres de nos mythes atlantes contemporains configurant des paradis que l’on voudrait retrouvés.

 

Ils restent les survivants mythiques égarés d’un exil qui nous est, à nous, au fond, exode, envoi sur une route vers la Jérusalem céleste, au ciel des Idées, Jérusalem qu’ont contemplée toutes civilisations que peuvent typifier les mythiques Atlantes ; puis les Hellènes athéniens ; et en avant d’eux Moïse, qui y a fondé pour Israël le modèle de tout temple terrestre, tabernacle au désert.

 

 

Le temps liturgique, cet autre temps inauguré dans la contemplation du tabernacle céleste du Sinaï et dévoilé dans le Christ ressuscité, apparu sur le Mont de la Transfiguration, est la désignation toujours renouvelée de cet au-delà de la géographie vers où l’on est appelé via le transit dans les espaces géographiques de nos exils et de nos exodes, de nos paradis et de leurs pertes, qui le chargent de sa réalité.

 

Célébration qui réoriente les hommes et où les anges désirent plonger leur regard.

 

 

R.P.

 

 

 

<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/138419-sur-le-temps-liturgique/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/trackback.php?e_id=138419">aucun trackback</a>

Credo

Par rolpoup :: jeudi 25 janvier 2007 à 7:26 :: En Principe

  

 

 

 

 


Credo

 

 

 

 


 
« Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28, 19).

 

Tout commence par la résurrection. Fondement de la foi chrétienne. Et le Ressuscité envoie ses disciples par cette parole.

 

Parole au départ de l’envoi des disciples aux nations par le Ressuscité, c’est là le programme du christianisme. Parole ternaire, trinitaire, qui caractérise la foi chrétienne et fonde son contenu.

 

Parole initiale, et confession de foi d’entrée dans la vie chrétienne ; parole fondement d’une autre foi en train de naître. Les confessions de foi chrétiennes ultérieures en sont autant de développements circonstanciés ; méditatifs, et apologétiques.

 

Acte de foi d’un devenir disciples ; disciples d’une foi à trois termes ; c‘est là ce qui frappe d’emblée à la considération des Credos chrétiens. Un triple « credo » : foi en Dieu Père, et Fils, et Esprit Saint.

 

« Credo ». Spécificité de l’initialité chrétienne. Fondée sur la foi à la résurrection de Jésus.

 

Le judaïsme, qui est le premier vis-à-vis face auquel le christianisme est une autre foi, se signifie par un appel : « sh’ma », « écoute » Israël.

 

L’islam, issu aussi en grande partie de la tradition juive puis chrétienne, se pose comme un témoignage : la « shahada » : « je témoigne ». Affirmation de l’Unicité de Dieu.

 

Le bouddhisme, autre religion universelle avec le christianisme et l’islam s’édifie sur une connaissance, une prise de conscience, celle des quatre vérités.

 

Etc.

 

Le christianisme se spécifie par ce qu’il affirme d’emblée se recevoir dans la foi : « credo ». Adhésion personnelle à une foi commune, et foi autre que toutes les fois. Adhésion par laquelle un peuple se constitue, se spécifie ; une autre foi s’est fait jour dans la résurrection du Christ.

 

Autre foi en vis-à-vis de son premier fondement, Israël — et, puisqu’il s’agit d’un envoi vers les (autres) nations, autre foi, bientôt, en vis-à-vis aussi de leurs traditions diverses.

 

« Credo » prononcé dans les langues des nations, le latin après le grec,… et puis toutes les autres langues.

 

Foi commune, qui peut se dire au pluriel, « nous croyons », et qui se reçoit au singulier, le singulier des nations ou des individus qui les composent : « je crois », « credo ».

 

Parole issue du Ressuscité, et donnée par là-même comme ternaire. Par sa Résurrection, Jésus est proclamé Fils de Dieu, le Père ; établi Fils de Dieu, selon l’Esprit Saint (Ro 1, 4).

 

Dieu, Père du Fils selon l’Esprit Saint. Le « credo » se reçoit comme foi dans son entièreté. Le Père y est en premier lieu Père de Jésus-Christ, le Ressuscité, selon l’Esprit Saint.

 

On ne coupe pas le Credo en tranches, serait-ce en trois tranches ! Encore moins en quatre tranches, l’Église formant un quatrième terme ! Et à, plus forte raison en petites tranches correspondant à chacun de ses mots. La composition en est minutieusement articulée, complète, tissée de références bibliques imbriquées. Chaque note en est un lieu d’accentuation et pas une entité indépendante.

 

 

Au jour où le credo n’a pas bonne presse, il n’est pas inutile de considérer que c’est en soi un texte apologétique, qui défend une foi et qui vaut d’être défendu aujourd’hui encore.

 

Il défend cette foi parce que foi autre, en décalage. Et suspecte pour cela, hier comme aujourd’hui. On est toujours, aujourd’hui comme hier, tenté d’en arrondir les angles, d’en brader donc, éventuellement, tel article jugé choquant, daté, théologiquement douteux.

 

C’est pourtant une telle méthodologie qu’il convient d’éviter, si on veut entrer dans cette foi autre.

 

Il convient de poser d’emblée un acte d’humilité vis-à-vis du Credo, comme dire « credo » est un acte d’humilité. Acte d’humilité aussi à l’égard de ceux qui ont construit réflexions et dogmatiques — autant d’œuvres apologétiques, fussent-elles maladroites — à travers le temps et à partir de cette parole de foi.

 

Humilité aussi à l’égard des traditions qui ne l’ont pas faite sienne, cette autre foi. L’apologétique est, comme son nom l’indique, acte d’humilité : « apologeo », « je m’excuse ».

 

Entrer dans cette autre foi est aussi s’inscrire dans une tradition, autre, mais développée parmi et à côté de tant d’autres. Humilité encore.

 

Humilité en outre, du fait de la conscience de ce que cette autre foi pose un changement de registre inaccessible à « l’homme naturel » ; accès à la présence du Ressuscité.

 

 

On connaît l’histoire des deux rabbins s’interrogeant sur l’existence de Dieu et concluant par la négative. Sur quoi l’un d’eux se recouvre de son talith et commence ses prières ! L’autre lui signalant sa surprise compte tenu de l’aboutissement de leur discussion, le premier répond : « qu’est-ce que ça change ? »

 

Tel peut être le type d’humilité requise face au Credo. On n’a pas forcément pénétré tous les chemins sur lesquels il conduit, on est éventuellement troublé par des inductions qui semblent devenues incongrues. L’humilité reste de mise. On est dans une relation de foi ; qui n’exclut pas que l’on pose toutes les interrogations qu’ont posées les rabbins en restant dans l’humilité de la foi donnée.

 

 

R.P.

 

 

 

<a href="http://rolpoup2.zeblog.com/137773-credo/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/trackback.php?e_id=137773">aucun trackback</a>
Page précédente / Page suivante

</div> </td> </tr> <tr> <td colspan="2" id="pied">Copyright © <a href="http://rolpoup2.zeblog.com/"> UNE AUTRE FOI</a> - Blog créé avec <a target="_blank" href="http://www.zeblog.com">ZeBlog</a> </td> </tr> </table> </div> </BODY> </HTML>